Une vague __ tendre violence __ en mon cœur a déferlé
Pas un tsunami ___ Elle ne détruit
n'abat ne ravage n'assassine ni le jour ni la nuit
Sur son dos de collines je suis emportée
réchauffée
caressée
enveloppée
Elle me roule
m'enroule
me tourneboule
me chamboule
Ô me laisser capturer
Par elle la tempête est fête
en mon corps joyeux puissantes sensations
Etonnement bouillonnement foisonnement
Me laisser glisser glisser __ entraîner
à en perdre les sens et la raison
Je tremble
__ Est-ce la lame vacillante déferlante
Petite Sirène haletante
tes lèvres muettes trouveront-elles les mots
Vas-tu desserrer l'étreinte __ vas-tu t'enfuir au plus profond
vas-tu fière de tes nouvelles jambes
ailes défroissées qui se déploient __ vas-tu courir
sans un adieu à l'Île
ses rivages enjôleurs son cœur menteur
Ô capitaine tu as perdu le cap
Vas-tu aimer ce reflux aimant
qui te serre et t'enserre __ violente tendresse
collines vertes forêts profondes folie des mots en écho en écho _____ en écho oeillets de poètes enivrantes senteurs
« …Nous sommes à jamais présents au monde logiquement situés entre la mer et le soleil les nuages et les moissons. »
cité par Gil Pressnitzer
Encre et sang
Je fais de ma vie de
nuit en nuit un tas d'ordures.
Je fais de ma vie une brumeuse chronique.
Je fais de ma nuit le carrefour des fantômes.
Je fais de mon sang un long fleuve
qui tape à mes tempes.
Je fais de ma peur un oiseau noir et blanc
Je fais d'un oiseau mort, pourri,
l'enfant que j'aurais pu être.
Je fais d'un enfant un feu fou, un bloc de cendres.
Je fais de ma mort à venir un festin de serpents.
Je fais d'un serpent la corde pour me pendre.
Je fais d'un long, acharné silence le testament
de tout ce qui fut désastres, horreurs, ennuis,
ruptures et interminables hurlements.
Je pisse de l'encre et du sang.
Je pisse de l'encre et du sang.
Plus que jamais la poésie est urgente. Vitale comme le pain et le vin. Nécessaire comme la pluie et le soleil, les néons et les nuits polaires.
À l'heure où s'effondre définitivement le rêve révolutionnaire nourri d'octobre 17, à l'heure où l'abjecte massification, l'uniformisation dans le pire médiocre s'accélèrent, à l'heure où en dépit de certaines apparences, la « liberté » de l'individu - fondement incontournable de toute civilisation - rétrécit, à l'heure où les politiques s'épuisent, où les tyranneaux prolifèrent, où les nationalismes, les intégrismes se réveillent, où la pauvreté enflamme les têtes autant que les slogans stupides et simplistes, la poésie est, d'abord et avant tout, une « arme miraculeuse » (Aimé Césaire) pour la Résistance. Totale Irrécupérable Sur tous les fronts.
Résistance contre ce qui endeuille l'être, souille, mutile, brise, l'élan de l'individu vers le « Champ des possibles », l'immense continent de la Vie encore inconnu, qui attend son Christophe Colomb. La poésie ne relève pas des dogmes établis. Elle est cet outil pour l'homme qui lui permet de prendre la mesure de sa non-finitude, de sa majesté et de son mystère émouvant et inépuisable.
Elle est le vent qui le pousse dans le dos dans sa marche à l'étoile, l'éclair qui l'arrache à l'humus pour le projeter à hauteur d'astres de plomb et de feu.
Langages, étranges copulations de mots, bouleversements de syntaxes, volontés de dialogue, énoncés du monde sensible, fouillements des ténèbres, cris d'amour, d'humour surtout « noir », enracinements dans l'errance, la glèbe ou la « big city », explosions de désespoir qui s'ouvre curieusement sur quelque innommable espérance, la poésie est aussi, dans sa plus haute condensation, germination, acte.
