mardi 31 octobre 2017

Emission sur le Poète kurde Seyhmus Dagtekin (France Inter)

D'ICI ET D'AILLEURS



"Ce soir il sera question des montagnes du Kurdistan, du bruissement des arbres, et d’un monde d’avant le livre. Il sera question de territoire ouvert, d’horizon et de lignes de fuite, ce soir il sera question d’un berger qui a lu Joyce et Dostoievski, le pied gauche au village, le pied droit dans l’univers."

Zoé Varier

29 octobre 2016









Seyhmus Dagtekin © E. Tatlipinar


France Inter


dimanche 29 octobre 2017

Pensée du soir, fruban

Pensée du soir


Pas facile d'oser un tout petit pas
dans le monde de ceux qui savent
le vrai savoir
la beauté belle
l'art et ses normes

Pas facile d'oser un tout petit mot
dans le monde de ceux qui discourent
des sujets dignes
des ponctuations nobles
des vers vraiment vers

Pas facile d'oser une toute petite liberté
dans le monde de ceux qui emprisonnent
la parole du coeur
les émotions du ventre
l'amour de la Vie

Pas facile de fuir les salons mondains
quand on aime les sentiers discrets
l'ombre du feuillage
les reflets et les caresses du soleil
les étoiles au ciel des nuits

Non pas facile
Mais je le fais
Je le ferai
Pour Toi
Pour Moi


27 octobre 2016 - 27 octobre 2017

© fruban



photo fruban


lundi 16 octobre 2017

Prisonnière, poème de fruban




« Nous ne sommes rien, ce que nous cherchons est tout »
Olav H.Hauge
cité dans la Préface de « Nord profond » (éd Bleu autour)



Prisonnière



Prisonnière des murs de pierres
Prisonnière des ciels gris des murs de pluie
Sur tes écrits tu te replies
Si la Nature se montre parfois hostile
Il est des prisons plus impitoyables
Emmurée par les cœurs de pierre
Tu te bats pour trouver la lumière

La cohorte des revanchards charognards se déchaînent et t'encerclent

Chaque matin je te regarde mon amie
l'araignée tisseuse de toiles
Je te parle de mes nuits
Je te dis les hommes et leurs mesquineries
Je souris avec toi de nos secrets
Nos cœurs battent au rythme du monde
au rythme d'une absence si présente

Les feuillages enflammés ruissellent en perles d'or sur la pluie d'hier

Les poètes vendent leur cœur
Comme d'autres vendent des Mirages
Tout est marché tout est commerce
Ô écrire pour le Silence écrire pour l'Absence
Ne pas vendre ton âme au diable
Maître Ego se pavane sur les réseaux
Et toi tu te sens prisonnière

Nous savons toi et moi les mots simples
les mots profonds
Ce poète norvégien entre taille de cerisiers
et carnets de poésie
Les mots de la Vie de l'Amour de la Nature
de la Beauté du monde

« Je veux qu'un poème soit tel que tu puisses habiter dedans »(1) 


© fruban, le 14 octobre 2017

Tous droits réservés
recueil en cours

(1) Olav H.Hauge, cité dans la Préface de « Nord profond »




© photo fruban



dimanche 15 octobre 2017

Sylvia Plath, par Valérie Rouzeau (France Culture)








Ca rime à quoi - Valérie Rouzeau pour Sylvia Plath (1ère diffusion : 31/10/2009)

09/10/2017















Sur Esprits nomades



Edge (5 Février 1963)

The woman is perfected.
Her dead
Body wears the smile of accomplishment,
The illusion of a Greek necessity
Flows in the scrolls of her toga,
Her bare
Feet seem to be saying:
We have come so far, it is over.
Each dead child coiled, a white serpent,
One at each little
Pitcher of milk, now empty.
She has folded
Them back into her body as petals
Of a rose close when the garden
Stiffens and odors bleed
From the sweet, deep throats of the night flower.
The moon has nothing to be sad about,
Staring from her hood of bone.
She is used to this sort of thing.
Her blacks crackle and drag.

