jeudi 29 octobre 2015

Higelin à la Philharmonie de Paris (2015), extraits



Mise à jour, le 6 avril 2018, suite au décès de Jacques Higelin (1940-2018).
Arte Concert rediffuse Higelin philharmonique, jusqu'au 6 mai 2018.
Alors, je vous souhaite de passer un excellent moment avec Higelin que nous écouterons encore et toujours ! Les poètes, les artistes, jamais ne meurent. 
Malheureusement, il m'est impossible d'intégrer le concert, il vous faudra donc cliquer sur les liens (en bleu) pour visualiser.
C'est tout en bas de la page. FR








Higelin Symphonique


La Philharmonie de Paris fête Jacques Higelin ! Un événement qui célèbre les cinquante ans de carrière du musicien. Ce demi-siècle a permis à Jacques Higelin de s'essayer au rock, à la soul, au jazz... et même de jouer la comédie. Au cours de cette carrière éclectique, Higelin a pourtant toujours su rester fidèle à lui-même. Dans chacun des vingt albums qui ont égrainé son oeuvre, on retrouve le même aspect fantasque, la même impression d'intimité. Ce demi-siècle a notamment été marqué par l'album BBH 75, publié en 1974 et qui vaut à Jacques Higelin sa réputation de pionner du rock français.

Pour ce concert "Higelin symphonique", Jacques Higelin et cinq solistes - Dominique Mahut, Christopher Board, Alice Botté, Arnaud Dieterlen et Zaf - s'associent à l'Orchestre National d'Ile-de-France. Ensemble, ils revisitent les compositions les plus emblématiques du répertoire de Jacques Higelin grâce à des arrangements signés Bruno Fontaine. Un anniversaire en grande pompe donc ! De quoi patienter avant la sortie d'un nouvel album prévu pour 2016...

Photo © Guillaume Laurent



http://live.philharmoniedeparis.fr/embed/1042324/jacques-higelin.html



Désolée, le replay intégral ne se trouve plus.... un jour, qui sait ?


Malheureusement, ce jour est arrivé, le 6 avril 2018, puisque Jacques Higelin vient de nous quitter.

Arte Concert rediffuse Higelin philharmonique jusqu'au 6 mai 2018.


En hommage à Jacques Higelin - décédé le 6 avril 2018 - nous vous proposons de redécouvrir le concert "Higelin Symphonique". Une soirée durant laquelle cette grande figure du rock français réinterprétait ses plus grand succès aux côtés d'un orchestre symphonique. (Arte)

Higelin philharmonique




https://www.arte.tv/fr/videos/063875-000-A/higelin-symphonique-a-la-philharmonie-de-paris/


On peut aussi l'écouter  ICI


mercredi 28 octobre 2015

L'automne, de Cristian Ronsmans

 Que j'aime cette saison, l'automne, qui s'épanche en pleurs sur les pavés de nos trottoirs déchaussés
Entre les chicots et les chicanes que le passeur adroit, de réverbère en réverbère évite avec soin.
Riflard en lutte avec le vent mauvais qui se joint à la partie, le dos rond, le passeur fait face. Invraisemblable incongruité.
Irréductiblement crotté, boueux sauvé des eaux, il se jette sous le porche.
Les godillots dans l'escalier laissent les traces de son voyage en ornières, caniveaux et autres méandres. Crapoteux, il agite sur le pallier les gerbes de son trench engorgé.
Dans la cuisine une paix indicible le gagne, jetant ses arpions sous la table, il regarde ébahi, la buée dessiner des nuages sur les carreaux gris.