Acte qui implique que tout poète authentique, fut-il élégiaque et soumis aux subtils secrets métaphysiques, est un réfractaire un vrai outlaw Hölderlin, Rimbaud, Maïakovski même combat !
Poètes Solitaires. Poètes Solidaires. Jusqu'au revolver, la jambe pourrie, la raison « saccagée ».
La poésie est ce dont l'homme - même s'il l'ignore ou feint de l'ignorer - a le plus besoin pour tracer au flanc du monde la cicatrice de sa dignité. La poésie : un vertige permanent entre la lune et le gibet.
Sans Poésie - libre, follement libre - l'univers serait boule morte. La poésie aux lèvres
rouges : la potion magique pour guérir, peut-être, l'angoisse électrique de l'inconnu qui écrivit une certaine heure de fièvre sur les murs de Mai 1968 : « Y a-t-il une vie avant la mort ? »
André LAUDE
Document fourni par l'Association les Amis d'André Laude
« les voleurs de feu » de Yann Orveillon
« Albatroz » de Manuel Vaz
« Esprits nomades » de Gil Pressnitzer
« L’esprit de la chouette » de Diane Meunier
« Décharges » de Claude Vercey
« Poézibao » de Florence Trocmé
« Poésie danger » d’André Chenet
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Dans notre monde, soumis à une nouvelle barbarie, il faut nous interroger pour retrouver la mémoire et l'utopie. Ce sont elles qui veillent sur notre humanité.
Ma "belle et étrange patrie" qui a déposé une terre si fertile sur mes racines, m'a enseigné que la poésie, depuis toujours, nourrit le chant.
Et ce chant peut devenir un cri.
Aujourd'hui, la Grèce est défigurée. Les Grecs sont humiliés.
Le premier devoir d'un artiste est de témoigner de son temps. Et de résister ! "Chacun selon ses armes", disait le poète Elytis. Pour se redonner espoir et dignité.
Souvent, je me sens découragée et impuissante face à tant de malheur. Parfois, je suis même tentée de me taire.
Alors, je lis mes poètes. Leurs mots jamais ne s'oxydent à l'haleine du désespoir. Leur parole est politique et souvent prophétique.
Et voilà que l'espoir revient comme "un chant de maquisard dans la forêt des aromates". Ce cri et cet espoir vont habiter aujourd'hui mon propre chant.
Angélique Ionatos
Photo : visuel d'une soirée en tandem (ciné + débat en duo + concert) le 17 décembre dernier aux Lilas. – avec Angélique Ionatos.
Entretien avec Yannis Youlountas
Voici un débat filmé par Éric Jousse au festival d’Attac "Images mouvementées", le 24 novembre 2013 à Paris, avec Thomas Coutrot, co-président d’ATTAC et économiste atterré, et moi-même, qui RESTE COMPLÈTEMENT D’ACTUALITÉ et qui me semble UTILE, DENSE ET AGRÉABLE. Un débat fraternel, sans hypocrisie ni retenue, "entre libertaire et marxiste" (dixit Thomas) que le public a semble-t-il beaucoup apprécié, dans un esprit de convergence de luttes. Certains sujets ont fait l’objet de petites divergences de points de vue. Devinez lesquels ;) YY
"Jeudi matin ,bien installée dans un fauteuil ,buvant un thé je lance les petites vidéo.
Et là ,le temps s'arrête .
Ambiance bucolique ,herbes folles ,
des mots portés par une musique indienne ....le tout accompagné par des chants d'oiseaux qui participent à qui mieux mieux à l'harmonie de la soirée .
Je ne m'attendais pas à être prise ainsi ,dans cette atmosphère poétique .
Moment très particulier et rare .
Mes journées ne commencent généralement pas dans cette sérénité !
Forte de cette expérience ,le lendemain ,aujourd'hui vendredi ,j'organise la même mise en scène ,avec Didier qui ne savait rien de ces vidéo .