Tout au bord (poème ultime)

La femme s'est accomplie
son corps mort

porte le sourire de l'accomplissement
l'illusion d'une obligation grecque
coule dans les rouleaux de sa toge

Ses nus
pieds semblent vouloir dire:
Nous sommes arrivés si loin, tout est fini.

Chaque enfant mort est enroulé, un serpent blanc,
Près de chacun une cruche de lait
maintenant vide.

Elle les a repliés contre son corps
comme les pétales
d'une rose refermée quand le jardin
se fige et que les parfums saignent
des douces, profondes, gorges de la fleur de la nuit.

La lune n'a pas à s'en désoler,
fixant le tout de sa cagoule d'os.
Elle a tant l'habitude de cela.
Sa noirceur crépite et se traîne.







jeudi 12 octobre 2017

Poème de Pablo Neruda, in, Mémorial de l'Île Noire




Et ce fut à cet âge... La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d'où
elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas
des mots, ni le silence:
d'une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.

Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j'écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l'ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l'univers.

Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l'instar, à l'image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l'abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon coeur se dénoua dans le vent.


Pablo Neruda, Mémorial de l'île Noire, 1964


L'Ile-Noire, la maison de Pablo Neruda au bord de l'océan


"Il me fallait trouver un endroit où travailler. Je découvris une maison de pierre donnant sur l'océan, dans un endroit ignoré de tous, appelé l'Ile-Noire. Le propriétaire, un vieux socialiste espagnol, capitaine de vaisseau, don Eladio Sobrino, la faisait construire pour sa famille mais voulut bien me la vendre. Comment l'acheter ? Je confiai mon projet de Chant général aux éditions Ercilla, qui publiaient alors mes oeuvres, mais on repoussa ma proposition. Finalement, avec l'appui d'autres éditeurs, qui payèrent directement le propriétaire, je pus acheter en 1939 ma maison de travail." ( "J'avoue que j'ai vécu", 1975 )








© Maison de Neruda sur la Isla Negra

Cette photo vient du site Maisons d'écrivains
On peut visiter cette maison (nombreuses photos)

lundi 2 octobre 2017

Toi si petite, poème de fruban




                                           Toi si petite


Je te revois toute petite presque timide
Ce jour de janvier ce jour de deuil
Nos chemins s'étaient séparés
depuis longtemps déjà
Je devais être forte pour lui
et toi tu me fragilisais

Tant d'années de secrets enfouis
de mensonges de malentendus
Tu ne m'aimais plus  __  triste et fière
je le vivais ainsi
Ne plus entendre tes paroles venimeuses
Je sais maintenant que toi aussi tu étais malheureuse

Ce soir vois-tu c'est ton image
qui me revient qui me hante
Toi si seule dans cette église
où tu ne m'as pas regardée
Toi si petite si fragile et moi bien trop fière
Il était trop tard beaucoup trop tard

Certains secrets conduisent à la folie
Je devais t'échapper ne plus pleurer
Ne plus m'interroger ne plus te chercher
Simplement m'enfuir construire ma vie
Et j'ai cru que cet amour là
pouvait s'oublier

Et puis je te revis toute petite toute fragile
Sur un lit d'hôpital
J'ai caressé tes mains ton visage
/ Maman je suis là /
Tu partis dans la nuit
Notre histoire était finie

Je le croyais...


