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vendredi 8 mars 2019

Incendies (extrait), de Wajdi Mouawad



Je t'ai cherché partout.

Là-bas, ici, n'importe où.

Je t'ai cherché sous la pluie.

Je t'ai cherché au soleil

Au fond des bois

Au creux des vallées

En haut des montagnes

Dans les villes les plus sombres

Dans les rues les plus sombres

Je t'ai cherché au sud.

Au nord,

A l'est,

A l'ouest,

Je t'ai cherché en creusant sous la terre pour y enterrer mes amis morts,

Je t'ai cherché en regardant le ciel.

Je t'ai cherché au milieu des nuées d'oiseaux

Car tu étais un oiseau.

Et qu'y a-t-il de plus beau qu'un oiseau,

Qu'un oiseau plein d'une inflation solaire ?

Qu'y a-t-il de plus seul qu'un oiseau,

Qu'un oiseau seul au milieu des tempêtes

Portant aux confins du jour son étrange destin ?

A l'instant, tu étais l'horreur.

A l'instant tu es devenu le bonheur.

Horreur et bonheur.

Le silence dans ma gorge.

Tu doutes ?

Laisse-moi te dire.

Tu t'es levé.

Et tu as sorti ce petit nez de clown.

Et ma mémoire a explosé,

Ne tremble pas.

Ne prends pas froid.

Ce sont mes mots anciens qui viennent du plus loin de mes souvenirs.

Des mots que je t'ai si souvent murmurés.

Dans ma cellule,

Je te racontais ton père.

Je te racontais son visage,

Je te racontais ma promesse faite au jour de ta naissance.

Quoiqu'il arrive je t'aimerai toujours,

Quoiqu'il arrive je t'aimerai toujours

Sans savoir qu'au même instant, nous étions toi et moi dans notre défaite

Puisque je te haïssais de toute mon âme.

Mais là où il y a de l'amour, il ne peut y avoir de haine.

Et pour préserver l'amour, aveuglément j'ai choisi de me taire.

Une louve défend toujours ses petits.

Tu as devant toi Jeanne et Simon.

Tous deux tes frère et soeur

Et puisque tu es né de l'amour,

Ils sont frère et soeur de l'amour.

Ecoute

Cette lettre je l'écris avec la fraîcheur du soir.

Elle t'apprendra que la femme qui chante était ta mère.

Peut-être que toi aussi te tairas-tu.

Alors sois patient.

Je parle au fils, car je ne parle pas au bourreau.

Sois patient.

Au-delà du silence.

Il y a le bonheur d'être ensemble.

Rien n'est plus beau que d'être ensemble.

Car telles étaient les dernières paroles de ton père.

Ta mère.

Wajdi Mouawad

Incendies




 "Lorsque le notaire Lebel fait aux jumeaux Jeanne et Simon Marwan la lecture du testament de leur mère Nawal, il réveille en eux l'incertaine histoire de leur naissance : qui donc fut leur père, et par quelle odyssée ont-ils vu le jour loin du pays d'origine de leur mère ? En remettant à chacun une enveloppe, destinées l'une à ce père qu'ils croyaient mort et l'autre à leur frère dont ils ignoraient l'existence, il fait bouger les continents de leur douleur : dans le livre des heures de cette famille, des drames insoupçonnés les attendent, qui portent les couleurs de l'irréparable. Mais le prix à payer pour que s'apaise l'âme tourmentée de Nawal risque de dévorer les destins de Jeanne et de Simon."








mercredi 18 juillet 2018

Notre éternel été,Albert Camus-Maria Casarès




Albert Camus & Maria Casarès• Crédits : Bettmann / Roger Corbeau/Hulton Archive - - Getty





"Notre éternel été" Albert Camus-Maria Casarès, correspondance 1944-1959, création pour France Culture

Réalisation : Alexandre Plank
Collaboration artistique  : Valérie Six

Avec Isabelle Adjani & Lambert  Wilson
Accompagnés au violoncelle par Raphaël Perraud, violoncelle solo de l’Orchestre National de France.

Le temps d’une soirée unique mais, pour deux représentations exceptionnelles, Isabelle Adjani et Lambert Wilson incarneront, pour France Culture sur la scène du musée Calvet, la correspondance amoureuse, artistique et intellectuelle qui relia Albert Camus et Maria Casarès jusqu’à la veille de la mort de l’écrivain. Cette correspondance a été publiée en 2017 par Catherine Camus.



Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes reconnus, nous nous sommes abandonnés l’un à l’autre, nous avons réussi un amour brûlant de cristal pur, te rends-tu compte de notre bonheur et de ce qui nous a été donné ?

                                                                                               Maria Casarès, 4 juin 1950

Egalement lucides, également avertis, capables de tout comprendre donc de tout surmonter, assez forts pour vivre sans illusions, et liés l’un à l’autre, par les liens de la terre, ceux de l’intelligence, du cœur et de la chair, rien ne peut, je le sais, nous surprendre, ni nous séparer.

                                                                                         Albert Camus, 23 février 1950

Comment ces deux êtres ont-ils pu traverser tant d’années, dans la tension exténuante qu’exige une vie libre tempérée par le respect des autres, dans laquelle il avait « fallu apprendre à avancer sur le fil tendu d’un amour dénué de tout orgueil », sans se quitter, sans jamais douter l’un de l’autre, avec la même exigence de clarté ? La réponse est dans cette correspondance.             
Merci à eux deux. Leurs lettres font que la terre est plus vaste, l’espace plus lumineux, l’air plus léger simplement parce qu’ils ont existé. »

                                                                                                             Catherine Camus



Assistante à la réalisation : Louise Loubrieu
Equipe technique : Pierric Charles et Emilie Couet

La Correspondance 1944-1959 d’Albert Camus et Maria Casarès est publiée chez Gallimard.

Découvrez également le livre audio, paru chez Gallimard


Diffusé sur France Culture, le 17 juillet 2018 (20h)




















Isabelle Adjani et Lambert Wilson ovationnés à Avignon © S.Jouve/Culturebox

Article dans Culturebox


Avignon : Isabelle Adjani et Lambert Wilson brûlants d’amour en Casarès et Camus






Sophie Jouve  Rédactrice en chef adjointe de Culturebox, responsable de la rubrique Théâtre-Danse


Mis à jour le 17/07/2018 à 22H22, publié le 14/07/2018 à 11H32


Un amour brûlant souffle sur la nuit d’Avignon, un moment de grâce : Isabelle Adjani et Lambert Wilson prêtent leur voix à Maria Casarès et Albert Camus, qui ont entretenu une correspondance passionnée jusqu’à la mort de l’écrivain. Une correspondance publiée en 2017 aux éditions Gallimard.

La cour du Musée Calvet est prise d’assaut ce vendredi 13 juillet. Lambert Wilson, chemise blanche, s’assied en bord de scène, Isabelle Adjani, longue robe hippie chic, en retrait, dos au public. C’est elle qui lit la première lettre de cette correspondance amoureuse, artistique et intellectuelle qui durera 15 ans (1944 et 1959). Elle rejoint Camus, qui souffre de poussées de tuberculose, chez lui rue Vaneau à Paris. "Il évoquait l’Algérie et ses plages, les parties de foot et les baignades".

Plus tard, à partir 1948 : "Ce que tu es est ce que j’aurai rêvé d’être si j’étais né homme" (…) "Je te veux partout, en tout et tout entier" (…) "Mon désir de toi s’exaspère et m’exaspère" (…) "Décidément, loin de l’intelligence je me fane".


L'émotion de la petite-fille de Camus

C’est un très émouvant voyage que nous ont offert Isabelle Adjani et Lambert Wilson, ovationnés par le public. La petite fille d’Albert Camus, Elisabeth Maisondieu ne peut retenir ses larmes :
C’est très beau, mais c’est dur, c’est très difficile de réaliser quelque chose dont on n’a pas été le témoin. Ces voix très belles humanisent et viennent toucher. Cet amour, cette relation, est désormais complètement intégrée dans notre famille, que Camus ait aimé Maria Casarès. Maria fait partie de notre vie, de notre imaginaire. Il n’y a pas du tout de jugement. Cette relation, je n’avais jamais plongé dedans avant la publication de ces lettres en 2017. C’est une relation passionnelle qui est magnifique.

