mardi 26 juillet 2016

Exil, par Angélique Ionatos, dans Le Monde diplomatique (août 2015)




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Le révélateur grec

Exil
par Angélique Ionatos


Les poètes sont en exil. Dans notre monde soumis à une nouvelle barbarie, celle de la ploutocratie, il faut les interroger pour retrouver la mémoire et l’utopie tout à la fois. Ce sont eux qui veillent sur notre humanité.

Ma « belle et étrange patrie (1) », qui a déposé une terre si fertile sur mes racines, m’a enseigné que la poésie depuis toujours nourrit le chant. Et ce chant peut devenir un cri.

C’est le hasard qui nous fait naître dans un pays plutôt que dans un autre. Et c’est l’exil qui nous fait prendre conscience de notre identité culturelle.

Je n’ai pas choisi l’exil ; je l’ai subi et j’en ai souffert. Pour m’intégrer —donc pour survivre— sur la terre « d’accueil », il m’a fallu pour quelque temps renoncer à mon identité. Et, pour commencer, il fallait apprendre la langue étrangère, sinon on n’existe pas.

Notre monde occidental est, à tort ou à raison, logocentrique. Il s’installe donc une distance (physique et mentale) entre nous, expatriés, et notre pays d’origine. C’est précisément cette distance qui nous dispensera au fil du temps des richesses insoupçonnées. Entre autres, celle de la redécouverte de notre patrie.

Ce qui m’a aidée à supporter l’exil lorsqu’il devenait trop lourd, ce fut la poésie. « Grecque me fut donnée ma langue, humble ma maison sur les sables d’Homère. Unique souci ma langue sur les sables d’Homère (2). »

Lorsque j’ai enfin commencé à bien comprendre et parler le français, j’ai pu me tourner vers le grec et le redécouvrir dans toute sa beauté, sa singularité, sa richesse et sa liberté.

En 1992, je recevais d’Odysseus Elytis un petit livre à la couverture bleue cartonnée, dont le titre était gravé en rouge. Sous le titre, il y avait le dessin d’une sirène tenant dans une main un bateau et dans l’autre un poisson. Le poème s’intitulait « Parole de juillet » (3). Ce titre a tout de suite sonné dans ma tête comme « Parole d’honneur ! ».

Et j’ai commencé à le mettre en musique. C’est devenu une élégie ; mais une élégie solaire. La couleur du deuil serait blanche. Le thrène (4) se déroulerait en plein midi avec la déloyale et stridente concurrence des cigales. « Une cigale qui a su convaincre des milliers d’autres, la conscience éblouissante comme un été (5). »

Voici les premiers vers de « Parole de juillet » : « Mesuré est le lieu des hommes, et les oiseaux ont reçu le même, mais immense ! » Et plus loin : « Le Soleil sait. Il descend en toi pour regarder. Car l’extérieur n’étant que reflet, c’est dans ton corps que la nature demeure et de là qu’elle se venge. Comme dans une sauvagerie sacrée pareille à celle du lion ou de l’Anachorète Ta propre fleur pousse que l’on nomme Pensée. »

Depuis quelques mois, mon pays se trouve au cœur de l’actualité. J’entends et je lis des commentaires qui souvent me blessent. Or je connais la situation tragique dans laquelle se trouvent mes compatriotes, pour l’avoir vue de près. Dans ma ville, Athènes, où les murs crient leur misère, mais aussi dans ma propre famille. L’humiliation est terrible ! C’est pour cela que j’ai eu le désir de parler des poètes, ces autres exilés. J’ai eu le désir de remettre leur parole au cœur de cette tourmente. Et de vous en faire cadeau.

Le premier devoir d’un artiste est de témoigner de son temps. Et de résister ! « Chacun selon ses armes », dit le poète Elytis. Pour redonner espoir et dignité.

Souvent je me sens découragée parce qu’impuissante face à tant de malheur. Parfois même je suis tentée de me taire.

Alors, je lis mes poètes. Leurs mots jamais ne s’oxydent à l’haleine du désespoir. Leur parole est politique et souvent prophétique. Et voilà que l’espoir revient comme « un chant de maquisard dans la forêt des aromates (6) ».

Angélique Ionatos
Chanteuse, guitariste et compositrice. Elle a quitté la Grèce des colonels en 1969.

(1) Titre d’un poème d’Odysseus Elytis (1911-1996), poète grec, Prix Nobel de littérature 1979.

(2) Odysseus Elytis, Axion Esti, Gallimard, Paris, 1996 (1re éd. 1987).

(3) Du recueil Les Elégies de la pierre tout-au-bout, 1991.

(4) Lamentation chantée lors des funérailles.

(5) Odysseus Elytis, poème Glorificat.

(6) Níkos Gátsos (1911-1992), Amorgos, Desmos, Paris, 2001.


