La première vidéo que j'avais publiée n'est plus disponible, en voici une nouvelle
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La Philharmonie de Paris invite à célébrer Noël avec cette oeuvre populaire et emblématique de la période de l'Avent
Le Messie de Haendel est considéré comme un chef d'œuvre de l'oratorio. En Angleterre, cette pièce liturgique est devenue un symbole national à Noël. La Philharmonie propose une version avec l'Orchestre de Chambre de Paris, accentus et quatre solistes britanniques, sous la direction de Douglas Boyd.
La création du Messie
Cet oratorio a été composé en seulement 24 jours en 1741. C'est la pièce la plus connue de Georg Friedrich Haendel, compositeur allemand naturalisé anglais de la période baroque, qui souhaitait renouveler ce genre. « Je pensais voir tout le Ciel devant moi et le grand Dieu lui-même » écrivit-il après la création de l'œuvre à Londres. La pièce est très régulièrement donnée à Noël, en particulier en Angleterre où le public a pour habitude de rester debout pour le célèbre "Alleluia", en souvenir du Roi qui se leva lors de la première.
Une œuvre très populaire
La pièce présente des chœurs grandioses et des airs très lyriques qui rappellent les nombreux opéras de Haendel. Le Messie est toujours donné avec éclat et le public est régulièrement appelé à participer ; les mélodies étant souvent connues des mélomanes. La Philharmonie de Paris a décidé de suivre cet esprit et de proposer un bis participatif (Voir le site de la Philharmonie pour apprendre les bis).
Culturebox.fr
mercredi 23 décembre 2015
mardi 15 décembre 2015
Comment les Grecs célèbrent-ils les fêtes de fin d'année ?
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| Tilemahos Efthimiadis flickr DR |
Comment se déroulent les fêtes de fin d'année chez nos voisins européens ou de plus loin ? Chaque pays célèbre Noël et le Nouvel An avec ses propres rites et coutumes. En Grèce, par exemple, la période des fêtes débute le 6 décembre et s'achève le jour de l’Epiphanie. Décorations, gastronomie, chants…Eirini, étudiante de 28 ans dans l'audiovisuel, nous éclaire sur les traditions grecques.
JOL Press : Quand commencent les fêtes de Noël en Grèce ?
Eirini : Les fêtes de fin d’année commencent officiellement le 6 décembre et se terminent le 6 janvier, jour de l’Epiphanie. À partir du 6 décembre, les magasins ajustent les derniers détails des vitrines, et les décorations de la ville s’illuminent.
Dans les îles grecques et les petits villages, il n’y a pas de sapin de Noël mais des maquettes de bateaux-voiliers en bois que l'on orne de guirlandes. Ces décorations rappellent l'univers de la mer, qui joue un rôle important dans la vie du peuple grec.
JOL Press : Comment les Grecs célèbrent-ils Noël ?
Eirini : En famille, comme le Nouvel An d’ailleurs. Le 24 décembre nous nous réunissons en famille, et le lendemain, nous fêtons la naissance de Jésus. Il n’y a pas de distribution des cadeaux ce jour-là. Il faut attendre la fête de Saint-Basile (Agios Vassilis), le 1er janvier. En Grèce, notre Père Noël, c'est Agios Vassilis (IVème siècle après JC), connu pour avoir créé des écoles et des orphelinats dans l’histoire de l’orthodoxie. C’est lui qui apporte les cadeaux !
JOL Press : Quelles sont les grandes traditions liées à Noël ?
Eirini: Le 24 décembre, les enfants de 6 à 21 ans descendent dans les rues pour chanter des chansons populaires grecques de Noël, qu'on appelle "Kalanda". Il existe les kalandes connues et chantées dans les grandes villes, mais également différentes versions que l'on chante dans les petits villages ainsi que dans les îles de Grèce. Les jeunes accompagnent leurs chants du son aigu d'un triangle en acier, et reçoivent en récompense de l’argent et des gâteaux.
JOL Press : De quoi se compose le repas de Noël ?