Elisabeth Maisondieu Camus




Lire la suite ICI



Emission du 12 juillet sur France Inter 


La Marche de l'Histoire, par Jean Lebrun






lundi 9 juillet 2018

lundi 11 juin 2018

Choeurs, album musical











Chœurs est un album musical de Bertrand Cantat, Pascal Humbert, Bernard Falaise et Alexander MacSween publié sur les plates-formes de téléchargement le 21 novembre 2011 et sur support physique le 16 décembre 2011 aux éditions Actes Sud © 2011 Au Carré de l'Hypoténuse

Les 17 chansons composées par le quatuor musical sur les textes du tragique grec Sophocle, traduits par Robert Davreu, constituent les chœurs antiques de la trilogie théâtrale « Des femmes » du metteur en scène libano-québécois Wajdi Mouawad créée en juin 2011. 

Date de sortie : 5 décembre 2011

1 - Dithyrambe au soleil 00:00
2 - Déjanire 3:18
3 - Le Chœur joie 7:23
4- La Puissance de Cypris 10:19
5 - Les Mouillages 12:24
6 - Révélation de l'oracle 15:23
7 - Puisse un vent violent se lever 19:01
8 - La Victoire de Thèbes 23:12
9 - Rien n'est plus redoutable que l'Homme 28:38
10 - Heureux sont ceux qui du malheur 33:30
11 - Eros 35:53
12 - Bury Me Now 37:46
13 - Dionysos 40:46
14 - Elle viendra l'Erinys 44:59
15 - Courir sous la pluie 46:42
16 - Le Chœur des oiseaux 50:05
17 - Les Serviteurs d'Arès 52:25



















Dans Télérama

( par Fabienne Pascaud,, 27/07/2011)

Sans Bertrand Cantat, l'interminable trilogie de Wajdi Mouawad tourne à vide

Le metteur en scène libano-québécois Wajdi Mouawad, qui fut artiste associé du Festival d'Avignon en 2009, y propose, jusqu'à ce lundi soir 25 juillet 2011 une trilogie d'après Sophocle, “Des femmes”. Un spectacle de plus de sept heures tout entier articulé autour d'un chœur réduit à la seule voix rock de Bertrand Cantat… absent d'Avignon afin de ne pas alimenter les polémiques. Le projet en perd son sens.


lire l'article intégral ICI


lire aussi la très belle lettre de Wajdi Mouawad à sa fille ICI


extrait :

Aimée, ma petite chérie

(...) Cet homme, dans l'aujourd'hui dont je te parle, est libre pour avoir purgé sa peine tel que les institutions judiciaires l'ont décidé. Il demeure à jamais celui qui tua, mais il est devenu aussi celui qui fit face à la justice. Il est donc multiple. Dans sa multiplicité, il est mon ami, il est aussi un artiste et parce que son art correspondait le mieux à l'aventure artistique dans laquelle je suis plongé, j'ai choisi de l'inviter à prendre la part la plus humble du spectacle, non pas celle du héros mais celle du choeur, et de faire face à sa vie tant ces trois pièces, si tu les lis, racontent son désastre. L'art est miroir des souffrances et des douleurs. (....)

publiée dans Le Devoir, le 16 avril 2011

mardi 10 avril 2018

BM Koltès et P Chéreau

Je remercie mon amie Martine Cros qui a publié ceci :



"Je vois aussi de si belles choses, si invraisemblables de beauté, que j’espère avoir un jour assez de talent pour m’en approprier une parcelle ; si j’y arrivais, je pourrais être le plus grand écrivain de ma génération. Mais les choses belles sont secrètes et jalouses, et il faut de la patience."
B. M. Koltès (dans une lettre à sa mère) in
http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article589

& Carnets Koltès par Arnaud Maïsetti
http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique37



Bernard Marie Koltès
photo du Net


Pour moi, ce fut une grande émotion, beaucoup de joie. Je me retrouvais plongée des années en arrière, lorsque j'ai reçu en plein coeur, le choc Bernard Marie Koltès ! C'était avec Roberto Zucco, que j'avais vu au théâtre.






SITE OFFICIEL DE BMK

Très bel article de Christine Marcandier, 10 août 2010 sur DIACRITIK

à propos de Roberto Zucco

Sur France Culture 


21/08/2017


"Un metteur en scène rencontre un auteur. Avec le recul du temps on s'apercevra que Patrice Chéreau et Bernard-Marie Koltès sont aussi grands que l'ont été les plus grands hommes de théâtre". Jérôme Clément

1983 : "Combat de nègres et de chiens" Koltès-Chéreau










Bernard-Marie Koltès en 1984• Crédits : Louis MONIER/Gamma-Rapho - Getty