Le Monde diplomatique

samedi 23 juillet 2016

Lettre à la folie, de Léo Ferré, dans Lettres non postées



ferre










[Sans date]

Madame,

J’étais dans une table des matières à me morfondre — dans un livre de références — entre un terme de marine et un terme de numismatique, et je vivais d’expédients, soudoyant la syntaxe, crachant du vocabulaire, improvisant des épithètes. J’eusse donné mon néant pour me sortir de cette impasse, que l’on me prît avec ma pauvre syllabe, mon informe phonation, pour faire n’importe quoi, pour servir n’importe quel prétexte. J’étais le mot « CROUP ». À France-Soir on ne voulut pas de moi. Alors vous m’avez donné la main.

J’avais des hiboux de choc plantés sur l’éclairage municipal et qui défendaient mes yeux de dormeur éveillé. Je passais mes nuits sous leurs ailes. Nous avions des radios optiques pour communiquer. Les sons, je les voyais. Je voyais l’aigle d’Hutchinson trompetter, les chevaux de mon ID s’ébrouer, la souris de la rue des Capucines chicoter. Je voyais les clameurs de la rame sous le massicot et Flaubert, impassible, la tête sous le subjonctif, les gorges des rossignols peintes au gargyl et chantant des sérénades pharmaceutiques, les sanglots du gravier malmené sous le flux de mes pas. Je voyais le chameau de mon manteau de 1928 blatérer, les chiens de fusil d’après l’amour clabauder, l’éléphantiasis barrir. Je voyais la plainte du pointillé justement découpé d’après la notice, les lamentations dunlopillo dans le silence du rayon d’ameublement de l’éternel Printemps emprès l’Opéra, les protestations métalliques de la boîte des petits pois surfins ébouillantés deux fois. Alors, vous m’avez souri.

Nous marchions ensemble, depuis la dernière glaciation

Je voyais d’autres cris, l’obésité de la rue quand les services de voirie la laissait s’empâter et qu’elle gémissait sous sa peau tendue. La poétique de la ville n’était qu’une vision extatique que mon œil formulait et que je contrôlais en permanence à l’aide de petits instruments que j’avais fabriqués : une lunette spéciale pour voir les glouglous s’échappant du caniveau, place Clichy, à l’aube du 12 mars 1953, les bras en ficelle autour de l’abstraction et l’œil auditeur, bien entendu, un papier-verre pour nettoyer les idées imbéciles se promenant dans la rue, en rang d’écoliers, un couteau à trancher le spectre, une bille à rouler l’indicible, une bille qui n’amassait pas la mousse et qui changeait de couleur à chaque révolution autour de mon système solaire, une grille pour lire les écritures : une pour l’indo-européen, une pour le sanscrit, une pour les cigales, une pour les microbes criant sous le flot de pénicilline et qui attendent le jusant sous le doigt de Dieu du thermomètre minute. J’étais toujours le mot « CROUP ». Alors, vous m’avez dit : « Viens ! »

J’en voyais de toutes sortes.

Un soir, à Montparnasse, une vieille de soixante, et qui s’ouvrit à ma voix, derrière une roulotte abandonnée, et cette femme dérivait sur mon orbite, et elle me parlait avec l’accent yiddish… et ma man dans la proche, je rentrais à l’hôtel Excelsior et me rebâtissais sa jeunesse. L’inquiétude de la chair, chez une vieillarde, cela me semblait formidablement attachant. Je ne me lavais plus les mains. J’en avais pour quelques jours à susciter ma mémoire… Je la hélai, elle s’arrêta, nous nous signâmes d’un commun accord et j’étais sous elle. Son système ébahi, je me revis dans la pénombre de sa chair non datée et vibrante comme à ses premières richesses, autrefois. L’huile des femmes est douce comme l’olive, parfumée comme l’arachide, persistante comme la noix.

Glisser dans leurs couloirs cette perle inconsciente…

Alors vous m’avez dit : « Tu es Fou, mon petit… »

Que d’enfants ai-je fait aux femmes inconnues

Des rouges des pâlis des portes de secours

Dans les cafés souvent je buvais leurs vertus

Devant mon verre blême une source d’amour

MA tête dans la broussaille de leur fente

Je demandais de la monnaie au préposé

Cent francs et quatre femmes mesurant la pente

Que je leur musiquais avec mes yeux gavés…

Le petit père Kanters n’en croyait pas son comité de lecture, il gardait de Denoël cet air absent et catéchiste qui fait les grands éditeurs méconnus. La tristesse de cet individu me coupait comme une boîte de conserve mal vidée, quand on y va avec la langue. Et lux perpetua luceat eis… Alors, vous vous êtes mise à ressembler à quelqu’un. Mon Dieu, quelle bouche !… une cerise en hiver…

Madame, vous êtes une feuille d’automne. Votre parure est couleur feu et mes yeux mimétiques vous enveloppent de flammes quand ils vous regardent. Vous avez un joli nom, folie, un nom de cosmétique sur la tête du corbeau de monsieur Poe. Jamais plus de rideaux à mon théâtre, jamais plus… Je suis votre boulet, votre haine, votre supplice, et vous êtes ma contrebasse et ma brosse en cheveux d’étoiles fileuses qui filent le parfait amour sur cet univers à bulles de savon et à nègres authentiques, qu’ils soient noirs dehors ou dedans, peu importe. La couleur est affaire de sentiment.

