jeudi 12 décembre 2019

La cendre recouvre le ciel, par Françoise Ruban





La cendre recouvre le ciel entier, et pourtant, ce matin le soleil n'était pas bien loin. Un sourire bleu vite effacé. L'instant d'un espoir bien éphémère. Le vent a balayé les dernières feuilles, même le gingko est nu et tend ses bras décharnés. Ne restent que ses coeurs d'or jonchant le sol.










© texte et photo fruban

quelques instants en décembre


mardi 10 décembre 2019

Marcher au-devant, par Françoise Ruban



Marcher au-devant des rayons de lumière et des ombres projetées. Nouka, truffe en alerte, gambade à mes côtés. Déjà le soleil décline doucement, distribuant un peu d'or rouge sur les champs.Je me mets à rêver à d'autres promenades du passé... La mémoire surprend toujours, et le coeur n'est jamais sourd.

© fruban
  quelques pas en décembre







© photos fruban

jeudi 5 décembre 2019

Journée soleil frais, par Françoise Ruban



Journée soleil frais, mais tellement revivifiant ! A cet instant, le brouillard descend lentement et bientôt éteindra cette lumière de vie. Pas le moindre souffle. Pas le moindre bruit. Seules quelques notes de piano accompagnent le jour qui s'efface, presque timidement. Les collines d'ocre jaune ou brun s'estompent. Les premières lumières s'allument une à une. Le merle ose me saluer de trilles enroués et... bientôt lui aussi regagne son abri pour la nuit. Le ciel obscurcit sa cendre. Je guette la première étoile, mais il me faudra revenir... La soirée s'annonce belle, comme amoureuse.

© fruban

C'était en décembre




© photo fruban



lundi 2 décembre 2019

Ce matin, des perles de givre, par Françoise Ruban




Ce matin, des perles de givre habillent les arbres noirs et nus. Comme des guirlandes de nacre sur mon coeur. Sur l'herbe verte, gisent encore de pauvres feuilles, les dernières flammes de l'automne. Bientôt, les couleurs de la vie auront disparu. Je guetterai, au fil des jours, les bourgeons, les premières pousses vertes, les perce-neige de l'espoir.
J'aimerais m'endormir moi-aussi, renaître avec un coeur vierge, reprendre une route de lumière, moins sinueuse, moins cahotique. Me laisser emporter par les vents...

© fruban

en décembre







© fruban, les perce-neige de l'espoir

samedi 30 novembre 2019

Trop, de Françoise Ruban

Acte 1

TROP
J'aime TROP de pages, de groupes, d'artistes, de poètes... de personnes
J'attends TROP d'écoute, d'échanges, d'amitié, d'amour, de re-connaissance
Je donne TROP de mon temps, de mon énergie, de mon coeur, de ma vie
Je le sais, je l'ai toujours su et à jamais Antigone, mais aussi Don Quijote... resteront la voie que je suivrai
Comment croire qu'à mon âge, je puisse ne plus chercher, espérer, partir à la découverte des êtres, des pensées, des émotions... à la découverte du monde
Un monde qui n'a rien à voir avec la raison, la réalité... et surtout pas avec le profit, l'ambition, l'argent.... le pouvoir
Le Monde dont je suis (et serai à jamais) en quête, est dessiné sous les traits de la Beauté, de l'Amour, de la Sensibilité
Forcément, ON ne me comprend pas facilement, ON se moque.. - quelle naïveté ! quel idéalisme romantique ! quel cruel manque de sens des réalités..! -
Que l'ON se rassure... j'en souffre parfois, souvent...
Ma vie ne fut pas et ne sera jamais un jardin de roses (et pourtant, dans mon jardin, il y a de bien jolies roses ! ), ni un long fleuve tranquille... mais c'est MA vie et j'essaie tant bien que mal de l'assumer
Je ne suis aucunement angélique, encore moins naïve... ma lucidité est vive, parfois féroce... Inutile d'imaginer un seul instant me manipuler.. ni me faire plier
Pourquoi suis-je en train d'écrire ces mots, ici sur facebook... Cela me ressemble guère..
Sans doute parce que TROP.....


                                                   *****


Acte 2

TROP

Je ne pensais pas participer un jour, aussi activement, à un quelconque réseau social... tant la VIE m'intéresse, me mobilise

Et puis, les hasards et les aléas d'une existence nous amènent parfois à de bien étranges démarches..

