vendredi 24 avril 2015

Âme écartelée, poème de Françoise Ruban

crédit photo fruban




Âme écartelée

senteurs multicolores promesses renouvelées
chaudes sensations de la Nature printanière
Méditerranée aux flots enflammés de rouge
à jamais souillée de l'espoir en sang des migrants


Rayons lumineux de l'aube sur ton corps ensommeillé
tes lèvres frémissent tes narines se gonflent
Des gazouillis joyeux et amoureux
te hèlent hors du lit
Trop vite ton esprit s'obscurcit
Des chrétiens d'Orient tu perçois les cris
Lâchement égorgés cibles jusque dans nos murs
Cimetières profanés  lieux de culte menacés
par ces vermines assoiffées d'étendre leurs tentacules afin
que plus jamais ne bouge ce qui porte le nom d'humains
Pieuvre planétaire partout déployant
haine féroce enserrant jusqu'à la mort
toute promesse de printemps
Amour
Beauté
Liberté


Tes yeux s'arrêtent
chorégraphie d' hirondelles et envol délicat des premiers papillons
bourdonnement d'abeilles semences de Vie
Tes yeux se ferment
ta peau halée caressée
ton cœur apaisé presque ensorcelé
aux allegros enchanteurs de ce concert
Vous qui donnez la Vie
ne laissez pas la folie aveugle et lâche répandre
partout les ténèbres et la mort
Aidez les poètes amoureux jardiniers de la Vie
à se lever tous ensemble __  No pasaran
Faites que les sèves nourricières
jamais ne deviennent mortel venin
roulant flots de sang noir


Âme écartelée

ne cède pas à l'inespoir
enivre-toi d'éphémères instants
prodigue à ton jardin des soins d'éternité
repeins de bleu la Méditerranée

© fruban

le 24 avril 2015

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Recueil en cours



dessin de Plantu

8 commentaires:

  1. Magnifique, j'aime cette pureté des vers, les images se créent au rythme des mots.....et donne le ton entre beauté de la vie et folie meurtrière.....
    Merci Françoise
    Sylvie Mantafounis

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  2. Très beau poème sur l'espérance qui doit restée chevillée en nos âmes, nos coeurs et nos esprits. Mais cette espérance ne prendra corps que si nous sommes dans l'action pour endiguer le mal qui se propage de façon endémique.
    Ainsi si le noir des ténèbres souille le bleu de la paix, de la sérénité, de l'amour entre les hommes comme tu le soulignais dans un précédent poème, ce noir des ténèbres nous laissent en effet écartelés dans l'âme jusqu'à l'os devant le spectacle du rouge, du sang qui coule sur les hommes, et sur tous les théâtres du monde. Ce sang est celui de l'Homme. Le sang d'Adam. En hébreu Adama a un double sens, la terre et le sang. Le sang de l'homme coule et enténèbre la terre. L'enjeu aujourd'hui pour l'homme et devenir l'Homme est de ne pas mourir avant de mourir.

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  3. Une fois de plus l'anonyme a oublié de signer ma chère Françoise, chère Sirène alias Nanoucka. C'est moi Cristian Ronsmans, ton vieux cachalot.
    Je n'ai pas suffisamment souligné, du reste, tout à mes pensées et commentaires, à réaffirmer ton grand talent. Tu es une poétesse née mais longtemps tu ne le savais pas. On porte en soi des richesses extraordinaires qui nous échappent, que nous ignorons. Et le jour où le déclic se fait où ces richesses viennent à naître on connait une fête perpétuelle qu'elle que soit l'état du monde et des hommes. Bravo et encore Bravo, Françoise et même bravissimo. J'ai bien de la chance d'être ton ami.Et je signe pour le coup. Cristian dit le cachalot.

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  4. Sylvie, je te remercie infiniment ! Tes mots me font un vrai beau plaisir, car je te sais fidèle lectrice et amie !

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  5. Cristian, mon fidèle ami Cachalot, toi aussi assidu lecteur de mes poèmes, toujours présent ici ou ailleurs, pour m'encourager, comment te remercierai-je jamais assez... Ma réserve et mon humilité en prennent un sacré coup, pourtant, je suis fière et heureuse de la confiance que tu me témoignes ! Moi aussi, j'ai beaucoup de chance de t'avoir comme ami. Surtout ces derniers temps où tout me blesse, où ne sais plus exactement où j'en suis. L'analyse que tu fais du monde actuel et de nos coeurs déchirés est si juste, en adéquation avec mes propres ressentis, que j'ai choisi de dire avec la poésie. Oui, nous devons agir, j'en suis consciente, mes mots essaient d'être dans l'action, mais combien je me sens impuissante, de plus en plus. Qui, à part quelques-uns, écoute les poètes ? Merci encore !

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  6. Tu n'as pas ma chère Françoise à remercier ceux ou celles auxquels d'un poème qui nous, les, touche tu fais cadeau.
    Car comprends bien que notre remerciement consiste à t'en parler avec nos mots, notre compréhension, notre vécu du texte, cet ensemble qu'on appelle "ressenti". Il n'est sans doute pas le tien, du moins pas entièrement. Il peut te surprendre mais il présente une qualité fondamentale. Cette qualité est d'une part d'exister, d'autre part de correspondre à une réelle, véritable relation entre deux êtres. Toi la poète et moi le lecteur. Et si ressenti il y a c'est que la lecture n'a pas été superficielle mais d'un profondeur telle que le texte nous a traversé de corps en cœur et de cœur en esprit.L'anonyme que tu auras reconnu: Cristian

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  7. Bonjour mon amie,

    Il y a quelques temps que je n'étais pas venu dans ce bel espace. Tes mots sont toujours posés de ta plume pleine de sensibilité. Il m'est si agréable de m'y replonger, lorsque le temps...me le permet. Je te souhaite une belle journée radieuse et inspirée, je t'embrasse.

    Dan.

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    1. Je te remercie Dan d'être venu me visiter ici et d'avoir laissé ces mots qui me touchent beaucoup. Rares sont ceux qui le font, mais je continue pour quelques lecteurs fidèles, et surtout pour la Poésie et la Beauté, dans ce monde qui va si mal. Baci

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