Je sentais l’absurde, une odeur de végétal trahi, un paravent, une chimère. J’étais malade, cassé. Mes béquilles de verre faisaient un bruit de pattes mathématiques sur les pavés de marbre de votre maison. Alors vous m’avez dit : « Entre ! »

Quelle maison ! je m’en souviens, les pièces mûres comme des fruits tropiques, des meubles indifférents comme le style du vide, les effrayants tapis de laines voyantes, et la vaisselle… la vaisselle du creux de l’ennui où je buvais longtemps, et vos objets !, les délices du verbe, l’accent aigu sur l’or des hommes, la préposition devant l’âtre, et vos propositions devant l’Être… Mort debout, tout contre votre idée, je ne pourrissais plus. Mais avant, nous fîmes l’amour, du mauve, rien que du mauve et puis de l’innocence. Dehors il plut. Nous sortîmes par vos masques, lentement, avec préciosité, et tout penchait autour de nous, les arbres, les plis d’ombres, les roses pâleurs du soleil couchant. On était bien. On calculait nos chances et le sublime s’y mêlant, des lianes nous enroulaient de Palestrina ; tout chantait autour de nous, tout palpitait, tout coulait comme un miel, tout finissait comme un missel. C’était très beau, follement beau. Nous étions toujours l’un à l’autre, comme deux feuilles accolées d’un papier bible et pour nous séparer il fallut qu’un oiseau des îles infime, petit, petit, vint immiscer son bec entre nos songes.

Léo Ferré, in Lettres non postées

Deslettres


ferrecouv

mercredi 20 juillet 2016

Après Nice, de Christiane Taubira (16 juillet 2016)








Vallée de larmes….

Nos cœurs portent leur deuil. Sous la mélancolie de ce qu’ils avaient de nous en eux et qu’ils ont emporté. Nous savions leur existence comme ils savaient la nôtre. Telle est notre commune intuition. Nous saurons un peu de leurs vies, ce qui nous sera offert, quand leurs proches commenceront à partager. Nous en saurons alors assez pour leur faire place durable dans nos mémoires. Ils continueront ainsi à être. Par-delà les cris et l’effroi, malgré ce désarroi sans cordages qui nous encorde, plus vibrants encore que cet émoi qui nous fend en dedans et nous laisse cois. Nous les tiendrons au chaud dans nos plis d’âme, bien que pour l’heure, nous soyons saisis de froid.

L’absence…

Une petite-fille vive, parfois rêveuse, qui ne reviendra pas à l’école. Sa meilleure amie qui n’en reviendra pas, comme ça fait mal au fond, là, dans cet endroit qui a plusieurs noms, cœur, poitrine, plexus, torse, poumon, et qui fait suffoquer, qui essouffle, épuise.
Un petit garçon qui ne retrouvera pas la crèche. La crèche ne le retrouve pas. Il y a ces photos, prises à Noël, à l’entrée, sur le panneau en bois. Même sans image, son sourire est là, ses gestes de désir. Il grandissait si vite.
Une adolescente délurée, déjà sûre de vouloir embrasser le monde, et qui manquera à son amoureux. Les premières amours ont cette saveur singulière et ineffable du défi mêlé de douceur. Un charme qui jamais nulle part ne sait se répéter.
Un adolescent dont la voix commençait à se rythmer et à se frotter à la rocaille, le menton s’assombrissant de quelques poils épars et fiers, ne dissimulera plus sa timidité derrière des airs de crooner taciturne.
Une maman qui ne rentrera plus, ces chants qui ne seront plus fredonnés, sous la douche, sur le balcon en arrosant des bégonias gourmands, en remuant la terre sous de récalcitrants asters de Tartarie, après une journée professionnelle pourtant harassante. Une femme, sentimentale et soucieuse, qui ne méditera plus en contemplant les stries des reines d’argent côtoyant de pulpeux aloès, les reflets des aeonium dont les pétales oblongs, offerts comme un soleil, font perler l’eau avant de la laisser rouler dans une chorégraphie de lenteur. Une femme aux reins usés par le labeur, qui n’avait rien perdu de sa joyeuse humeur, ne pestera plus contre sa fille aînée pour la mettre en garde : c’est toujours la trajectoire de la fille qui s’interrompt quand on veut se glisser trop tôt dans les lacets affriolants de la vie, souvent scélérate envers les pauvres. Une femme d’ardeur, qui a déjà dit son fait à la vie pour ses croche-pieds et ses chausse-trappe, et qui, tandis que le jour baisse pavillon, ne rira plus ne lira plus dans une berceuse pour se laver la tête des petitesses du boulot, du brouhaha des transports.
Un père, un amant, un homme qui sifflotait entre les lèvres ou dans la gorge rêvant de brillants chemins de vie pour ses fils, tout en réfléchissant à cette épargne qui préserve l’avenir, ne sonnera plus parce qu’il a oublié ses clés.
Ils ont des prénoms qui résonnent de toutes les contrées du monde, ramenant des senteurs, des sons, des clichés et des clichés, et engendrant un même chagrin, une même désolation qui rappellent que, par-delà terres et mers, les larmes sont sœurs.
Ainsi les pensons-nous, pour leur redonner vie, en attendant que ceux qui les connaissent nous les racontent. Try a little tenderness, la voix d’Aretha Franklin nous obsède.
L’aveuglement qui frappe avec une froideur de robot d’acier n’a jamais eu ni de raison ni raison. Quelles fêlures faut-il à l’esprit pour faire éclore cette démence démentielle, chez l’homo sapiens sapiens, homme qui pourtant sait qu’il sait. De quelles fureurs anciennes et nouvelles, familières ou inédites, matées ou rétives, gronde ce monde où l’hystérie nourrit l’hystérie!
Même de loin, mais si près de la souffrance, nous savons que notre seule offrande, celle qui nous sauve ensemble des étendues et profondeurs de la désespérance, ne peut venir que des signes de la vie qui vainc.
I’ve got dreams to remember (Otis Redding).
Pendant qu’un semeur de mort et d’affliction, exilé en méta-humanité, brisait tant de promesses et de sagesses, le dernier mot n’était pas dit.
Des enfants sont nés cette nuit-là. Je n’ai pas vérifié mais je sais. Car ainsi va la vie qui vainc. Ces bonheurs n’ont pas la vertu de verser une goutte de fraîcheur sur les cœurs en malheur.
Mais ils signent la défaite des semeurs de mort, qui qu’ils soient.