Ceux qui me connaissent "pour de vrai" comme disent les enfants (et il y en a beaucoup parmi mes amis fb), savent les raisons précises qui m'ont conduite à venir fréquenter la Cyber-Planète... Quant aux autres... tout dépend du regard qu'ils portent à autrui, de l'empathie dont ils sont capables

J'ai rencontré sur ce réseau social des personnes magnifiques, au coeur "gros comme ça"... de vrais poètes désintéressés, juste amoureux des mots, de la Vie, de l'Amour

Des militants sincères, généreux, respectueux de tout ce qui vit et respire sur notre planète bleue (de plus en plus grise)... Ah ! que de pétitions j'ai signées...mais j'ai toujours été ainsi, au grand désespoir de mes diverses hiérarchies professionnelles !

Je n'oublierai jamais la nuit où Troy Davis fut exécuté... Jusqu'à trois heures du matin, nous avons échangé, communiqué les dernières infos, avons cru en une grâce, une suspension... Hélas...

Je n'oublierai jamais la mobilisation pour la poète colombienne Angye Gaona - mobilisation qui continue - et le dévouement, le travail patient , la ténacité, le courage de Cristina et de tous ceux qu'elle a su mobiliser

Alors... prendre l'air, mais oui !

Marcher le long des boulevards, dans les bois et les chemins de campagne, avec ma belle et vive Nouka... mais oui !

Serrer des mains, embrasser ceux que j'aime, rire, pleurer, me mettre en colère... mais oui !

Ce TROP arrivé comme un cri, sous mes doigts qui se sont mis à galoper sur l'écran magique... ce TROP était surtout, essentiellement, un regard que je portais sur MOI

Mon attitude face à la vie, face aux autres... pas seulement un regard sur ce réseau social.

Je remercie tous ceux qui ont pris de leur temps, pour me lire et surtout me répondre (publiquement ou en privé)

Je demande à ceux qui ne comprennent pas cette réponse, de descendre un étage plus bas... si toutefois ils le désirent !

C'est pas mal, de temps en temps, d'aller rendre visite à vos contacts et / ou amis, sur leur page... Ne pas vous contenter du fil d'actualité, pas toujours un fidèle reflet de ceux qui s'intéressent réellement à vous

C'est pas mal, de temps en temps, de vous arrêter pour dire un mot... Commenter, prendre des nouvelles,adresser un petit clin d'oeil humoristique, chaleureux, encourageant...selon votre temps, votre humeur, votre état d'âme

Je le fais régulièrement et suis donc en droit d'attendre une réciprocité

Je l'ai déjà dit une fois, il y a quelques mois : je n'ai rien à vendre, je n'ai aucune publicité à me faire... Juste partager ce que j'aime

Je comprends que ces échanges personnels relèvent du parcours du combattant, lorsque l'on a des centaines, des milliers de contacts... encore que..

Je connais des artistes de talent qui savent donner quelques minutes à ceux qui les ont rejoints, les considérant comme des personnes et pas seulement des fans ou des groupies...Oui, ils existent !

© fruban

© photo fruban





© photo fruban




© photo fruban

Tout ceci a été en grande partie écrit en 2012, juste quelques modifications qui ne changent aucunement l'esprit de ce billet d'humeur amical.



                                                           





jeudi 28 novembre 2019

greek crisis: Basse époque




greek crisis: Basse époque: Pays trempé... comme une soupe. Encore une fois, on croit à notre vieille soupe aux tripes, celle que l’on déguste aux bourgades supposé...

Poèmes à la nuit, Rainer-Maria Rilke



Ô de quelle façon, avec quel gémissement
Nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
Comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur.

Étais-tu élue entre toutes pour moi,
n’était-ce pas assez d’être la sœur ?
Ton être était pour moi comme une vallée délicieuse,
et maintenant, à la proue du ciel il

s’incline en une apparition inépuisable
et il étend son empire. Où aller ?
Hélas dans l’attitude de la déploration
tu te penches vers moi, toi qui ne consoles pas.

Rainer Maria Rilke
in, Poèmes à la nuit



C'est ainsi que commence ce très beau recueil de poésie, Poèmes à la nuit, écrit par Rainer Maria Rilke entre 1912 et 1914

https://editions-verdier.fr/livre/poemes-a-la-nuit/

Les Poèmes à la nuit, traduits ici pour la première fois intégralement en français, ont été offerts par Rilke à Rudolf Kassner en 1916 et sont l’une des étapes essentielles de la genèse des Élégies de Duino.

