Je remercie mon amie Martine Cros qui a publié ceci :
"Je vois aussi de si belles choses, si invraisemblables de beauté, que j’espère avoir un jour assez de talent pour m’en approprier une parcelle ; si j’y arrivais, je pourrais être le plus grand écrivain de ma génération. Mais les choses belles sont secrètes et jalouses, et il faut de la patience."
B. M. Koltès (dans une lettre à sa mère) in http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article589
Pour moi, ce fut une grande émotion, beaucoup de joie. Je me retrouvais plongée des années en arrière, lorsque j'ai reçu en plein coeur, le choc Bernard Marie Koltès ! C'était avec Roberto Zucco, que j'avais vu au théâtre.
"Un metteur en scène rencontre un auteur. Avec le recul du temps on s'apercevra que Patrice Chéreau et Bernard-Marie Koltès sont aussi grands que l'ont été les plus grands hommes de théâtre". Jérôme Clément
1983 : "Combat de nègres et de chiens" Koltès-Chéreau
Bernard-Marie Koltès en 1984• Crédits : Louis MONIER/Gamma-Rapho - Getty
Tu vis sous l'à-pic
tu le sais
mais tu sèmes ton jardin
tu consolides ton toit
tu laisses tes enfants jouer
tu te couches
comme si de rien n'était.
Peut-être
appuyé sur ta faux
un soir d'été
tes yeux se fixent là-haut sur la paroi.
Là, dit-on,
se trouve
la faille.
Peut-être
allongé, éveillé
tu entends
la chute d'une pierre,
une nuit.
Et quand l'éboulement survient
cela ne t'étonne pas.
Alors tu déblaies
le petit arpent vert
sous la montagne.
Mise à jour, le 6 avril 2018, suite au décès de Jacques Higelin (1940-2018).
Arte Concert rediffuse Higelin philharmonique, jusqu'au 6 mai 2018.
Alors, je vous souhaite de passer un excellent moment avec Higelin que nous écouterons encore et toujours ! Les poètes, les artistes, jamais ne meurent.
Malheureusement, il m'est impossible d'intégrer le concert, il vous faudra donc cliquer sur les liens (en bleu) pour visualiser.
C'est tout en bas de la page. FR
Higelin Symphonique
La Philharmonie de Paris fête Jacques Higelin ! Un événement qui célèbre les cinquante ans de carrière du musicien. Ce demi-siècle a permis à Jacques Higelin de s'essayer au rock, à la soul, au jazz... et même de jouer la comédie. Au cours de cette carrière éclectique, Higelin a pourtant toujours su rester fidèle à lui-même. Dans chacun des vingt albums qui ont égrainé son oeuvre, on retrouve le même aspect fantasque, la même impression d'intimité. Ce demi-siècle a notamment été marqué par l'album BBH 75, publié en 1974 et qui vaut à Jacques Higelin sa réputation de pionner du rock français.
Pour ce concert "Higelin symphonique", Jacques Higelin et cinq solistes - Dominique Mahut, Christopher Board, Alice Botté, Arnaud Dieterlen et Zaf - s'associent à l'Orchestre National d'Ile-de-France. Ensemble, ils revisitent les compositions les plus emblématiques du répertoire de Jacques Higelin grâce à des arrangements signés Bruno Fontaine. Un anniversaire en grande pompe donc ! De quoi patienter avant la sortie d'un nouvel album prévu pour 2016...
Désolée, le replay intégral ne se trouve plus.... un jour, qui sait ?
Malheureusement, ce jour est arrivé, le 6 avril 2018, puisque Jacques Higelin vient de nous quitter.
Arte Concert rediffuse Higelin philharmonique jusqu'au 6 mai 2018.
En hommage à Jacques Higelin - décédé le 6 avril 2018 - nous vous proposons de redécouvrir le concert "Higelin Symphonique". Une soirée durant laquelle cette grande figure du rock français réinterprétait ses plus grand succès aux côtés d'un orchestre symphonique. (Arte)
"Elle est auteure, journaliste et poète. Son œuvre est saluée et traduite dans le monde entier. En liberté conditionnelle depuis plus d'un an, elle encourt la prison a perpétuité pour délit d’opinion et destruction de l’unité de l’état turc. Asli Erdogan est l'invitée d'Augustin Trapenard.