Christiane Taubira

vendredi 15 juillet 2016

Métaphore, de Jean-Louis Garac poète niçois

Nice 84 morts. Des hommes, des femmes, des enfants, de diverses nationalités, de diverses religions, ou philosophies ou athées, ou indifférents à ces questions, et de différentes opinions, et de cultures très variées...Comment leur rendre hommage? Comment les célébrer tous? Comment retrouver leur point commun? Peut-être à travers l'enfance, la leur comme celle de leurs enfants, comme la nôtre...
"Métaphore"
L'enfant de Bodrum est un fantôme terrible, en touches rouge et bleue, en forme évanouie; ce fantôme se retrouve partout sur terre: en Europe, au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique et aux Amériques! Il laisse sur son passage autant d'échos qu'un vol d'oiseaux noirs, et d'autres enfants, d'autres corps, d'autres doudous se retrouvent ainsi gisants et dupliqués à l'infini sur les plages, sur les trottoirs et dans tous les lieux dévastés par l'homme...
L'enfant de Bodrum est né et mort si rapidement dans le silence du coeur et de la raison! Il est l'indice irréfutable du vide humain, et il porte à demi-clos tous nos regards et nos pleurs.
Dans la poussière du monde, l'enfant de Bodrum est devenu malgré lui un symbole et une métaphore, et il a basculé dans le champ des philosophes et des poètes. Il est mort en Irak, en Syrie, au Bangladesh, en Belgique, et je ne sais même plus où; et ici, en France, à Toulouse, à Paris et à Nice...
L'enfant de Bodrum a pris ce nom d'emprunt un jour de soleil sur une plage lointaine, mais son identité réelle est simplement la nôtre, ici justement; et il a vécu partout où les lois ne savent jamais agir, et partout où les pays cessent de ressembler à leur légende... Il continue de mourir.

Jean-Louis Garac 15 juillet 2016


Jean-Louis Garac, le blog


street art Brésil, et dessin de Simon Vouet.
Photo de Jean-Louis Garac.

© Tous droits réservés

mardi 12 juillet 2016

Odes et germinations (5), Pablo Neruda, in Los versos del capitan


Pablo Neruda (1904-1973), Chilean writer.






V

Ton fil de blé et d'eau,
de cristal ou de feu,
la parole et la nuit,
le travail, la colère
et l'ombre et la tendresse,
ton fil les a cousus
peu à peu à mes poches déchirées,
et non seulement dans la zone trépidante
jumelant amour et martyre
comme deux tocsins d'incendie,
tu m'as entendu, mon amour,
mais aussi dans les humbles tâches,
les doux devoirs.
L'huile dorée de l'Italie a nimbé ton visage,
sainte de la cuisine et de l'aiguille,
et ton brin de coquetterie
qui s'attardait devant la glace,
avec tes mains et leurs pétales
à rendre jaloux le jasmin
a nettoyé les plaies, lavé
nos couverts et mon linge.
Mon amour, à ma vie
tu es arrivée, toute prête,
femme coquelicot, femme guérillero :
car si de soie est la splendeur que je parcours
avec ma soif, avec ma faim
apportées seulement pour toi sur notre terre,
derrière cette soie
il y a la fille d'acier
qui va combattre à mon côté.
Amour, amour, c'est là que nous nous rejoignons.
Soie et métal, approche-toi, voici ma bouche.