Lui ,tout de suite se focalise sur l'instrument indien qui le transporte vers Ravi Shankar qui est un de ses musiciens préférés .
Et ce matin encore la magie a opéré :
un vrai moment zen .
Pourtant à Paris nous ne sommes pas entourés de grandes herbes ,à droite à gauche nous voyons des toits en zinc qui ne sont pas particulièrement champêtres ......
Déjà pour ces deux matinées aussi bien commencées ,un grand merci!
Nous ne connaissons ni ce comédien ,ni ce musicien et nous les avons trouvés très justes dans leur interprétation .
Ce n'est pas un exercice facile d'être dans le juste ton ,d'un texte ,d'un public ,d'un lieu ...et eux deux semblent avoir réussi tout cela ,avec beaucoup de naturel .
Par ces vidéo et ces photos nous avons eu un aperçu de cette soirée qui je le comprends ,a dû vous toucher .
Vous êtes entourée de vrais amis .
En ce qui nous concerne ,Didier et moi même ,nous sommes définitivement intéressés par ce recueil bleu qui semble contenir une mise en mots à laquelle nous avons été sensibles .
Le comédien a vraiment fait vivre votre texte de façon remarquable .
Merci encore de nous avoir fait partager cette aventure poétique . "
MM
vendredi 26 juin 2015
Autre courrier reçu d'un ami d'enfance à qui j'avais envoyé le lien vers cette Soirée Poésie-Musique
Chère Françoise,
Nous venons de regarder les vidéos du 20 juin dernier et nous en sommes encore tout émus. Les deux artistes sont aussi délicats que respectueux de tes textes. Ils les portent, ils tendent les mains pour les présenter et le résultat est une atmosphère de tension poétique dont ton jardin est l'écrin. Même la présence de la chienne est bienvenue, on dirait qu'elle veut être avec toi et aussi le chant des oiseaux. Tout concourt pour faire de ce moment quelque chose d'extrêmement précieux et de doux bien que douloureux. Nous sommes heureux d'avoir été conviés à en partager le résultat et nous t'embrassons de tout cœur, ainsi que Jean-François,
Comment s'est opérée la rencontre, à première vue improbable ? Eh bien, ça commence « il était une fois » …....
J'ai rencontré Yves Petident pour la première fois, sur scène, lors du spectacle théâtral « Crosse en l'air », en hommage aux poilus de la Grande Guerre 14-18, plus précisément aux insoumis de l'année 1917. Ces soldats qui refusèrent cette boucherie sans nom, se révoltèrent, se mutinèrent, furent « déshonorés », certains exécutés pour l'exemple.
J'avais beaucoup aimé ce spectacle bouleversant et criant d'humanité et de fraternité humaine. J'en avais parlé ici, sur mon blog. Yves, l'acteur qui disait les poèmes, anonymes pour la plupart, écrits par des soldats déchirés et révoltés, m'avait particulièrement émue, tant son interprétation était criante de vérité !
Il vit mon article et me remercia.
Une amie commune nous a permis de découvrir nos œuvres poétiques respectives. En effet, Yves est également poète !
Au fil des jours, a germé l'idée de mettre en musique quelques poèmes de mon recueil « L'Âme des marées ». Les jours, les semaines passèrent. Yves travailla seul de son côté. J'ignorais tout, de la musique composée, du choix des poèmes.
Lorsque nous abordâmes le lieu de ce récital Poésie-Musique, je proposai mon jardin pour une « première » inédite. Ce jardin qui porte mes empreintes et que j'ai cultivé au fil des années, comme je cultive les mots. Un jardin poétique.
Enfin, nous arrêtâmes la date : 20 juin 2015 ! Veille du Solstice d'été et de la Fête de la Musique, quand les soirées sont longues et belles.