Son premier roman, L'homme coquillage, écrit il y a plus de vingt-cinq ans, vient de paraître en France dans une belle traduction de Julien Lapeyre de Cabanes. L’histoire d’une jeune femme étrangère à son propre désir et qui, lors d’un séjour aux Caraïbes, va progressivement s’ouvrir aux autres et se révéler à elle même."
J'ai lu une centaine de pages de ce livre qui me happe. Le premier écrit par Asli Erdogan (1998), le dernier traduit en Français (Actes Sud, 2018).
"Une jeune chercheuse en physique nucléaire est invitée dans le cadre d'un séminaire sur l'île de Sainte-Croix, aux Caraïbes. Très rapidement cette jeune Turque choisit d'échapper à ce groupe étriqué rassemblé dans un hôtel de luxe, afin d'explorer les alentours en errant sur les plages encore sauvages et totalement désertes. Ainsi va-t-elle croiser le chemin de l'Homme Coquillage, un être au physique rugueux, presque effrayant, mais dont les cicatrices l'attirent immédiatement. Une histoire d'amour se dessine, émaillée d'impossibilités et dans l'ambiguïté d'une attirance pour un être inscrit dans la nature et la violence." (...)
(extrait de la quatrième de couverture)
"Vain effort que celui de vouloir mettre en mots ces moments passés sur une île au milieu de l'océan. Je ne pouvais que les vivre intensément et les intérioriser. Alors je me mis à danser. Je dansai sur le sable mouillé, sous les torrents de la pluie tropicale. Figures de ballet, incontrôlées, qui exaltaient les gestes quotidiens, marcher, courir puis s'arrêter. J'essayai d'attraper le vent dans mes cheveux, dans mes mains, je tournai en me balançant comme un arbre dans l'ouragan, je me refermai sur moi-même comme un coquillage, je tombai à genoux face à l'océan comme en prière aux pieds d'un dieu. Dansant pour la dernière fois, je réappris à danser, telle une ballerine découvrant qu'il existe une danse plus importante que le ballet, celle de sa propre vie." p 98
Tu réclames le soleil glacé
en ces jours de mars
Comment te retenir
Je t'observe depuis quelques jours
Tes poils se sont terni
Tes yeux tristes se creusent
Toi dont on riait des rondeurs
Tu es légère comme une plume
Je te parle tu me regardes
Ton faible ronronnement me dit
combien tu m'aimes
Tu as compris que la vie c'est aussi cela
J'ai peur et je pleure
sans que tu me vois
Volga accroche-toi même si
c'est toi qui sais
Je souriais en te voyant suivre le soleil
t'en gorger encore et encore
Fuir le vent du nord t'abriter sous les rayons
Tu viens de rentrer épuisée
tu dors dans ta litière propre
Nouka ne comprend pas
Watcha notre tigresse miaulait
Que se passe-t-il ?
Ce soir tu t'installes dans le panier de la chienne
un peu gênée elle te laisse
Cette nuit elle ira sur le canapé
Petits arrangements entre amies
Tu vois je souris et pourtant
j'ai peur très peur de te dire bonsoir
A demain ma douce blanche
Ce matin et toute la journée
en accord avec le ciel gris
tu ne t'es pas levée
Toujours dans le panier de Nouka
Le souffle léger
Le regard perdu quand je te caresse
Juste avant de monter bouquiner
quelle surprise de te voir quitter ta couche !
Comme chaque soir j'espère
Est-ce insensé ?
Non juste l'amour que je te porte
qui me souffle d'y croire encore
même si j'appréhende chaque matin
Reste encore Volga
Même Nouka te le murmure tout bas
sa truffe sur ta petite tête assoupie
Volga ma douce ma câline
Après deux jours de soins
quelques photos de toi au soleil de mars
j'ai cru que la vie l'emportait
Ce matin je ne sais plus
Ton petit corps fragile refuse
allongé presque raidi
Et puis deux heures plus tard
tu t'es relevée tête droite
Que dois-je faire... dis-moi
Retourner chez le soigneur
te laisser tranquille chez toi ?
Et cet après-midi tout est fini
Volga ma si douce
J'ai mal
je dois me cacher pour pleurer
Ne pas attrister Nouka et Watcha
Maintenant tu reposes dans ton jardin
au milieu des jonquilles
Dors bien tu seras toujours en moi.