Pablo Neruda
in, Les vers du capitaine
Odes et germinations (V)
trad Claude Couffion et Christian Rinderknecht
Poésie/Gallimard éd bilingue p 277-279



                                                 *****


Hilo de trigo y agua
de cristal o de fuego,
la palabra y la noche,
el trabajo y la ira,
la sombra y la ternura
todo lo has ido poco a poco cosiendo
a mis bolsillos rotos
y no sólo en la zona trepidante
en que amor y martirio son gemelos
como dos campanas de incendio,
me esperaste, amor mío,
sino en las más pequeñas
obligaciones dulces.
El aceite dorado de Italia hizo tu nimbo,
santa de la cocina y la costura,
y tu coquetería pequeñuela,
que tanto se tardaba en el espejo,
con tus manos que tienen
pétalos que el jazmín envidiaría
lavó los utensilios y mi ropa,
desinfectó las llagas.
Amor mío, a mi vida
llegaste preparada
como amapola y como guerrillera:
de seda el esplendor que yo recorro
con el hambre y la sed
que sólo para ti traje a este mundo,
y detrás de la seda
la muchacha de hierro
que luchará a mi lado.
Amor, amor, aquí nos encontramos.
Seda y metal, acércate a mi boca.

Pablo Neruda
 5ª parte de "Oda y germinaciones", en "Los versos del Capitan

lundi 11 juillet 2016

Marcel Proust, les nuits de France Culture

Marcel Proust





"Antoine Bibesco seul me comprend" écrivit Proust un jour dans une lettre. En 1947, l'émission " Tels que les autres - Marcel Proust", fait entendre des amis qui témoignent de leur amitié avec l'écrivain.

Marcel Proust
Marcel Proust• Crédits : Archives Snark - AFP
Des témoins racontent leur Marcel Proust, en 1947, sur la Chaîne Nationale. Parmi eux, le Prince Antoine Bibesco ("Antoine Bibesco seul me comprend " disait Proust), qui évoque son amitié avec son voisin de la rue de Courcelle à Paris. Le prince se souvient de ses soirées chez Marcel Proust et du jour où il lui a présenté sa future femme Elisabeth, espérant que l'écrivain l'apprécierai. Puis le Le Marquis de Loris égrenne à son tour des souvenirs, soirées, visites d'églises, concerts salle Pleyel...

*Production * : Jean-Jacques Fermat

*Réalisation * : Alain Trutat

1ère diffusion : 25/07/1947 sur le Chaîne Nationale

*Indexation web : * Sandrine England, de la Documentation de Radio FranceArchive INA-Radio France

Nuit spéciale - Proust avec Nathalie Mauriac et Stéphane Heuet Par Philippe Garbit

(du vendredi 20 au samedi 21 novembre 2015)



France Culture





samedi 9 juillet 2016

Si tu m'oublies Si tu me olvidas, de Pablo Neruda (Los versos del capitan)


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Si tu m'oublies
je veux que tu saches
une chose.
Tu sais ce qu’il en est:
si je regarde
la lune de cristal, la branche rouge
du lent automne de ma fenêtre,
si je touche
près du feu
la cendre impalpable
ou le corps ridé du bois,
tout me mène à toi,
comme si tout ce qui existe,
les arômes, la lumière, les métaux,
étaient de petits bateaux qui naviguent
vers ces îles à toi qui m’attendent.
Cependant,
si peu à peu tu cesses de m’aimer
je cesserai de t’aimer peu à peu.
Si soudain
tu m’oublies
ne me cherche pas,
puisque je t’aurai aussitôt oubliée.
Si tu crois long et fou
le vent de drapeaux
qui traversent ma vie
et tu décides
de me laisser au bord
du coeur où j’ai mes racines,
pense
que ce jour-là,
à cette même heure,
je lèverai les bras
et mes racines sortiront
chercher une autre terre.
Mais
si tous les jours
à chaque heure
tu sens que tu m’es destinée
avec une implacable douceur.
Si tous les jours monte
une fleur à tes lèvres me chercher,
ô mon amour, ô mienne,
en moi tout ce feu se répète,
en moi rien ne s’éteint ni s’oublie,
mon amour se nourrit de ton amour, ma belle,
et durant ta vie il sera entre tes bras
sans s’échapper des miens.

Pablo Neruda

in, Los versos del capitan
traduction de Ricard Ripoll i Villanueva



                                                     *******




Si tú me olvidas
QUIERO que sepas
una cosa.
Tú sabes cómo es esto:
si miro
la luna de cristal, la rama roja
del lento otoño en mi ventana,
si toco
junto al fuego
la impalpable ceniza
o el arrugado cuerpo de la leña,
todo me lleva a ti,
como si todo lo que existe,
aromas, luz, metales,
fueran pequeños barcos que navegan
hacia las islas tuyas que me aguardan.
Ahora bien,
si poco a poco dejas de quererme
dejaré de quererte poco a poco.
Si de pronto
me olvidas
no me busques,
que ya te habré olvidado.
Si consideras largo y loco
el viento de banderas
que pasa por mi vida
y te decides
a dejarme a la orilla
del corazón en que tengo raíces,
piensa
que en ese día,
a esa hora
levantaré los brazos
y saldrán mis raíces
a buscar otra tierra.
Pero
si cada día,
cada hora
sientes que a mí estás destinada
con dulzura implacable.
Si cada día sube
una flor a tus labios a buscarme,
ay amor mío, ay mía,
en mí todo ese fuego se repite,
en mí nada se apaga ni se olvida,
mi amor se nutre de tu amor, amada,
y mientras vivas estará en tus brazos
sin salir de los míos.