Yves m'annonça une surprise... mais « chut, je n'en dis pas plus ! »
Cette surprise.... quelle surprise, lorsque je vis arriver Merry Benoit , accompagné de son merveilleux et précieux instrument : un sitar tout droit arrivé de Pondichéry ! L'objet est en soi un véritable bijou, une œuvre d'art rarissime. Quant à ses sonorités, elles nous font voyager loin, aux côtés de Ravi Shankar....
Et d'autres percussions indiennes mystérieuses et magiques.
Merry Benoit essentiellement compositeur de musique électronique est attiré, passionné par l'Inde, sa musique, sa culture, sa philosophie de Vie.
Il est actuellement régisseur du Silex d'Auxerre, salle de musiques actuelles très réputée.
Et maintenant, la Soirée Poésie-Musique peut commencer !
D'abord, installer les musiciens, trouver la "scène" idéale ! Protéger le sitar de l'humidité.
Avec Merry, nous parlons de cet instrument si beau et précieux. Comment il voyagea de Pondichéry à la France après de nombreux détours !
Yves s'affaire aux derniers branchements... les invités devraient bientôt arriver !
Quelques accords, quelques essais.... J'accueille les invités, et le spectacle commence !
Yves présente notre projet et ce spectacle pour lui et Merry, totalement inédit
Ils commencent par deux poèmes qui me tiennent à coeur. Je sens l'émotion m'envahir...
Je découvre comme chaque invité, les poèmes choisis par Yves
Nos invités de part et d'autres étaient tous là, fidèles au rendez-vous, à quelques exceptions près. J'ai bien sûr regretté l'absence de Laurence Gemble, amie de longue date, pianiste classique qui accompagne Yves dans "Crosse en l'air". J'ai regretté aussi que Dominique G, ma voisine et amie de toujours, n'ait pu se rendre disponible. Juin est un mois qui appelle plusieurs d'entre nous à des engagements nombreux.
Beaucoup d'attention, d'émotion, tant mes mots s'envolaient portés par la voix du conteur et la musique qui l'accompagnait. Il m'a semblé revivre l'instant où ces mots sortaient de mon coeur brûlant de douleur et d'amour. Mais tant de bonheur aussi de pouvoir les partager !
Nous aurions pu écouter encore et encore ces deux artistes ! Et le pot de l'amitié fut un prolongement si chaleureux... en harmonie avec les senteurs des roses ou du chèvrefeuille. Les oiseaux qui toute la soirée venaient survoler la scène et siffloter pour nous.
De belles rencontres, des découvertes... Laurent, le poète ou Loïc, le dessinateur, dont je parlerai bientôt ici. Tous heureux de sabrer le champagne, en plaisantant et apprenant à se connaître.
Ma petite Justine s'activant ici ou là, partant à l'aventure dans ce jardin
qu'elle connaît si bien.
Les plus proches sont restés très tard, je me souvenais alors d'anciennes soirées d'été... Un petit prince aux boucles blondes, aux yeux rieurs...
F.Ruban
le 21 juin 2015
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On vous dit... on vous croit
en une bulle prisonniers
des écrans tactiles petits poucets
Casquettes et crânes rasés vous surfez
rappeurs ou rockers aux abois
aux arias tournant le dos
pour vous tremolos de divas
pas du tout rigolos
Jeunes gens
On vous dit ... on vous croit
à vos racines à vos ancêtres étrangers __ quand
simplement pudiques et réservés
Au-delà d'une bannière revendiquée
votre cœur votre âme __ Ô combien humaine
votre timide et tendre bienveillance
plus vraie plus sincère __ loin
des élans convenus des paroles obligées
Jeunes gens
On vous dit ... on vous croit
impénitents rêveurs __ Pourtant __ j'ai vu
vos sourires aux yeux baissés
votre bras protecteur entourant mon épaule
en silence la serrant
discrète présence
Comment imaginer plus authentique compassion
plus lumineux Amour
Jeunes gens
__ Ce jour-là
votre sobre élégance
votre regard habillé de noir
ont su dire __ beaucoup mieux que tous les bavards discours
On vous dit … on vous croit
Derrière les apparences
Je crois
Je vous dis
Parfois, tout au fond d'un tiroir, je retrouve quelques mots griffonnés, abandonnés là. En voici un exemple... Début de poème écrit en pensant à toi. Il y a combien de temps ? Je l'ignore. L'ai-je retravaillé ? Nulle réponse, aucune certitude. Le retrouver m'a émue aux larmes. Si la date m'échappe, je retrouve des sensations, des émotions, que je connais si bien.