Eirini : Le repas du 24 décembre marque pour les Grecs la fin d'une période de jeûne de 40 jours. Les repas varient en fonction des traditions familiales et des régions. Certaines familles préparent une dinde farcie à la viande, aux tomates et aux groseilles. Il est également de tradition de préparer deux sortes de gâteaux de Noël : les "melomakarona", un biscuit au miel et aux noix, et les fameux "kourabiedes" à base d’amandes et de fleur d’oranger, recouverts de sucre glace. À partir du mois de décembre, on trouve ces gâteaux partout ! Le plus souvent, les familles les cuisinent ensemble, mais dans les grandes villes, les gens pressés peuvent les acheter dans n’importe quelle boulangerie.
Par tradition, les Grecs préparent également le pain du Christ, le "christopsomo", le 24 décembre. Il s’agit d’un pain rond dans lequel on dessine une croix byzantine avant de le faire cuire. Lors du repas, les membres de la famille se partagent le pain.
JOL Press : Comment se déroule le Nouvel An ?
Eirini: Comme pour Noël, les jeunes Grecs défilent dans les rues pour le Nouvel An et chantent les "kalanda". Le matin, les familles grecques cassent une grenade – que l’on retrouve dans toutes les décorations de Noël en Grèce - devant la porte de leur maison pour leur porter chance. Lors du Réveillon, on se retrouve surtout en famille. Après minuit, les jeunes peuvent rejoindre leurs amis pour célébrer la nouvelle année. Pour un enfant, le Nouvel An est encore plus important que Noël, car la distribution de cadeaux à lieu. C’est plus festif !
JOL Press : Comment s'achève la période des fêtes en Grèce ?
Eirini : Les fêtes de fin d'année s’achèvent le 6 janvier par la cérémonie du baptême de Jésus. Lors de la fête orthodoxe "Ta Fota", les prêtres de chaque église bénissent l’eau de la mer ou de la rivière la plus proche et y jettent la croix de leur église. Une douzaine de jeunes se jettent alors à l’eau pour tenter de la récupérer. Celui qui réussira sera béni par le prêtre et son exploit lui portera chance, dit-on souvent.
écrit par Louise Michel D
http://www.jolpress.com/noel-nouvel-an-grece-traditions-eglise-repas-cadeaux-epiphanie-saint-nicolas-article-815442.html#.VnAXaQaYi7I.facebook
Associé aux souvenirs amers et aux séparations douloureuses, même comme ex-voto des marins aux moments de danger en mer, le bateau ne pouvait que symboliser les rassemblements familiaux avec la présence de tous les membres, quelque choses qui se passait à chaque moment de l’année et pas seulement pendant les jours festifs de Noël. C’est pourquoi on ne l’utilisait pas seulement comme décoration de Noël. Il y avait le bois du Christ, un morceau trouvé dans la forêt qui servait à la décoration, portant l’espoir d’une nouvelle floraison et d’un meilleur avenir .
Cependant, après les annés 1970, une grande discussion autour du vieux symbole a commencé et plusieurs hommes ont cherché à remplacer l’arbre par le bateau comme une belle combinaison de la tradition et la conscience écologique. Aux îles, on trouve toujours des bateaux décoratifs, bien entendu. Dernièrement, on le trouve dans les grandes villes également.
Alors, prenons le large avec le petit bateau grec, son nom ELPIDA=ESPOIR, pour envisager la mer agitée de notre temps!
https://prenonslelarge.wordpress.com/2011/12/28/le-petit-bateau-grec-de-noel/
mercredi 9 décembre 2015
L'Heureux Naufrage, avec André Comte Sponville
L'Heureux Naufrage :
Après l’effondrement de l’Institution religieuse, celle des grandes utopies politiques, et la désillusion, plus récente, du libéralisme économique : les québécois et québécoises font face à une perte de sens, un vide profond. Nous sommes plus prospères que jamais, plus libres que jamais de créer notre vie, mais quelque chose nous manque. Tout le monde le sent.