© Cristian R

15 octobre 2015

Tous droits réservés
Protégé par copyright








© crédit photos fruban

samedi 24 octobre 2015

Pourquoi j'écris, Alejandra Pizarnik ( Approximations )

Pourquoi j’écris ?
Pourquoi je sanglote au petit matin
Pourquoi soudain ce goût de chant du cygne
Cette écume verte accumulée dans la gorge

Mon coeur est absurde comme un masque dans la pluie
La frayeur l’assimile à la mer
Mon corps est une invasion de tambours dans le silence
  de la nuit

Pourquoi ces nuits comme une oasis pour sorcières
Pourquoi cette conjuration d’absences
Cet enlèvement de la fille du vent

Dans la nuit m’entoure une loge exterminatrice
je t’appelle et tu ne viens pas
je t’aime et tu ne viens pas

Pourquoi tu es venu comme l’éclair
et tu m’as laissée seule dans le dévasté

Si tu écoutais mon bruit de cellule minuscule
peuplée d’agonisants
mon halètement d’asphyxiée

Si soudain tu me voyais à la lisière du réveil,
chanteuse médusée à la cime de son étonnement
Si tu me voyais attachée à ton visage

Alejandra Pizarnik
in, Approximations p16-17
trad Etienne Dobenesque
YpSilon.éditeur


Version originale :

¿Por qué escribo?
Por qué sollozo en madrugada
Por qué de pronto este sabor a canto de cisne
Esta espuma verde acumulada en la garganta
Mi corazón es absurdo como una máscara en la lluvia
El espanto lo asemeja al mar
Mi cuerpo es una invasión de tambores en el silencio de la noche
Por qué estas noches como un oasis para brujas
Por qué esta conjuración de ausencias
Este secuestro de la hija del viento
Me rodea en la noche una logia exterminadora
te llamo y no vienes
Te amo y no vienes
Por qué viniste como el relámpago
y me dejaste sola en lo devastado
Si escucharas mi rumor a celda minúscula
poblada de agonizantes
mi jadeo de asfixiada
Si de prono me vieras en la orilla del despertar,
cantante enmudecida en la cima de su asombro
Si me vieras atada a tu rostro


crédit photo fruban
très beau recueil reçu ces derniers jours
YpSilon.éditeur 

mercredi 21 octobre 2015

Tu attendais, poème de fRuban

           
crédit photo fruban
                               
 Tu attendais



Tu attendais les déferlantes et
devant ton cœur en peine
un océan d'une grise platitude
sans émotions sans états d'âme
Il t'observe impassible presque indifférent
Flux ou reflux tu ne sais plus


Tu attendais les déferlantes et
de drames tus en comptines enfantines
le tournis te saisit t'entraîne en
valses joyeuses ou requiems
Sonne le glas pesant couvercle que t'assènent
lugubres les cloches de bronze


Tu attendais les déferlantes et
tu parles ici tu écoutes là
la nausée remplit ta gorge serrée
la fatigue t'abat quand tu oses quelques pas
sur les graviers étincelants de lumière
Pluie nocturne vivifiante écume



Tu attendais les déferlantes et
tu observes la danse des vautours
ailes séductrices déployées becs et ongles griffus goulus
œil perçant à l'affût d'un faux pas
Toi qui ne cherches que Beauté
tout près de ton Amour


Tu attendais les déferlantes et
l'adagio de son silence caressante présence
envahit ton âme t'offre les flots qui t'englobent
vagues douces qui lèchent ton corps
Tu te niches dans cette chaleur
tu lui souris et tu fuis le futile

©fruban

18 octobre 2015

Tous droits réservés
Protégé par copyright

Recueil en cours





















lundi 19 octobre 2015

Vingt minutes avant la mort : récit de la dernière exécution française (document inédit)

"C’est à ce moment qu’il commence à réaliser que c’est fini"

Par Monique Mabelly (Juge d'instruction)

C'est un document d'histoire, une part oubliée de notre mémoire, un témoignage sobre et saisissant que l'ancien garde des sceaux Robert Badinter a confié au Monde. Il s'agit du "procès-verbal" intime de la dernière exécution capitale en France. Le 9 septembre 1977, Hamida Djandoubi, manutentionnaire tunisien coupable du meurtre de sa compagne, Elisabeth Bousquet, est guillotiné à la prison des Baumettes de Marseille. Juste après l'exécution, la doyenne des juges d'instruction de la ville, Monique Mabelly (1924-2012), commise d'office pour y assister, consigne par écrit ce qu'elle a vu et ressenti.