Mon amie Martine Cros a choisi ce poème de mon dernier recueil qui a guidé ses pinceaux vers ce superbe tableau. Et lui a inspiré un très beau poème.
Tous deux publiés sur ses blogs.
C'est pour moi un cadeau inestimable dont je la remercie encore ici. FR
Martine Cros, "Abel et son Agneau" - détail -, tableau en cours, acrylique sur toile, 50x61, 22.03.18.
L'été en plein coeur
Juillet flocons de paille voltigeurs
arômes de fruits mûrs
soufflés en bourrasques __ Eau
ruisselante torrentielle crachée par le ciel
larmes chaudes d'une terre meurtrie - S'entretuent
Abel et Caïn bras armé glaive vengeur
Juillet s'en est allé emportant mon coeur
Hier encore tu croyais tu rêvais __ folle tu étais ! --
tu respirais... de langueurs t'enivrais
Ô interminables nuits Ô voyages
- des lagons turquoise à l'Océan
ressacs d'écume blanche fracassant les rochers
guérissant ton âme chahutée écervelée
flux et reflux terre de sel - presque une île -
un refuge un élan un départ __ Voyage voyage...
Août en sa maturité tant espérée
tes ailes a brûlées __ Ce fut chant du cygne
tu le voudrais Phénix - mais
les cendres éparpillées à jamais restent froides
Et tourne tourne en ton esprit égaré
d'un train fantôme grincements grondements
__ Dis-moi Âme mon amie ma mie sommes-nous
si loin encore de l'inaccessible rivage __ Il s'éloigne
s'éloigne...
Tu griffes la voûte étoilée où roulent
nuages blancs nuages gris __ Perverse la lune
joue à cache-cache inonde ton coeur
émotions noires encore plus noires __ Et pourtant
quelle beauté démoniaque en cette traversée - immobile
t'entraîne la Voie lactée __ Jusqu'où ?
Tu crains que demain tout ne s'arrête
Août... le pilote a quitté le train
rideaux noirs sur les vitres tirés __ Tunnel __ où
ténèbres d'enfer t'engouffrent
- Tu te souviens Graham Greene
"The tunnel is long and dark,
but the end is bright ang light" __ Mais
où la Lumière espérée ?
Vite vite siffle le vent ! __ Mais tu l'aperçois
qui s'éloigne s'éloigne par d'autres alizés emporté
voile rouge sur les flots noirs
Françoise Ruban, extrait de Chorégraphie de Cendres, poésie,
éditions épingle à nourrice, avril 2017, pages 25-26.
"Il y a dans ce recueil l'évidence de l'offrande. L'offrande c'est le sacrifice au sens étymologique du terme : "Sacrum facere". Faire du Sacré. Il faut mourir à soi, aux préjugés et à la mort de l'autre pour, étant passé par sa propre mort, renaître enfin".
Extrait de la préface, par Cristian Ronsmans, page 7.
" Depuis des mois et des mois, je savais à quoi m'en tenir, je connaissais le fond de l'abîme..."
Qui parle ? Mais qui vous voudrez J'ai l'habitude de parler à la première personne. Pas vous ? De toute façon, dire je, dire moi, est le plus simple : le lecteur, ensuite, en dispose.
Laissons là les guillemets : depuis des mois, je connaissais... Une amie à moi me disait ces jours-ci au téléphone : Ah quelle invention la solitude... Oui. Mais encore on peut la tenir pour un progrès sur ce silence qu'on promène avec soi parmi les gens bruyants et bavards. Ou pire : dans leur compagnie, la nécessité des propos comme de feuillages à cacher le fond noir du puits. Il y a diverses façons de se taire. Il y a diverses façons d'être seul.
Ces dernières semaines, j'étais isolé du monde. Par le mal qui se niche ici ou là dans l'homme, et en devient la grande affaire, si bien que le temps n'a plus de poids, que les jours passent, et les nuits. Tout prend le caractère équivoque des rêves. Des rêves ? Il n'est même pas si sûr qu'il s'agisse des rêves. Cela ressemble à la vie. Une longue histoire. Et puis pas seulement : à la vie en général. À la mienne. À ma vie, cette vie dont je sais si bien le goût amer qu'elle m'a laissé, cette vie à la fin des fins qu'on ne m'en casse plus les oreilles, qu'on ne me raconte plus combien elle a été magnifique, qu'on ne me bassine plus de ma légende. Cette vie comme un jeu terrible où j'ai perdu Que j'ai gâchée de fond en comble.