L’Heureux Naufrage est un film documentaire profond et humain sur le sens de la vie et nos valeurs. À travers le regard de plus d’une trentaine de personnalités publiques, québécoises et françaises, il aborde des questions essentielles, jamais explorées de cette manière chez nous. Denys Arcand, Éric-Emmanuel Schmitt, Denise Bombardier, Pierre Maisonneuve, et bien d’autres, y livrent leurs réflexions très personnelles, sur le vide qui les habite, la quête de sens, la spiritualité, Dieu.
Après avoir renoncé à toute forme de foi, ce pourrait-il, comme le pense Stéphane Laporte, que nous assistions en ce moment, au Québec, à un « retour vers les choses fondamentales », un « renouveau spirituel » ? Ou bien, comme le suggère Alain Crevier, que nous soyons « en train de se réapproprier le mot foi » ?
Face au futile et au frivole d’un monde utilitariste, face à l’instantanéité, au prêt-à-porter, le film interroge les fondements de nos valeurs et de nos croyances. Il met des mots autour de grandes questions qui nous habitent tous et propose de faire la paix avec notre héritage religieux. Un film inspirant et touchant, construit au fil des rencontres, dans lequel s’entrecroisent des visions et des pistes de réponses sur le vide spirituel de notre société postmoderne.
« La réaction est toujours forte quand je présente des extraits d’entrevues du film. Il provoque des silences, des sourires, il apaise. Pour moi, c’est la preuve que L’Heureux Naufrage est profondément pertinent. C’est un film universel qui touche toutes les générations québécoises. C’est un retour vers l’essentiel. La proposition d’une introspection personnelle, mais aussi de société, et je pense que le moment n’a jamais été aussi propice à ces réflexions. » — Guillaume Tremblay, réalisateur.
ANDRÉ COMTE-SPONVILLE - Un philosophe athée non-dogmatique et son expérience mystique. Mon clip inédit du film préféré!
Posté par L'Heureux Naufrage sur vendredi 13 novembre 2015
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| crédit photos pages L'Heureux Naufrage |
samedi 5 décembre 2015
Gris ... le Ciel en cendre, poème de FRuban
Quelle cendre peut encore empêcher la braise d'épouser la flamme
Max-Pol Fouchet
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| crédit photo fruban |
Gris
... le Ciel en cendre
Je n'y vois que du gris
Gris le ciel
gris mes mots
gris mon coeur
gris l'espace sans lueur
La cendre a tout pénétré
Le souffle s'est envolé
En silence je t'ai appelé
Le vent a refusé de porter ton prénom
Je n'y vois que du gris
Gris le monde
des hommes gris
gris tous ces morts qui jamais plus
ne verront se lever l'aube
grise la chape sur le sang séché
La noire barbarie s'est abattue
La Vie s'est arrêtée net
Des larmes des cris de peur d'horreur
Le silence m'assourdit
Je n'y vois que du gris
Gris ce petit con
grises les blessures infligées
à ton cœur pur petite princesse
gris ces gamins déboussolés
Violence absence de repères
Arrogance bestiale des mal-aimés
Domination ces morsures à l'âme
ces coups à l'autre portés
Hurlements de l'enfance confisquée
Je n'y vois que du gris
Et pourtant un matin gris
le soleil se lève le bleu resplendit
bleues tes caresses murmurées
bleu ton sourire de tendresse habillé
Ta main me conduit sur les sentiers
Empreintes chéries du passé
dans les pas des Hommes aimés
Compassion ou Amour fou
Mais surtout baisers sucrés dans le cou
© fRuban
5 décembre 2015
publié dans Chorégraphie de cendres (2017)
ene épingle à nourrice éditions
Lou Andréa Salomé, Correspondances (dont Rainer Maria Rilke)
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| photo du Net |
13 novembre 1905
Chère Lou,
Cela me touche étrangement qu’il y ait maintenant une patrie autour de toi, une maison remplie de ta présence, un jardin qui vit de toi, un espace qui t’appartient ; oui, je comprends que tout cela ait été et n’ait pu qu’être lent à advenir : car ton univers exige la réalité et a la force de l’exiger ; le premier et lointain Loufried était presque comme un rêve, légèrement fragile et plein de choses anticipées ; mais il tenait à toi, et quand tu venais, la maison était grande et le jardin sans fin. C’est ce que j’éprouvais alors, et je sais aujourd’hui que c’est justement l’infinie réalité qui t’entourait qui constitua pour moi l’événement le plus profond de cette époque indiciblement bonne, grande et généreuse ; le processus de métamorphose qui s’empara alors de moi en mille endroits à la fois émanait de ton existence indiciblement réelle. Jamais, dans mes timides tâtonnements, je n’avais autant senti l’être, autant cru à la présence et autant admis l’avenir ; tu étais l’antithèse de tous les doutes et pour moi une preuve que tout ce que tu touches, atteins et regardes existe. Le monde perdit pour moi son caractère nébuleux, cette façon flottante de se former et de se décomposer qui fut la manière et la pauvreté de mes premiers vers ; des choses advinrent, des bêtes que l’on discernait, des fleurs qui existaient ; j’appris une simplicité, j’appris avec lenteur et difficulté que tout est simple, et j’acquis la maturité pour parler des choses simples.