Aujourd'hui, persuadée qu'il n'est pas revenu par hasard, j'ai envie de le laisser s'envoler. De le laisser vivre sa vie de fragment improbable, témoin de mes nuits d'insomnie, de mes aubes éblouissantes. FR
Dans la pénombre du jour naissant
Recroquevillée sous le vent en rafales ___ dehors
et les flammes brûlantes dedans
Je songe à ce fil
si rouge parfois si noir
ce fil qui me relie à toi
L'ai-je imaginé
avec les fibres de mon coeur tissé
Frapper aux vitres du Ciel
comme frappent mes doigts sur le clavier
symbole de ma quête
Interroger le Cosmos cet Infini ____ si proche
Lune à portée de mes paumes
Les mots dessinent tes contours
créent l'Amour
créent le Monde
A certaines heures propices
quand le soleil ferme la nuit
que le ciel épouse la terre
quand la lune autre empreinte de la Vie
prend les lueurs du soleil
que la Nuit noire a avalé
la terre engloutie de ténèbres
Début ou fin du monde
Quand le Ciel est vide
Mon coeur se nourrit de toi
taire dissimuler oublier ____ le pourrai-je
Essayer __ Ne plus jamais penser à ces visages émaciés ces dalles de granit ces fleurs déposées
Je _______________ Voeu
de la blanche noirceur de mes nuits
chasser tant de cauchemars __ Bête traquée
je hurle menacée pourchassée
Danse infernale d'idées sombres incrustées
en mon esprit et mon cœur meurtri
Je ________________ Voeu
ne plus réprimer refouler transcender __ autant dire
nier renier abandonner mes désirs brûlants mes folles passions mes rêves perdus dans la galaxie
Je _________________ Voeu
laisser le soleil lécher de sa caresse
ma peau assoiffée
fermer les yeux sur le plaisir
inviter les plus tendres souvenirs
sensualité libérée ___ hors d'ici Thanatos !
m'enivrer de la douceur parfumée
comme si c'était le dernier été
Je __________________ Voeu
transgresser les codes __ Ne plus être
ce que l'on attend __ Oser __ Dire aux donneurs de leçons aux bons citoyens aux beaux parleurs
Paco Ibáñez 2008- Poetas andaluces
CD1
01 Déjame en paz, amor tirano (Góngora)
02 La más bella niña (Góngora)
03 Y ríase la gente (Góngora)
04 Que se nos va la pascua, mozas (Góngora)
05 Quién quiere un juguete (Góngora)
06 Bien puede ser, no puede ser (Góngora)
07 No te pude ver (Lorca)
08 Canción de jinete (Lorca)
09 Córdoba (Lorca)
10 La romería (Lorca)
11 Pero tú has de venir (Lorca)
12 Romance de la luna, luna (Lorca)
13 Yo vuelvo por mis alas (Lorca)
14 Mi niña se fue a la mar (Lorca)
CD2
01 Tus ojos me recuerdan (Machado)
02 Era un niño que soñaba (Machado)
03 Volverán las oscuras golondrinas (Bécquer)
04 Andaluces de Jaén (M. Hernández)
05 Balada del que nunca fue a granada (Alberti)
06 Nocturno (Alberti)
07 Muelle del reloj (Alberti)
08 Un español habla de su tierra (Cernuda)
09 El prisionero (Cernuda)
10 El rey Almutamid (Fanny Rubio)