Aragon (1972)
La Valse des adieux, dans Œuvres romanesques complètes V
préface de Jean Ristat
édition publiée sous la direction de Daniel Bougnoux Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2012.
Édition publiée sous la direction de Daniel Bougnoux avec la collaboration de Philippe Forest. Préface de Jean Ristat
Collection Bibliothèque de la Pléiade (n° 584), GallimardParution : 18-10-2012
"Hebdomadaire culturel communiste né pendant la Résistance, Les Lettres françaises paraissent pour la dernière fois en octobre 1972. En guise d’éditorial, Louis Aragon, directeur du journal depuis vingt ans, y signe une nouvelle, « La valse des adieux », qui sera reprise huit ans plus tard dans le recueil Le mentir-vrai. Le texte, fortement lyrique, met en scène un je qui se propose en contre-exemple aux lecteurs, affirmant avec force l’échec de son existence pour mieux condamner l’aveuglement idéologique propre au militant. Mais voilà que ce qu’on peut décoder comme une autocritique s’exprime notamment par une promenade surréaliste dans Paris et sa périphérie, entre mémoire littéraire et histoire. À partir de la réflexion d’Aragon sur sa propre pratique de l’intertextualité, cet article entend montrer que la nouvelle, en phase avec la période romanesque de l’écrivain, exprime avant tout une lecture critique de l’histoire." ( sur le site de érudit )
Sur France Culture
Louis Aragon en 1980• Crédits : Apesteguy Francis - Maxppp
Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création
Qu’il y ait un débat sur ce que représente Bertrand Cantat sur scène est parfaitement légitime. On peut aussi considérer qu’il y a une certaine hypocrisie à ne contester que sa tournée et pas ses disques, comme si le concert était le lieu de toutes les sacralisations.
En tout état de cause, ce débat change de nature quand il se transforme en demande d’annulation de sa tournée.
Cantat a le droit de chanter, les programmateurs sont libres de le programmer et chacun est libre d’aller le voir, ou pas.
Dans un Etat de droit, personne ne se fait justice à soi-même, et personne ne fait justice à quelqu’un d’autre en dehors de la justice.
Les demandes, directes ou indirectes, de censure ou d’annulation de son spectacle, qu’elles soient portées par des associations comme Osez le féminisme ou par des personnes hors réseaux associatif, les pressions diverses et variées des élus, les retraits de subventions aux festivals ou structures qui le programment contreviennent à la lettre et à l’esprit de la loi.
Il semble nécessaire de rappeler aux uns et aux autres les dispositions légales. La loi de 2016 dispose dans son article 2 que la diffusion de la création artistique est libre, et l’article 431-1 du Code pénal réprime le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté de création artistique ou de la liberté de la diffusion de la création artistique d’un an d’emprisonnement et de quinze mille euros d’amende.
D’autre part, l’Etat (c’est l’article 3 de cette loi), à travers ses services centraux et déconcentrés, et les collectivités territoriales doivent mettre en œuvre la politique en faveur de la création artistique, laquelle poursuit notamment comme objectif le soutien de l’existence et le développement de la création artistique sur l’ensemble du territoire, en particulier la création d’œuvres d’expression originale française et la programmation d’œuvres d’auteurs vivants, et doit garantir la liberté de diffusion artistique en développant l’ensemble des moyens qui y concourent. L’Etat doit encore promouvoir la circulation des œuvres sur tous les territoires, la mobilité des artistes et des auteurs et entretenir et favoriser le dialogue et la concertation entre l’Etat, l’ensemble des collectivités publiques concernées, les organisations professionnelles, le secteur associatif, les acteurs du mécénat et l’ensemble des structures culturelles et leurs publics.
En prenant des positions qui ne sont pas à la hauteur des exigences légales à propos de la tournée de Bertrand Cantat, et en gardant un silence inquiétant sur la plupart des affaires récentes d’atteinte aux libertés de création et de diffusion des œuvres, la ministre de la Culture manque aux devoirs relevant de son titre et de son domaine d’intervention.
L’Observatoire de la liberté de création regrette que l’artiste, sous la pression, ait renoncé à tourner dans les festivals cet été et s’inquiète qu’en France, en 2018, certains soient plus tentés par les réflexes de censure que par le respect des libertés et par le débat démocratique qu’ils réclament, paradoxalement, de leurs vœux.