Et tout cela se produisit parce qu’il m’a été accordé de te rencontrer à un moment pour la première fois je courais le danger de m’abandonner à l’informe. Et si ce danger ne cesse de revenir d’une façon ou d’une autre et sous une forme de plus en plus adulte, le souvenir de toi, la conscience de toi grandissent cependant en moi au point de devenir immenses. A Paris, pendant ces journées extrêmement difficiles où toutes les choses se retiraient de moi comme d’un homme devenant aveugle, où je tremblais de l’angoisse de ne plus reconnaitre le visage de mon prochain, je me raccrochais au fait que toi, je te reconnaissais encore en mon for intérieur, que ton image ne m’était pas devenue étrangère, qu’elle ne s’était pas éloignée comme tout le reste, mais se maintenait seule dans le vide étranger où j’étais contraint de vivre.
Et ici aussi, au milieu du déchirement avec lequel j’ai renoué, tu as été le lieu sûr auquel mon regard est resté fixé.
Je comprends si bien que les choses viennent à toi comme les oiseaux retournent au nid lointain quand le soir tombe. Mille lois, grandes et petites, se sont accomplies avec la maison qui s’est construite autour de toi. Je suis si heureux qu’elle existe, et j’ai l’impression que ses effets bienfaisants me parviennent jusqu’ici.
Mon combat, Lou, et mon péril consistent en ceci que je ne puis devenir réel, qu’il y a toujours des choses qui me nient, des événements qui me traversent, plus réels que moi, comme si je n’existais pas. Autrefois, j’ai cru qu’un mieux surgirait le jour où j’aurais une maison, une femme et un enfant, toutes choses réelles et irréfutables ; j’ai cru que cela me rendrait plus visible, plus tangible, plus concret. Tu vois, Westerwede existait, était réel : car j’ai construit moi-même la maison et tout fait à l’intérieur. Mais c’était une réalité en dehors de moi, je n’étais ni intégré à elle ni confondu avec elle. Et maintenant que cette petite maison avec ses belles chambres silencieuses n’existe plus, le fait de savoir qu’il existe encore un être lié à moi et quelque part un petit enfant qui n’a rien de plus proche dans la vie que cet être et moi – cela me donne sans doute une certaine sécurité et l’expérience de beaucoup de choses simples et profondes -, mais cela ne m’aide pas à parvenir à ce sentiment de réalité, à cette égalité de condition à laquelle j’aspire tant : être quelqu’un de réel au milieu du réel.
C’est seulement pendant mes journées de travail (fort rares) que je deviens réel, que j’existe, que j’occupe l’espace comme une chose, pesant, gisant, tombant, et puis une main vient me relever. Inséré dans l’édifice d’une grande réalité, j’ai alors le sentiment d’être un élément important, posé sur des fondations profondes, encadré à droite et à gauche par d’autres portants. Mais chaque fois, après ces moments d’insertion, je redeviens la pierre rejetée au loin, si inerte que l’herbe de l’inaction a le temps de pousser sur elle. Et le fait que ces moments de rejet ne se fassent pas plus rares, mais soient au contraire quasi constants, ne doit-il pas m’angoisser ? Si je gis ainsi, complètement enseveli, qui me retrouvera sous tout ce qui me recouvre ? Et n’est-il pas possible que je me sois depuis longtemps effrité, presque pareil à la terre, presque aplani, si bien qu’il y a toujours un morne chemin de traverse pour me passer dessus ?