Pablo Neruda

dimanche 3 juillet 2016

Yves Bonnefoy






Christine Marcandier  2 juillet 2016

Yves Bonnefoy (1923-2016): « aux lointains du chant (…) Il semble que tu puises de l’éternel »

« Toute douceur toute ironie se rassemblaient
Pour un adieu de cristal et de brume,
Les coups profonds du fer faisaient presque silence,
La lumière du glaive s’était voilée ».

Ainsi s’ouvrait, dans Hier régnant désert (1958), l’hommage à « la voix mêlée de couleur grise » d’une cantatrice, ainsi s’élevait le tombeau de Kathleen Ferrier. Yves Bonnefoy, l’un de nos plus grands poètes contemporains, traduit dans le monde entier, est mort hier. Il avait 93 ans. Il connaît l’autre rive, « Là-bas, parmi ces roseaux gris dans la lumière, / Il semble que tu puises de l’éternel ».
Dans son discours de réception du Premio Fil 2013 à Guadalajara (Mexique), en 2014, Yves Bonnefoy soulignait combien notre rapport à la poésie n’est plus quelque chose de « naturel » et « simple ». Elle est pourtant une « forme particulière de questionnement du monde et de l’existence ». Tout son discours disait sa « fondamentale nécessité », il était hymne au mot, à son « évidence » comme à sa puissance évocatoire, ouverture aux autres langues, à la traduction comme écriture :

« Aimons les autres langues. Aimons-les, aujourd’hui, en ce siècle où d’ailleurs elles sont pour chacun de nous plus facilement accessibles, cette affection pour des langues supposément étrangères est une des rares grandes ressources  qui nous restent. Pour ma part en tout cas j’ai toujours désiré faire de la traduction de la poésie une activité très étroitement complémentaire de l’écriture poétique proprement dite ».

Dans ce discours, une vie dédiée à la poésie, mais aussi une ouverture à l’Autre — son dernier livre publié ne s’intitule-t-il pas Ensemble encore (Mercure de France, mai 2016) ? —, ouverture à l’Autre par la traduction, le commentaire des textes, de la peinture, de l’Art et de son horizon. L’Arrière-pays est ainsi une autobiographie où se dire revient à dire un rapport à l’œuvre d’art. Ce seront, entre autres, Giacometti. Biographie d’une œuvre ; Goya, les peintures noires ; Breton à l’avant de soi ; Notre besoin de Rimbaud. Mais aussi les traductions de Shakespeare, Yeats, Keats, Leopardi, Séféris ou Pétrarque. Ou l’enseignement, être le passeur de ces œuvres et textes inlassablement aimés, interrogés, commentés, à Vincennes (1969-1970), (1973-1976) et Aix-en-Provence (1979-1981) ou dans des universités étrangères. De 1981 à 1993, ce fut le Collège de France, Yves Bonnefoy est titulaire de la chaire d’Études comparées de la fonction poétique — ses cours sont rassemblés, au Seuil, dans Lieux et destins de l’image : un cours de poétique au Collège de France (1981-1993). Pensons également à ses conférences à Fondation Hugot du Collège de France : La Conscience de soi de la poésie, un titre qui dit aussi une conscience de soi dans et par la poésie, à travers elle.

Dans sa leçon inaugurale, Yves Bonnefoy énonçait que « le lecteur de la poésie n’analyse pas, il fait le serment à l’auteur, son proche, de demeurer dans l’intense. Et d’ailleurs il ferme vite le livre, impatient d’aller vivre cette promesse ». Toujours, cette nécessité « d’être par les mots et pourtant contre eux, d’être par l’appel et malgré le rêve, d’être par la parole et malgré la langue ».

L’œuvre d’Yves Bonnefoy est présence absolue, immédiate et intense — cette présence qu’il disait « évidence mystérieuse » —, elle se « vit », est « expérience », elle est un « état », « la vérité de parole ».


Yves Bonnefoy, Collège de France, 2001. Photo Eric Feferberg. AFP

Yves Bonnefoy, Collège de France, 2001. Photo Eric Feferberg. AFP

Yves Bonnefoy venait de publier L’Écharpe rouge (Mercure de France, mai 2016), archéologie de sa vie à travers un texte ancien retrouvé dans un secrétaire fabriqué par son grand-père maternel. « Ce dossier, c’est un classeur de toile jaune, avec un ruban de même couleur pour le fermer, où sont rassemblés des cahiers et des feuilles en divers formats et souvent, manuscrites avec alors plusieurs écritures, car à travers les années, j’ai eu recours à des plumes de toutes sortes, plus ou moins grosses, et à différentes encres, parfois aussi utilisant des crayons. Une longue suite de reprises et d’abandons, depuis, je vois, 1964. Du sans cesse interrompu, de l’inachevable, semble-t-il ».