Amie nuit, extrait Concert Dijon, La Vapeur, 9 mars 2018
vidéo fruban
Amie nuit
Pour des cœurs arrachés sur des lances sanguines
Et des fleurs déhanchées au nerf de guillotines
Des yeux fixant l’abysme à travers des brasiers
Et des ruines sublimes étendues à nos pieds
Les sirènes du port de la mélancolie
Amie nuit
Le temps coule sous
Comme l'eau de pluie
Amie nuit
Le velours abrasif, le soupir des lions
Les silence adhésif sous nos bouches à questions
Crépuscule à la sauce aboie un soleil rouge
La robe de la grande ours va finir andalouse
Et le cœur puisé, t'aimer à la folie
Amie nuit
Le temps coule ici
Comme l'eau de pluie
Amie nuit
Hauts les carambolages
Hauts les calendriers
Et les flèches volages
Hauts les scaphandriers
On vouvoie les sommets
On tutoie les abysses
Dans l'ombre on ne voit pas que les photos jaunissent
Et le monde commence à partir d'aujourd'hui
Amie nuit
Le temps coule ici
Comme l'eau de pluie
Amie nuit
Bertrand Cantat
A force de pressions, de menaces et d'insultes envers Bertrand Cantat et son public, ces hystériques pseudo féministes, ces briseurs de libertés, revanchards et haineux, ont amené l'artiste Bertrand Cantat à renoncer aux festivals, pour éviter la polémique. Certains avaient été déprogrammés, de même que des concerts (notamment celui de Istres).
Le 12 mars, il envoyait à l'AFP le communiqué suivant :
Vous pouvez accéder aux pages et groupes suivants pour en savoir davantage :
J'ai vu un jour une danseuse abolir le malheur
Avant d'anéantir la pesanteur
Un flamenco craché à la face du soleil
Un peu comme Apollo filant droit vers le ciel
Ce qu'on sait de tout ça? Rien
Mais j'ai retenu un lien
Enlace tout
Embrasse tout
Accueille tout
Reçois tout
Donne tout par dessus tout
Deviens pénombre où je me cache
Et dans le secret d'automne sans fin se glisse
Un infini amour
Au bout d'un éternel retour
Ce qui est est
Ce qui est est
Ce qui est est
Ce qui est est
Amor fati amor
Amor fati amor
Ce qui est est
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati ce qui est est
De toutes façons maintenant y'a plus l'choix tu l'sais bien
Rien à gagner rien à perdre ce qui est est
Tout l'espace est ouvert
Tout le champ des possibles
Autant d'flèches que de cibles
Maintenant monte la sève le chant qui nous honore
Se répand la joie et la lumière d'or
Flambe la flamme oh sésame ouvre toi
Mais y'a bien pire voleur qu'Ali Baba
Terminus tout l'monde descend, comme rester décent?
C'est des mille et des cents dérobés aux pauvres gens
Eux qui coulent et sombrent au loin
Ce qui est est
Ce qui est est
Ce qui est est
Ce qui est est
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Ce qui est est
J'te jure faut qu'on s'accroche
La vie c'est parfois moche
Tu me dis que t'en peux plus
Que t'as bien trop reçu
De coups de canif
Et dans les manifs
C'est pas ton kiffe,
La place du calife
Que tu veux partir au loin
Que tu veux tout envoyer promener
T'as raison faut s'ballader
Mais y'a pas d'paradis
Y'a mieux qu'ça
Aimer même un enfer
Apprécier jusqu'au bout
Même la pilule amère
Ce qui est est
Ce qui est est
Ce qui est est
Ce qui est est
Amor fati amor
Amor fati amor
Ce qui est est
On pourrait prendre à bras le corps le destin
Envisager la vie comme un festin
Apprivoiser le cuir comme Iniesta
De l'aube au crépuscule une fiesta
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati
Ce qui est est
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati
Ce qui est est
Amor fati
Ce qui est est
Le trajet, le voyage
Le voyage outragé
Trajectoire de l’orage
Le destin humilié
Cent fois tomber à terre cent fois se relever
Et si tu l'aimes la poussière, tu vas te régaler
Bambam ton cœur explose
Et si tu l'oses ramène ta prose
Augmente la dose
C'est sûr ils aimeront pas
Ils diront qu't'as pas l'droit
Chaque fois chaque chaque chaque chaque fois
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati
Ce qui est est
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati
Ce qui est est
Et toi qu'est-ce que tu sais d'ma vie?