Il y a donc constamment devant moi cette unique tâche à laquelle je ne m’attèle toujours pas, bien que je doive le faire : trouver le chemin, la possibilité d’une réalité quotidienne…
J’écris cela, chère Lou, comme dans un journal intime, tout cela parce que je ne peux pas écrire de lettre maintenant mais n’en suis pas moins désireux de te parler. J’ai presque perdu l’habitude d’écrire, aussi pardonne-moi si cette manière de lettre est détestable et désordonnée. Peut-être n’y voit-on même pas qu’elle est emplie de joie à la pensée de ta maison et y apporte mille voeux. Mille. Tous.
Rainer
mardi 1 décembre 2015
Lettre de Khalil Gibran à May Ziadah
Eloignés par le sort, lui aux Etats Unis, elle en Egypte, telles deux âmes soeurs dans la quête de la réalité ultime,
ils ne se rencontrèrent jamais, sauf en imagination et en rêve.Cette correspondance, de 1912 à 1931, jusqu'à la mort de Gibran, témoigne de l'amitié, puis de l'amour qu'ils se portèrent.
Voici une des lettres de cette union sacrée.
26 février 1924
Vous me dites que vous avez peur de l'amour ; pourquoi cela, ma tendre amie ? Avez-vous peur de la lumière du soleil ? Avez-vous peur du flux et du reflux de la mer ? Avez-vous peur du jour naissant ? Avez-vous peur du retour du printemps ? Je me demande pourquoi vous avez peur de l'amour ? Je sais que l'amour d'une âme basse ne peut vous satisfaire, tout comme je sais qu'il ne peut pas me plaire. Vous et moi ne saurons jamais satisfaire de ce qu'il y a de mesquin dans l'esprit. Nous voulons tout en quantité. Nous voulons tout avoir. Nous voulons la perfection. Je dis, Mary, que dans cette aspiration qui est la nôtre se trouve notre accomplissement, car si notre volonté n'était qu'une ombre parmi les innombrables ombres de Dieu, nul doute que nous atteindrions l'un des nombreux rayons de Sa lumière.
Oh ! Mary, n'ayez pas peur de l'amour ! N'ayez pas peur de l'amour, amie de mon cœur. Nous devrons nous soumettre à lui malgré ce qu'il peut nous apporter de souffrance, de désolation, de nostalgie, de perplexité et de confusion. Ecoutez, Mary : aujourd'hui, je suis dans une prison de désir, qui sont nés lorsque moi-même je suis venu au monde. Et aujourd'hui, je me trouve entravé par les chaînes d'une idée aussi vieille que les saisons de l'année. Pouvez-vous faire montre de mansuétude à mon égard, dans ma prison, afin que nous puissions émerger enfin à la lumière du soleil ? Resterez-vous près de moi jusqu'à ce que ces chaînes soient détruites et que nous puissions marcher librement et sans entraves jusqu'au sommet de la montagne ? Et maintenant, venez plus près, rapprochez votre front de moi - comme ceci, comme ceci, et que Dieu vous bénisse et vous protège, compagne bien-aimée de mon cœur.
http://eddenya.com/question-reponse/3695-lettre-de-khalil-gibran-a-may-ziadah-n-ayez-pas-peur-de-l-amour-amie-de-mon-coeur
vendredi 27 novembre 2015
Conversation avec mon androïd, de Cristian Ronsmans
Conversation avec mon androïde. En fait sa maîtresse c’est ma compagne. Aussi quand je dis Mon androïde je sais que ce personnage, qui se présente comme une sorte d’ardoise écran pour homo ecranus, fait un peu la gueule car je partage la couche de sa maîtresse ce qui, je crois, le rend un peu jaloux.