Trois pages sobres et retenues mais aussi d'effroi et de colère contenue pour décrire les dernières minutes d'Hamida Djandoubi. De la cellule où l'on vient chercher le condamné jusqu'à l'endroit où il sera guillotiné, l'auteur décrit avec précision les circonvolutions autour de la dernière cigarette, les vaines tentatives pour retarder le moment fatal, le couperet qui fend le corps en deux.

Quelques lignes écrites au retour d'une exécution qui suscite en elle "une révolte froide" afin de témoigner. Monique Mabelly léguera dix ans plus tard ce manuscrit à son fils, Rémy Ottaviano, qui l'a remis il y a quelques semaines à Robert Badinter.

Comprendre les origines de ce document : La dernière exécution en France

Lire aussi l'entretien avec l'ancien garde des sceaux, Robert Badinter, qui a défendu et obtenu l'abolition de la peine de mort en 1981 : "Comme la torture hier, la peine de mort est vouée à disparaître"








 Le 9 septembre 1977.

Exécution capitale de Djandoubi, sujet tunisien.

A 15 heures, Monsieur le Président R… me fait savoir que je suis désignée pour y assister.

Réaction de révolte, mais je ne peux pas m'y soustraire. Je suis habitée par cette pensée toute l'après-midi. Mon rôle consisterait, éventuellement, à recevoir les déclarations du condamné.

A 19 heures, je vais au cinéma avec B .et B. B., puis nous allons casse-croûter chez elle et regardons le film du Ciné-Club jusqu'à 1 heure. Je rentre chez moi ; je bricole, puis je m'allonge sur mon lit. Monsieur B. L. me téléphone à 3 heures et quart, comme je le lui ai demandé. Je me prépare. Une voiture de police vient me chercher à 4 heures et quart. Pendant le trajet, nous ne prononçons pas un mot.

Arrivée aux Baumettes. Tout le monde est là. L'avocat général arrive le dernier. Le cortège se forme. Une vingtaine (ou une trentaine ?) de gardiens, les "personnalités". Tout le long du parcours, des couvertures brunes sont étalées sur le sol pour étouffer le bruit des pas. Sur le parcours, à trois endroits, une table portant une cuvette pleine d'eau et une serviette éponge.

On ouvre la porte de la cellule. J'entends dire que le condamné sommeillait, mais ne dormait pas. On le "prépare". C'est assez long, car il a une jambe artificielle et il faut la lui placer. Nous attendons. Personne ne parle. Ce silence, et la docilité apparente du condamné, soulagent, je crois, les assistants. On n'aurait pas aimé entendre des cris ou des protestations. Le cortège se reforme, et nous refaisons le chemin en sens inverse. Les couvertures, à terre, sont un peu déplacées, et l'attention est moins grande à éviter le bruit des pas.

Le cortège s'arrête auprès d'une des tables. On assied le condamné sur une chaise. Il a les mains entravées derrière le dos par des menottes. Un gardien lui donne une cigarette à bout filtrant. Il commence à fumer sans dire un mot. Il est jeune. Les cheveux très noirs, bien coiffés. Le visage est assez beau, des traits réguliers, mais le teint livide, et des cernes sous les yeux. Il n'a rien d'un débile, ni d'une brute. C'est plutôt un beau garçon. Il fume, et se plaint tout de suite que ses menottes sont trop serrées. Un gardien s'approche et tente de les desserrer. Il se plaint encore. A ce moment, je vois entre les mains du bourreau, qui se tient derrière lui flanqué de ses deux aides, une cordelette.

Pendant un instant, il est question de remplacer les menottes par la cordelette, mais on se contente de lui enlever les menottes, et le bourreau a ce mot horrible et tragique : "Vous voyez, vous êtes libre !…" Ça donne un frisson… Il fume sa cigarette, qui est presque terminée, et on lui en donne une autre. Il a les mains libres et fume lentement. C'est à ce moment que je vois qu'il commence vraiment à réaliser que c'est fini – qu'il ne peut plus échapper –, que c'est là que sa vie, que les instants qui lui restent à vivre dureront tant que durera cette cigarette.