 L’Écharpe rouge, soit une centaine de vers libres inédits qui auraient pu être une « idée de récit », voyage dans un passé double et indissociable, littérature et existence : « Je sentais qu’il y avait dans ce coffre à la clef perdue quelque chose d’important pour ma réflexion sur la poésie et ma propre vie ». Chercher la trace de cette œuvre mystérieuse, revenue du passé, est une manière de faire advenir les souvenirs, ses parents et leur rencontre, son « pays », dans une généalogie qui ne sépare jamais les mots et la vie, quête rimbaldienne, « du sans cesse interrompu, de l’inachevable, l’œuvre de quelqu’un d’autre », dans la double origine de soi et de l’œuvre.

« Vais-je te dire adieu ? Non, qu’à jamais,
A jamais bruisse l’eau, refleurisse l’herbe ! », écrivait Yves Bonnefoy dans L’Heure présente (2011), « Lègue-nous de ne pas mourir désespérés ». Nous, qui avons fait le serment à l’auteur, notre proche, de demeurer dans l’intense.


Amaury da Cunha a écrit, dans Le Monde, un hommage magnifique à Yves Bonnefoy, à lire ici.


Diacritik

dimanche 26 juin 2016

Mater amorosa, Déborah Heissler et Véronique Duflot

Déborah Heissler

publie en 2005 son premier recueil Près d’eux, la nuit sous la neige (Cheyne éditeur) grâce à la Fondation de la Vocation. Par la suite séjours nombreux en Inde, en Chine, puis en Thaïlande et au Vietnam, où elle enseigne le français. Publication de Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe (Cheyne éditeur, 2010), un recueil en partie rédigé pendant son séjour en Chine, qui sera récompensé par le Prix de poésie francophone Yvan Goll en 2011 ainsi que le Prix du poème en prose Louis Guillaume en 2012. Retour en France. Résidences d’auteurs à Baume les Dames, où elle découvre les éditions Æncrages & Co, puis Rennes. Parution de deux ouvrages en 2013 et 2015 chez ce même éditeur ; Chiaroscuro en collaboration avec André Jolivet et Sorrowful Songs avec des dessins et peintures de Peter Maslow, dans la coll. « Voix de chants ».

Véronique Duflot

après des études d’arts plastiques suivies à Strasbourg, l’univers de Véronique Duflot évolue autour de thèmes pluriels. Elle cherche un répertoire de signes forts, qu’elle aborde de façon instinctive, entre quête de lumière et de matière à travers ses monotypes, pointes sèches et travaux combinatoires.







Ce qui reste

jeudi 23 juin 2016

Brexit selon Cristian Ronsmans

photo Cristian R





Brexit: Le rêve va peut-être se concrétiser. Je vais mettre un cierge à Saint Boniface, le moine d'Erfurt (patron des brasseurs, alchimiste émérite).

Qu'est devenu le bon temps de la Place du Luxembourg , de sa gare du quartier Léopold avec ses merveilleux stamp café (cafés typiquement bruxellois) : "Garçon, un café filtre. Et pour Monsieur une gueuze alstublif!".
Mais voilà ! Qu'est devenu ce magnifique quartier qu'on aurait dû classer au patrimoine mondial de l'Unesco?
Un site de rave party pour gamins bobos friqués de la petite jeunesse bourgeoise européenne, athéo-chrétienne, porteurs de badges comme si comme si on leur avait accordé la légion d'honneur.
Un site où les pochetrons endimanchés de costards tout aussi étriqués que leurs cerveaux, largement moins étriqués, en revanche, que leurs rémunérations exorbitantes de 6 à 10 000 euros par mois, pour en faire le moins possible et passer le plus clair de leur temps aux terrasses de cafés internationaux, qu'ils ont envahis, inculture en bandoulière, sur cette place de Luxembourg, défigurée, martyrisée, vampirisée.
Et c'est vous, oui vous, avec votre arrogance naturelle, complices de vos suborneurs, ceux qui viennent pointer le vendredi matin et reprenant l'avion à 17h de la même journée, qui osez négocier un compromis de la honte avec vos copains turcs pour éradiquer les migrants dans l'espace Schengen.
Les seuls migrants nuisibles, c'est vous. Partez, retournez chez vous, dans vos prés, vous occuper de vos vaches et basses-cours, ou encore de tamponner les timbres dans quelque bureau de poste de votre province, où vous croupissiez pour notre bonheur.
Rendez-nous Bruxelles que vous avez défigurée avec votre morgue de gamins mal élevés. Vous n'êtes pas bienvenus. Vous avez appauvri la ville, en vivant dans votre Vatican européen, de plus en plus tentaculaire, avec vos airs imbéciles de gens qui ont des affaires soi-disant importantes à régler (le calibrage de la taille des moules, sans doute). Avec votre présence insalubre moralement et intellectuellement, la vie est devenue impossible. La vie à Bruxelles est hors de prix, on ne peut plus se loger à cause du fric puant que vos hordes immondes exhibent sous le nez des Belges cupides, traîtres à la patrie. La circulation est sans cesse perturbée par votre présence, quartiers bouclés pour organiser vos beuveries, bus détournés pour les mêmes raisons, taxis réservés pour vous exclusivement et vous ramener ivres dans vos appartements de luxe. Sur les jolis marchés publics d’autre fois les prix grimpent en flèche et plus un commerçant ne parle français. De sorte que chassés de chez-nous, on doit prendre le train ou la voiture pour faire nos courses en France, pays de la liberté.
Mais maintenant cela suffit. Fini l’Europe ! Fini l’oppression. Fini l’occupation des néo colons européens.
Partez, disparaissez retournez dans vos trous de bouseux. Ne prenez pas cet avertissement au sérieux ? Il vous en cuira et ça finira mal!
Laissez nous en paix avec nos amis, nos compatriotes de souffrance, nos migrants syriens, irakiens et autres. Ils sont des nôtres. Pas vous!!
Nous sommes comme en 1830 au temps de notre indépendance (l’histoire se répète) et allons nous mobiliser pour bouter l'ennemi hors de notre pays.
Rendez-nous notre place du Luxembourg dont vous n'êtes même pas locataire.
Merci au Royaume Uni, pays où il semble que le véritable humanisme n’a pas totalement disparu. Votre Brexit sera votre rédemption et pour nous, notre salut. Si cela pouvait remettre les autres pays européens sur le bon chemin et mettre un terme à leur colonialisme new age de ma ville, Bruxelles !