Le matin ma compagne s’en va avec son pote. Un type qui s’appelle Smart Phone. Bien sûr je suis convaincu que c’est un pseudo. Car se faire prénommer Smart quand on me voit c’est un peu gonflé, vaniteux même.
En revanche elle laisse à ma surveillance son androïde qu'elle allume (cela doit fort l’exciter, l'androïde, et je lui ai déconseillé à ma compagne, maintes et maintes fois de cesser de jouer à ce jeu dangereux avec l’androïde mais en vain). Une fois allumé elle lui demande de me laisser écouter France Inter. Je pourrais entre nous allumer la radio. Ça marche aussi bien et c’est fait pour ça. Mais bon ! Entre temps, je sens l’androïde contrarié d’être mis à mon service car au bout d’un moment tout en continuant sa face illuminée (pour faire plaisir à sa maîtresse je suppose) se ferme et passe en écran noir. Je sens qu’il me fait la gueule.
Au bout d’un moment quand ma compagne est partie bosser et que nous nous retrouvons en tête à tête je le titille un peu en lui tripotant les boutons. Je le déverrouille ce qui semble le rendre fou. Et aussitôt il tente d’engager une conversation de diversion :
A (l’androïde) : Que puis-je pour vous ? (à noter que je ne lui évidemment rien demandé)
Moi : Pardon ? Que me veux-tu ?
A ( il fait l’idiot) : Que puis je pour vous ?
Moi : Rien, Je ne t’ai rien demandé.
A : Je ne comprends pas ce que vous voulez. Que puis-je pour vous ?
Moi (j’articule, je ne hurle pas encore) : Je ne t’ai ri-en de-man-dé. Tu com-prends main-te-nant ?
A : Pourquoi vous me parlez comme ça ?
Moi : Quoi ? Je te par-le co-mment ?
A : Vous êtes fatigué ?
Moi : Non je ne vois pas le rapport. Je vais bien
A : Pourquoi vous me parlez comme ça ?
Moi : Tu commences à me gonfler
A : Vous n’êtes pas très poli !
Moi : Tu te fous de ma gueule, ‘en veux une, connard ?
A : Que puis-je pour vous. Je ne comprends pas ce que vous voulez.
Moi : Tu vas voir Ducon
Là-dessus je me saisis de l’androïde, je baisse son couvercle, je l’empoigne d’une main et par le collet, le hubot, real human, et je le balance dans le placard au dessus des wc. Non mais !
Si on se laisse faire dans quelque temps, que j’espère ne jamais voir, ils nous pisseront dessus ! Vous verrez, vous verrez, vous verrez !
Cristian R
le 24 novembre 2015
©Tous droits réservés
Protégé par copyright
vendredi 20 novembre 2015
Requiem, Léo Ferré
Pour ce rythme inférieur dont t'informe la Mort
Pour ce chagrin du temps en six cent vingt-cinq lignes
Pour le bateau tranquille et qui se meurt de Port
Pour ce mouchoir à qui tes larmes font des signes
Pour le cheval enfant qui n'ira pas bien loin
Pour le mouton gracieux le couteau dans le rouge
Pour l'oiseau descendu qui te tient par la main
Pour l'homme désarmé devant l'arme qui bouge
Pour tes jeunes années à mourir chaque jour
Pour tes vieilles années à compter chaque année
Pour les feux de la nuit qui enflamment l'amour
Pour l'orgue de ta voix dans ta voix en allée
Pour la perforation qui fait l'ordinateur
Et pour l'ordinateur qui ordonne ton âme
Pour le percussionniste attentif à ton coeur
Pour son inattention au bout du cardiogramme
Pour l'enfant que tu portes au fond de l'autobus
Pour la nuit adultère où tu mets à la voile
Pour cet amant passeur qui ne passera plus
Pour la passion des araignées au fond des toiles
Pour l'aigle que tu couds sur le dos de ton jeans
Pour le loup qui se croit sur les yeux de quelqu'un
Pour le présent passé à l'imparfait du spleen
Pour le lièvre qui passe à la formule Un
Pour le chic d'une courbe où tu crois t'évader
Pour le chiffre évadé de la calculatrice
Pour le regard du chien qui veut te pardonner
Pour la Légion d'Honneur qui sort de ta matrice
Pour le salaire obscène qu'on ne peut pas montrer
Pour la haine montant du fond de l'habitude
Pour ce siècle imprudent aux trois quarts éventé
Pour ces milliards de cons qui font la solitude
Pour tout ça le silence.