CET HOMME VA MOURIR, IL EST LUCIDE




Il demande ses avocats. Me P. et Me G. s'approchent. Il leur parle le plus bas possible, car les deux aides du bourreau l'encadrent de très près, et c'est comme s'ils voulaient lui voler ces derniers moments d'homme en vie. Il donne un papier à Me P. qui le déchire, à sa demande, et une enveloppe à Me G. Il leur parle très peu. Ils sont chacun d'un côté et ne se parlent pas non plus. L'attente se prolonge. Il demande le directeur de la prison et lui pose une question sur le sort de ses affaires.
La deuxième cigarette est terminée. Il s'est déjà passé près d'un quart d'heure. Un gardien, jeune et amical, s'approche avec une bouteille de rhum et un verre. Il demande au condamné s'il veut boire et lui verse un demi-verre. Le condamné commence à boire lentement. Maintenant il a compris que sa vie s'arrêterait quand il aurait fini de boire. Il parle encore un peu avec ses avocats. Il rappelle le gardien qui lui a donné le rhum et lui demande de ramasser les morceaux de papier que Me P. avait déchirés et jetés à terre. Le gardien se baisse, ramasse les morceaux de papier et les donne à Me P. qui les met dans sa poche.

C'est à ce moment que les sentiments commencent à s'entremêler. Cet homme va mourir, il est lucide, il sait qu'il ne peut rien faire d'autre que de retarder la fin de quelques minutes. Et ça devient presque comme un caprice d'enfant qui use de tous les moyens pour retarder l'heure d'aller au lit ! Un enfant qui sait qu'on aura quelques complaisances pour lui, et qui en use. Le condamné continue à boire son verre, lentement, par petites gorgées. Il appelle l'imam qui s'approche et lui parle en arabe. Il répond quelques mots en arabe.

Le verre est presque terminé et, dernière tentative, il demande une autre cigarette, une Gauloise ou une Gitane, car il n'aime pas celles qu'on lui a données. Cette demande est faite calmement, presque avec dignité. Mais le bourreau, qui commence à s'impatienter, s'interpose : "On a déjà été très bienveillants avec lui, très humains, maintenant il faut en finir." A son tour, l'avocat général intervient pour refuser cette cigarette, malgré la demande réitérée du condamné qui ajoute très opportunément : "Ça sera la dernière." Une certaine gêne commence à s'emparer des assistants. Il s'est écoulé environ vingt minutes depuis que le condamné est assis sur sa chaise. Vingt minutes si longues et si courtes ! Tout s'entrechoque.

IL FAUT VITE EFFACER LES TRACES DU CRIME…




La demande de cette dernière cigarette redonne sa réalité, son "identité" au temps qui vient de s'écouler. On a été patients, on a attendu vingt minutes debout, alors que le condamné, assis, exprime des désirs qu'on a aussitôt satisfaits. On l'avait laissé maître du contenu de ce temps. C'était sa chose. Maintenant, une autre réalité se substitue à ce temps qui lui était donné. On le lui reprend. La dernière cigarette est refusée, et, pour en finir, on le presse de terminer son verre. Il boit la dernière gorgée. Tend le verre au gardien. Aussitôt, l'un des aides du bourreau sort prestement une paire de ciseaux de la poche de sa veste et commence à découper le col de la chemise bleue du condamné. Le bourreau fait signe que l'échancrure n'est pas assez large. Alors, l'aide donne deux grands coups de ciseaux dans le dos de la chemise et, pour simplifier, dénude tout le haut du dos.

Rapidement (avant de découper le col) on lui a lié les mains derrière le dos avec la cordelette. On met le condamné debout. Les gardiens ouvrent une porte dans le couloir. La guillotine apparaît, face à la porte. Presque sans hésiter, je suis les gardiens qui poussent le condamné et j'entre dans la pièce (ou, peut-être, une cour intérieure ?) où se trouve la "machine". A côté, ouvert, un panier en osier brun. Tout va très vite. Le corps est presque jeté à plat ventre mais, à ce moment-là, je me tourne, non par crainte de "flancher", mais par une sorte de pudeur (je ne trouve pas d'autre mot) instinctive, viscérale.