Qu'est-ce que tu sais d'ma peine?
Tu paroles, tu causes
Tu parades, tu gloses
Mais t'as mauvaise haleine
On dirait Sue Hélène
Tu fais semblant d'savoir
Tu racontes des histoires
Bouffon, charlot
Recrache comme un robot
Les conneries pré-mâchées
La soupe qu'on a jetée dans ton écuelle d'esclave
Et regarde toi maintenant tu baves
A c'que j'sais tu veux m'faire la misère
Et ça date pas d'hier
Ok j'me rends
J'me prends
Ton doigt pointé sur moi
Chaque fois que je trouve mon souffle
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati
Ce qui est est
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati
Ce qui est est
C'est l'heure d'aller voler le feu
Le fixer dans les yeux
Moi je dirais qu'ça urge
Les moutons de Panurge
Sont en phase de gagner la partie de poker du siècle
Alors shazam
Pas des super-héros
Mais pas des statistiques
C'est pas des numéros
On sait qu'on est unique
Chacun seul dans la toile
On est relié à tous
A la terre des entrailles
Au cosmos, aux étoiles
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati
Ce qui est est
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati amor
Amor fati
Ce qui est est
Bertrand Cantat
Amor Fati, Montpellier, 12 mars 2018
Bertrand Cantat - Le vent nous portera - Marlène - Coopérative de Mai - 18 mars 2018
Soleil noir survivant ultime d’un lointain désir désormais bien trouble, Bertrand Cantat était mardi 13 mars sur la scène de la Belle Electrique pour un concert que les polémiques de tout bord avaient rendues événementiel.
Autour de lui, conçu sur la base de Détroit, son nouveau combo. Un groupe à la parfaite cohésion sobre et efficace, tout de noir et d’énergie vêtu portant haut Amor Fati le nouvel opus enfanté par un leader toujours aussi charismatique. Un album à la poésie éblouissante, oscillant du rock dur à des accents plus électros, aux composition lyriques gorgées d’électricité avec des passages plus calmes et acoustiques agrémentés de quelques clins d’œil au Noir Désir passé.
Un concert asséné comme un long voyage tourmenté vers la lumière, soufflant alternativement feu et glace avec une basse puissante et métallique, résolument en avant, collée à une batterie omniprésente, métronomique à la frappe chirurgicale, baignées de nappes de claviers à l’ambiance crépusculaire et zébrées de guitares en fusion avec parfois le temps d’une accalmie l’éclair d’un harmonica comme le souvenir d’un autre temps et..surtout, surtout intacte, forte et fragile à la fois, LA voix de Bertrand Cantat.
Une voix portant à bout d’urgence les textes d’une aveuglante noirceur de l’artiste !
La poésie de Cantat est depuis toujours à l’écoute du monde qui nous abrite, avec Amor Fati elle se fait voyage permanent entre noirceur et lumière, soleil et pluie, expression d’une brûlure infernale et de toute éternité, la sienne.
Une mention spéciale aux titres« Amor fati », « Anthraciteor » et « Pluies diluviennes ».
Aujourd'hui 8 mars, mes pensées vont vers toutes les mères qui assistent, meurtries et impuissantes, aux souffrances de la chair de leur chair. Souffrance due à la maladie, à l'oppression tyrannique, aux addictions toxiques, au désespoir.. Ces mères parfois seules, mal aimées, mal aidées.. qui luttent avec un amour désespéré, au chevet de leur enfant et qui offrent sans compter leurs nuits sans sommeil, pour caresser une main ou un front, pour sourire... malgré les larmes qui ne couleront que dans la solitude. Ces mères qui accompagnent jusqu'au seuil de la nuit éternelle, cet enfant que la colère des hommes ou la colère des cieux leur ont arraché. Qu'on les nomme les "folles de la Place de Mai", qu'elles portent le foulard palestinien.. qu'elles vivent tout près de moi, qu'elles se trouvent à des milliers de kilomètres.. Ces femmes sont toutes mes soeurs, dans la douleur et dans le deuil. Jamais un enfant ne devrait quitter cette vie avant celle qui lui a offert la vie.