Pour tous les morts innocents, assassinés par la barbarie des hommes FR
mercredi 18 novembre 2015
Lettre à Daech, après la mort de Madeleine, par Simon Castéran
Lettre à Daech après la mort de Madeleine, au Bataclan (Simon Castéran)
15 NOVEMBRE 2015 | PAR MONICA M.
Oui, je suis un pervers et un idolâtre
Par Simon Castéran
Mon cher Daech,
J'ai bien lu ton communiqué de presse victorieux. Comme on l'imagine, tu dois être heureux du succès de tes attaques menées vendredi soir à Paris. Massacrer des civils innocents qui ne demandaient qu'à jouir d'un bon match de foot, d'un concert de metal ou tout simplement d'un petit restau entre potes, ça défoule, pas vrai ? Alors certes, ça ne te change pas beaucoup des milliers d'exactions commises quotidiennement, depuis des années, en Irak et en Syrie. Mais en bonne multinationale des lâches et des peine-à-jouir que tu es, il te fallait t'imposer sur le marché occidental. Ce que tu as fait, dès janvier, avec l'attentat de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher. Toutes mes félicitations : grâce à tes happenings sordides et sanglants, la marque Daech est plus forte que jamais. Elle a même effacé jusqu'au souvenir d'Al-Qaeda qui, à côté de toi, semble désormais presque raisonnable.
Donc, tu as tué. Oh bien sûr, pas par goût du sang et de la violence, mais au nom « d'Allah le Très Miséricordieux». Moi qui croyais que la "miséricorde" suppose la bonté et l'indulgence envers les autres, je ferais mieux de jeter mon dictionnaire. Et de m'acheter une kalachnikov et des grenades, pour m'en aller distribuer à mon tour amour et compassion partout où vous vous trouvez. Avant de laisser, sur vos corps enfin bénis, la photo de ma cousine Madeleine, que votre miséricorde a lâchement assassinée vendredi au Bataclan.
L'eussiez-vous connue, que vous l'auriez détestée immédiatement. C'était une femme libre et heureuse, pleine de cette lumière intérieure qui vous manque tant. Horreur suprême, c'était aussi une intellectuelle, qui aimait son métier de prof de lettres en collège. Car oui, chez nous, les femmes ont non seulement le droit d'être éduquées, mais aussi d'enseigner. Tout comme elles ont le droit d'aller où bon leur semble, d'écouter de la musique, de boire de l'alcool et d'aimer qui elles veulent. Sans burqa, ni violence. Bref, de jouir de cette liberté qui vous fait tant horreur. Et dont Paris, « la capitale des abominations et de la perversion », dis-tu, s'est fait depuis longtemps la représentante.
Oui, chers soeurs et frères, n'en doutons pas : l'abomination et la perversion n'est pas à chercher dans le massacre d'innocents par des fanatiques surarmés, qui travestissent le Coran en un manuel du parfait petit terroriste, mais dans cette vie païenne, faite de plaisirs et de joie. Cette « fête de la perversité » qui réunit, de semaine en semaine, des milliers « d'idolâtres » ; lesquels, au lieu d'adorer la Mort comme vous le faites en « [divorçant] de la vie d'ici-bas », préfèrent se rassembler pour communier ensemble, dans un instant de partage et d'adoration de l'existence.