J'entends un bruit sourd. Je me retourne – du sang, beaucoup de sang, du sang très rouge –, le corps a basculé dans le panier. En une seconde, une vie a été tranchée. L'homme qui parlait, moins d'une minute plus tôt, n'est plus qu'un pyjama bleu dans un panier. Un gardien prend un tuyau d'arrosage. Il faut vite effacer les traces du crime… J'ai une sorte de nausée, que je contrôle. J'ai en moi une révolte froide.

Nous allons dans le bureau où l'avocat général s'affaire puérilement pour mettre en forme le procès-verbal. D.vérifie soigneusement chaque terme. C'est important, un PV d'exécution capitale ! A 5 h 10 je suis chez moi.

J'écris ces lignes. Il est 6 h 10.

Monique Mabelly (Juge d'instruction)


Journal Le Monde

lundi 12 octobre 2015

Expo photos de Denis Brénot, Peintures murales en Puisaye (89)





Danse macabre, La Ferté-Loupière 





L'association CAP-Lindry a confié au photographe Denis Brenot la réalisation d'une série de photographies sur les peintures murales de Puisaye, qui a été présentée samedi et dimanche. Si celles des chapelles de Saint-Fargeau et Pourrain et des églises de Moutiers, Mézilles, Parly et Ronchères ont fait l'objet de photographies de détails pour chercher à montrer la richesse méconnue de ces édifices, la danse macabre de La Ferté-Loupière est vue dans son ensemble. Trois heures de prises de vue et 60 heures de montage ont été nécessaires pour créer cette fresque inédite.

D'autres photographies-montages montraient des façades de Lindry agrémentées de dessins de Thierry Gauffilet. « Un projet pour l'instant, mais qui sait pour l'avenir ? Ce pourrait être un atout touristique », remarque Jacques Dumont, président de CAP-Lindry.

dans l'Yonne républicaine





Plafond Eglise de Ronchères

Plafond Chapelle Saint Baudel


Mézilles, Le martyr de Saint Blaise


Chapelle de Saint-Fargeau


Peinture murale de Sainte-Geneviève de Lindry
Le "Dit des Trois Morts et des Trois Vifs"
Sainte-Geneviève de Lindry

Chapelle de Saint-Fargeau



Détails de la Danse macabre
La Ferté-Loupière










































Eglise de Moutiers 






















Eglise de Parly






Denis Brénot heureux, accepte de poser devant son oeuvre maîtresse la "Danse macabre"
 de La Ferté-Loupière








Il me montre quelques projets d'avenir de l'Association CAP-Lindry, pour orner de peintures murales, sur le mode Street Art urbain, quelques maisons de Lindry.
Quelques projections sont également exposées dans l'Eglise Sainte Geneviève.
Il affine cette idée avec Thierry Gaufillet, artiste déjà bien connu dans l'Yonne.








Cette décoration des murs de la commune sera, je le souhaite, l'objet d'une prochaine rencontre.
A suivre donc.....










Cette Eglise Sainte-Geneviève a sa propre peinture murale :
le " Dit des Trois morts et des Trois vifs"
restaurée en 2001
(voir ci-dessus)


©crédit photos fruban


Mise à jour, le 14 février 2018

Nouvelle Expo de Denis Brénot, à l'Abbaye St Germain, Auxerre

Exposition visible du 17 février au 11 mars dans le Cloître et la salle capitulaire de l'Abbaye Saint-Germain à Auxerre.
Tous les jours sauf le mardi de 9h à 12h et de 14h à 17h
Entrée libre

lire article ICI 


















vendredi 9 octobre 2015

De mots en mots, poème de Fruban

                         
crédit photo fruban
                       




  De mots en mots



Mots fuyantes naïades
paradis des lagons turquoise
drapées de voiles aux séductions trompeuses
Quand les flots de l'azur engloutissent
rêves d'exils Eldorado menteur