"Si ce poète habitué aux visitations angéliques s’est voulu insubstantiel, humble, dépouillé jusqu’à la transparence, c’est qu’il se savait né pour transmettre, pour écouter, pour traduire au risque de sa vie ces secrets messages que les antennes de son génie lui permettaient de capter ; enfermé dans son corps comme un homme aux écoutes dans un navire qui sombre, il a jusqu’au bout maintenu le contact avec ce poste d’émission mystérieux situé au centre des songes.
Du fond de tant de dénuement et de tant de solitude, les privilèges de Rilke, et son mystère lui-même, sont le résultat du respect, de la patience, et de l’attente aux mains jointes. Un beau jour, ces mains dorées par le reflet d’on ne sait quels cieux inconnus se sont écartées d’elles-mêmes, pareilles à la coque fragile et périssable d’un fruit formé dans la profondeur de ces paumes, et dont on ne saura jamais s’il doit davantage à la lumière qui l’a mûri, ou aux ténèbres dont il est issu."



Extrait de la préface de Marguerite Yourcenar






Édition bilingue. Traduit de l’allemand et présenté par Gabrielle Althen et Jean-Yves Masson (1994)

Préface de Marguerite Yourcenar

samedi 2 novembre 2019

Hommage à Georges Seferis, France Culture 1969



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Voici la publication du vendredi, jour dédié aux inspirations de la Poésie française :
Une émission spéciale, par Nikos Athanassiou, diffusée le 12 septembre 1969 sur France Culture. Lecture de textes et de poèmes réalisées par Maria Tamar, Jean-Claude Michel, Françoise Fetcher, Julien Bertheau et Nathalie Nerval.
Mise en ligne par Arthur Yasmine, poète vivant, dans l’unique objet de perpétuer la Poésie.














lundi 21 octobre 2019

Catherine Ringer présente Sam Ringer


Catherine Ringer nous ouvre les portes de son atelier, dans lequel elle conserve la majorité des œuvres de son père, le peintre Sam Ringer. Devant la caméra d'Isabelle Filleul de Brohy se déploie l’univers de l’artiste, né en Pologne en 1918 et décédé en 1986.














Le bleu de Gênes de Denis Tellier dit par Marc Feldhun








Parfois, il y a des moments que l’on apprécie tout particulièrement, quand il se passe quelque chose d’un peu irréel mais tellement présent et de tellement prenant. C’était le cas ce vendredi soir, à la médiathèque de Florensac, lors de la lecture par l’artiste et narrateur Marc Feldhun, d’un passage de la nouvelle Bleu de Gênes. Ce petit opuscule de Denis Tellier s’ouvre sur une lettre de Théo Van Gogh à son frère. Un beau prétexte à la narration dans laquelle on plonge comme en un bain de couleurs.

Le public, parmi lequel on pouvait voir le célèbre jazzman Ray Everitt et son épouse, la fille de Bobby Lapointe et demi-sœur de Marc Feldhun, s’est régalé suspendu aux paroles de Marc. "Si le Bleu de Gênes est un discret fil conducteur, la couleur réside dans l’écriture de Denis, dans la saveur des mots choisis, la richesse des descriptions. On est loin d’une langue terne et insipide", écrit Chantal Flament, la directrice de la médiathèque, qui a participé à cet événement en réalisant, avec Marc, les décors, assumant les bruitages pendant la lecture et prenant la parole à son tour. Bleu de Gênes, un monologue intérieur, empreint de lyrisme, où la description des lieux et des humains mélange cynisme et comique.

La profondeur d’un être désabusé, mais dont une tendresse pointe encore par-ci, par-là. Le riche vocabulaire de Denis Tellier fait entrevoir une succession de tableaux, ou de clichés photographiques marqués par le temps. Il donne à percevoir la vie à travers ses sentiments.


Midi libre

https://www.midilibre.fr/2019/10/21/des-riches-moments-litteraires-a-la-mediatheque,8493721.php?fbclid=IwAR0YeMsR2q_a5RTin4yFxetaMbOYf4E_drFiuEhl1E9ZktPdORZdKMaBw2c









N'oublions pas que Le bleu de Gênes fut d'abord écrit par Denis Tellier, corrigé par Véronica Stefanelli qui rédigea la quatrième de couverture, édité par L'oeil de la méduse.
Ensuite, ce fut ce spectacle où interviennent Marc Feldhun et Chantal Flament.

fruban












L'oeil de la méduse

Véronica Stefanelli

Denis Tellier