À ce titre, mon petit, ridicule, mesquin Daech, je te dois un aveu : moi aussi, je suis un pervers et un idolâtre. J'aime la vie, le metal, les restaus et, parfois même, regarder un match de foot. Mea culpa, mea maxima culpa. Je suis un Croisé, comme tu dis. Un Croisé de la liberté, de l'amour et de la convivialité ; à la différence, cependant, que contrairement à toi, j'ai évolué depuis le Moyen-Âge. Ma religion n'est pas faite de fer et de sang, comme la tienne, mais de chair et d'espoir. Aussi, si tu veux un bon conseil, mon cher Daech, dépêche-toi : car l'Histoire est sur tes talons, et déjà les Lumières que tu veux éteindre menacent ton califat d'un autre âge.
« Allah est le plus grand », écris-tu. « Or c'est à Allah qu'est la puissance ainsi qu'à Son messager et aux croyants. Mais les hypocrites ne le savent pas » (sourate 63, verset 8). Sur ce point, je ne peux que te donner raison. Qu'on l'appelle Dieu, Yahvé ou Allah, le Tout-puissant n'a guère besoin que l'on tue en son nom, ni que l'on pervertisse Ses lois. Alors, pourquoi continuer à tuer ? Ton Seigneur est-il si faible, dans ton esprit, qu'il ne puisse agir de lui-même ? Je ne peux le croire. Ce que je crois, en revanche, c'est que tu t'arranges bien de Son silence. Qu'en tuant au nom de ce même Islam et des musulmans que tu prétends défendre, tout en les assassinant, c'est la Création divine que tu détruis. Ce qui fait de toi un impie, un pécheur, encore plus coupable que le croyant que tu exècres, ou les païens que nous sommes. Mais cela, les hypocrites ne le savent pas.
Cet article est dédié à la mémoire de ma cousine Madeleine, dont le seul crime fut d'aimer la vie. A la demande de ma famille, sa photo a été retirée, afin que de mauvais esprits n'en fassent pas un usage outrageant sur les réseaux sociaux.
http://www.lessermonsdulundi.com/2015/11/oui-je-suis-un-pervers-et-un-
idolatre.html
Publié par Mediapart, blog de Monica
photos du Net
dimanche 15 novembre 2015
Après le Vendredi 13 novembre 2015
Depuis vendredi 13 novembre
je n'ai pas regardé la télévision
je n'ai pas écouté ou lu le moindre discours de nos dirigeants
C'est donc spontanément que j'ai décidé
d'arborer les couleurs de la France
Parce que les assassins sanguinaires de l'EI*
ont frappé à Paris, en France
Je n'obéis donc
à aucun protocole
à aucune consigne
Je ne fais qu'écouter mon coeur
Je n'ai aucune leçon à recevoir
de qui que ce soit
Encore moins me faire cracher au visage
sur ma messagerie privée
des propos haineux rageurs contre ces couleurs de notre drapeau
J'ajoute qu'en d'autres circonstances
j'ai arboré le drapeau palestinien
j'ai arboré le drapeau grec
sans la moindre hésitation
Aujourd'hui je suis en deuil et "je suis Paris"
je pleure toutes les victimes
je suis au plus près de leurs familles
Seule, dans la maison de mon enfance
je me recueille
je ferai une minute de silence lundi
en même temps que tous ceux qui sont touchés
en France et partout dans le monde
Alors mesdames et messieurs
les donneurs de leçons
les extrémistes de tout poil
Vous qui ne faites qu'obéir à votre propre idéologie
ne croisez plus mon chemin
quittez au plus vite mon alpage !
fruban
le 15 novembre 2015
* EI : Etat islamiste, Daesh
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| crédit photo Audrey Facchi |
Il y eut le choc brutal
Nous étions tous frappés de stupeur
Ces salauds avaient recommencé
Bains de sang sur Paris
Et puis, au fil des heures, des visages apparaissent
Décédé décédée disparu disparue
Beaucoup de jeunes des familles
Profitant de la douceur de novembre pour Vivre
boire un pot en terrasse, aller au concert, être amoureux
Etudiants personnes du quartier professeurs d'Université journalistes artistes
heureux de vivre d'être ensemble de rire
Comment oublier que ces assassins tuent des innocents
Ce pourrait être vous ou moi.
fruban
dimanche 15 novembre 2015
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