Ci-dessous images des orgies démoniaques!

Cristian Ronsmans, le 23 juin 2016

Nous avons échangé quelques mots sur ce texte Cri de Colère, dans lequel ceux qui le connaissent, ont pu apprécier la patte littéraire remplie d'humour et d'intelligence. Voici ce qu'il me répondit alors :
FR




"En fait je suis partisan d'une Europe, fédération de peuples qui partageraient un destin commun. Mais je ne suis pas partisan d'une Europe livrée aux marchés de la financiarisation du capitalisme qui offre l'opportunité à de sombres hobereaux de se hausser du col et du porte monnaie sur le dos des pauvres. Aujourd'hui Bruxelles, comme me le disait ma compagne française, comme tu le sais, est une ville qui respire la misère. Et elle a raison.
Ce que je souhaite c'est une Europe de la Culture qui préside au destin de notre union.
Le tout est de savoir ce qu'on entend par Culture.
La Culture est avant tout un Projet de Vie. Dont l'identité culturelle en est la clef de voûte.La culture est toujours une « action » exercée sur la vie elle-même afin qu’elle s’accroisse, se transforme et s’accomplisse toujours mieux
Il s'agirait donc de définir les axes de création, de perfectionnement et d’accomplissement dont nous pourrons être fiers ensemble et individuellement.
Ce Projet de vie, contenu d'un Projet politique qui lui servirait de cadre. Après seulement on pourrait parler du cours du thon sur le marché mondial de la pêche.
Enfin délocalisons le siège de cette Europe en un lieu plus propice et capable d'assumer les gabegies dues aux fonctionnaires qui s'en enrichissent, au mépris des populations autochtones appauvries pécuniairement, moralement et intellectuellement."



Cristian Ronsmans, le 23 juin 2016

© Textes et photos protégés de la copie


Nouvel article de Cristian R, le 24 juin 2016, après la victoire du BREXIT (52%).

"Gifle magistrale infligée à cette Europe des nantis, privilégiés bénéficiant de prébendes et sinécures gagnées sur le dos des contribuables de toutes les populations européennes avec ses cortèges de travailleurs pauvres, de citoyens de seconde zone.
Citoyens sans cesse méprisés quand par voie référendaire à plusieurs reprises (Maastricht, Lisbonne etc..) ils furent consultés et leurs votes toujours laissés pour compte.
Tôt ou tard le boomerang devait leur revenir en pleine face.
L'impunité suffisante accordée à tous ces fonctionnaires kafkaïens de l'Europe devait tôt ou tard cesser et ces derniers payer l'addition de leur arrogance, vénalité et cupidité.
La place du Luxembourg va retrouver son charme d'antan à la lumière d'une aube nouvelle.
Les ténèbres dans lesquels se complaisaient ceux, de cette minorité, petits, moyens et haut fonctionnaires qui se payaient sans scrupules en peaux de pauvres, ces ténèbres s'estompent et la Lumière revient sur la place du Luxembourg.
En route vers l"Euroxit maintenant.
En route vers une belle et véritable Europe de mutualisation des cultures, des projets de vie communs, des projets politiques communs, une Europe du partage non de l'exploitation pour quelques négriers.
Adieu à ces politiques du "toujours plus de financiarisation" au profit des élites oisives, des nantis, parasites qui vivent comme des cratères buboniques sur le corps des humbles, des pauvres mais honnêtes gens.
Vive l'Europe qui s'annonce. Vive l'Europe des humains."
 Cristian R, le 24 juin 2016



Quelques images prises par Cristian de ces "orgies démoniaques"....







Photos Cristian R