Mots ondes d'émotions
perçant silence de la solitude
à l'attirante orée de la voûte nocturne
Quand octobre hésite à peindre
ses feuillages d'ambre aux lumières d'or


Mots valses d'espoirs
bouffées d'amours joyeuses et confiantes
baisers de soleil bulles pétillantes
Quand murmures complices déferlent
en vagues mystérieuses insondables comme les Ciels


Mots cris larmes étouffées
cahotantes bouteilles à la Mer jetées
s'envolent sur le dos des collines
Quand happée l'Âme se noie
sous les abysses aux noirceurs si profondes


Mots reflets puissants et fragiles
sont-ils fiction ou réalité
épistolaires caresses nectar de poètes
Quand s'ensanglantent les sentiers du Monde
sous de noirs linceuls enténébrés de deuils


Mots muets au bord des lèvres
hésitants ce matin-là balbutiants
comme gazouillis d'enfant
Quand les à-quoi-bon t'interdisent
ce qui à jamais restera indicible.


Fruban

le 9 octobre 2015

© Tous droits réservés
     Protégé par copyright

Recueil en cours

depuis publié in Chorégraphie de cendres



crédit photo fruban

samedi 3 octobre 2015

Il est temps, poème de Cristian Ronsmans

     
photo du Net
                           


       Il est temps




Il est temps!
Il est temps!
Il est temps encore!
Mais que me veux-tu donc à la fin?
Et de quel temps parles-tu?
Il est temps, te dis-je,
Tout n'est pas perdu
Tu dis n'importe quoi!
Tu sais très bien que c'est foutu.
Il est passé
Tiens j'en vois encore la fumée
Là bas, au bout des rails!
Il est passé je te dis.
Et c'était le dernier!
Pour aujourd'hui!
Non, pour toujours, idiot!
Mais alors....Non, ce n'est pas possible!
Qu'est ce qu'on va devenir?
Ah, ah, qu'est ce que ça peut bien faire?
On n'avait aucune chance.
Que veux-tu que ça nous fasse maintenant?
Rendors-toi.
Demain est un autre jour comme celui-ci!
Mais enfin, nous n'avons pas le temps!
O tu m'ennuies à la fin avec ton "temps".
Tu as fait le tien, j'ai fait le mien,
Et cela n'intéresse personne.
Dors. Le temps n'a aucune importance
Sauf pour ceux qui ont oublié de vivre.
Alors tu penses....pour nous!!

Cristian Ronsmans

le 12 septembre 2015

© Tous droits réservés


photo extraite du film "Le charme discret de la bourgeoisie", de Luis Buñuel

vendredi 18 septembre 2015

Nuit, poème de Costas Karyotakis

  NUIT


Peinture Takis Eleftheriadis
     Toute la nuit durant, les amours traînent
leur lassitude sur les routes,
par les fenêtres lentement la douleur goutte,
que les volets retiennent.

Dessus les toits s'est accrochée la lune
versant des larmes de détresse,
et des roses d'ici l'odorante tristesse
s'en va dans la nuit brune.

Le dos bien droit, blême, le réverbère
garde, mystérieux, le silence,
et ma porte s'ouvrant, on dirait que s'avance
un mort, pour qu'on l'enterre.

Le lit couvrant de sarcasmes leur joie,
ces gens-là, naïfs, s'imaginent
qu'il grince. Ils n'ont pas vu ce que le lit devine:
la mort qu'on leur envoie.

Dans les tavernes, des voix attendries
pleurent la nuit et ses étoiles
que l'amour devrait boire, et partout se trimbale
l'orgue de barbarie.

Et les oublis délectables attendent,
qu'on nous a versés dans nos verres;
voici venir l'instant où parlent les chimères
afin que tous entendent.

De nos malheurs quotidiens cimetière
le jardin public est fébrile,
quand soudain le traverse un mort qui va, tranquille
dormir dans la bruyère.

Costas Karyotakis

trad Michel Volkovitch

Publié sur le site de Grèce hebdo

mercredi 16 septembre 2015