© fruban
02 octobre 2017


Tous droits réservés


Gustav Klimt, 1909
photo du Net


vendredi 29 septembre 2017

Arlequin est mort aujourd'hui, poème de Cristian Ronsmans



Arlequin est mort aujourd'hui




Aujourd’hui, après un dernier verre de vin rouge, Arlequin s’en est allé.
Arlequin est mort, aujourd’hui.
Il n’a fait ses adieux à personne. Pas même à son meilleur comparse et ami, Brighella.
Il ne voulait pas d’un salut, comme ceux, qu’après une bonne farce, il répéta des milliers de fois sur les tréteaux de Messine ou de Venise.
Il est parti, presque en s’excusant d’être venu.
Usé, sa chair et ses os ont quitté l’arc-en-ciel de son costume kaléidoscopique,
Une dépouille pantelante gît sur le sol dans une mare de deuil.
Il sait qu’un monde, le sien, s’achève, et il ne regrette rien.
Il a fait ce qu’il avait à faire. Peut-être ?
Dans le magasin des souvenirs du théâtre, il sait qu’avec le temps, son déguisement, son masque bosselé, son calot informe et sa batte menaçante n’auront plus aucun message à délivrer. Et de toute façon, personne pour les décrypter.
Arlequin est mort aujourd’hui.
Il ne va rejoindre personne. Car il n’y a personne. Les étoiles ne sont que pour les vivants, qu’elles soient mortes ou filantes. Les morts ne voient pas les étoiles ne deviennent pas étoiles et ne sont même pas un grain de poussière.
Alors, lui, Arlequin,il part. Il part dans le grand sommeil éternel et infini du néant.
Le néant qui ne signifie rien. Pas plus que le vide ou le rien ne signifient quoi que ce soit.
Arlequin est mort aujourd’hui.
Que la fête commence !

© Cristian Ronsmans

le 29 septembre 2017


Tous droits réservés







Picasso, Arlequin penchant (1916)
photo du Net

mardi 26 septembre 2017

Un voeu, poème fruban


                                           Un voeu
           


Je veux

taire dissimuler oublier ____  le pourrai-je
Essayer.  Ne plus jamais penser à
     ces visages émaciés
     ces dalles de granit
     ces fleurs déposées


Je veux

de la blanche noirceur de mes nuits
chasser tant de cauchemars  __  Bête traquée
je hurle menacée pourchassée
Danse infernale d'idées sombres incrustées
en mon esprit et mon cœur meurtri


Je veux

ne plus réprimer refouler transcender  __  autant dire
nier renier abandonner
      mes désirs brûlants
      mes folles passions
      mes rêves perdus dans la galaxie


Je veux

laisser le soleil lécher de sa caresse
ma peau assoiffée
fermer les yeux sur le plaisir
inviter les plus tendres souvenirs
sensualité libérée  ___  hors d'ici Thanatos !
m'enivrer de la douceur parfumée
comme si c'était le dernier été


Je veux

transgresser les codes  __   Ne plus être
ce que l'on attend
__  Oser
__  Dire
       aux donneurs de leçons
       aux bons citoyens
       aux beaux parleurs

              Non



© fruban

le 8 juin 2015

Tous droits réservés
recueil en cours



© photo fruban

samedi 23 septembre 2017

Asli Erdogan, invitée à La Grande Librairie







La Grande Librairie, jeudi 21 septembre 2017



Placée sous le signe de la désobéissance civile, La Grande Librairie accueille la journaliste et écrivaine turque Aslı Erdoğan. Pour la première fois elle revient sur ses plus de quatre mois d’incarcération en 2016 pour délit d’opinions. Un témoignage poignant qu'elle publie aux éditions Actes Sud et qui s'intitule « Le silence même n'est plus à toi ».





vendredi 22 septembre 2017

Article de Cristina Castello, Chorégraphie de cendres


Ma grande amie Cristina Castello, poète et journaliste argentine, une fois encore, me fait l'immense plaisir et le grand honneur, d'écrire sur "Chorégraphie de cendres" (2017).
Déjà en 2014, elle avait écrit sur "L'Âme des marées", publié ici sur ce blog.
Je suis émue et touchée. Dans ce monde d'indifférence, de violence, l'Amitié existe encore.
J'en profite pour remercier mes nombreux lecteurs, les amis fidèles qui m'accompagnent.
Pour commander ce recueil ou le précédent, vous pouvez vous adresser à l'auteure ou à la maison d'édition (liens ci-dessous)
Françoise Ruban, le 21 septembre 2017



Publié sur le blog de Cristina Castello 








«Coreografía de Cenizas», poemario de Françoise Ruban, por Cristina Castello


Cristina Castello, Periodista y escritora franco argentina : «Coreografía de Cenizas», poemario de Françoise Ru...:

La siempre resurrección 

 Todo cambió, cambió completamente: 
 Ha nacido una belleza terrible  

William Butler Yeats      



 «Coreografía de Cenizas» es  un alegato contra todo lo que mata la vida.
Es resistencia, en el corazón de la hecatombe que se sacude la Tierra.
Resistencia como la de Prometeo ante el suplicio.
Suplicio de madre: dolor seco, dolor animal, llanto de Dios.
Por Fabrice, el hijo que partió en 2009 hacia una estrella.
Fabrice y Françoise, no sólo madre e hijo, sino dos identidades en comunión:



«Miro el cielo
nubes movedizas fugaces _____ estirándose
sinfonía inacabada
azules y blancos zozobrados
cuando resuenan estos grises que me ensordecen
Busco
un sentido a esta existencia
insensata cadencia»

«Coreografía de Cenizas»  no es un canto a la  desdicha: aún en las estrofas más dolorosas, titila la savia vital. Poesía en «línea recta»,  que se vuelve elipse, curva, espiral, giro, en el seno mismo de las regurgitaciones del odio de los criminales del mundo:

«Denunciar el odio la guerra mortífera
El poeta considerado loco o rebelde
tiene orden de callarse
se lo condena a hacer danzar indolencia y ligereza 
por los tiranos coreografía impuesta
danza macabra para la Musa abandonada»


Belleza terrible y terrible Belleza.
Asombro, ira, espanto, cuando las sirenas aúllan más crímenes; o cuando la rabia del planeta estalla a causa de los tarascones del hombre. No es fácil, por cierto, para nuestra poeta de manos abiertas al amor, aceptar que «eso» es –también- la «condición humana».
Y quizás esa es la razón de la  siempre resurrección:

«Et pourtant... vivre  /Y sin embargo… vivir».

Muerte y resurrección. sí.
Cada página es un estilete que  rasga la negrura: el horror.
Porque  también, el océano y sus oleajes; la música, la pintura y las artes todas.
Porque también la Natura de capullos amanecidos; también y sobre todo, el sentido de la vida como hecho trascendente; y también dioses griegos y  artistas y  geografías; y fanatismos y  Abel y Caín... y el perdón y la compasión.
La tensión entre lo material y el Azul. Entre lo pedestre y lo sublime; entre finitud y Absoluto...
Todo alcanza sus cumbres y sus abismos casi simultáneamente; y tanto la terrible belleza como la belleza terrible, están amparadas por una gran ternura:

«A lo largo de las estaciones del cielo
escucho titilar la Vía láctea
estrellas chispeantes de un ballet lunar interestelar
Luna luna de todos los astros el más misterioso
recoges los llantos de la ausencia
inspiras a los amantes las emociones más tiernas
y eres Musa para los poetas
Te decimos a veces maléfica __ Yo que busco
te sé confidente de mis noches»

Muerte y siempre resurrecciónm sí.
Síntesis de los contrarios, puerta que se abre y puerta que se cierra.
Lo inasible y lo vacuo.
El poder y la carencia de los seres arrancados de toda forma de existencia digna.
Vida que quiere vida y muerte que siembra muerte: Siria, Irak, Grecia, Afganistán… la France:
«… En los albores fue Charlie /En el crepúsculo que enrojecía fue Bataclan/ La sangre derramada…». La peste brune:

«La tierra chorrea rojo por la sangre derramada en las calles
En Europa ______ en Francia sobre todo
el fascismo estalla en olas azul marino
sobre nuestras dunas frágiles»

«¿Qué es una hoja de papel?/ Es algo que no puedes dar vuelta/Hasta no sacar la última línea de ti mismo», dice una poesía rusa de autor anónimo.
Bienvenido «Coreografía de cenizas», batalla entre Eros y Thánatos, que se resuelve en una fe final en el destino.
 Es la última línea del alma de Françoise Ruban.

«Celebrar el amanecer
destellos magos del alba
instante de amor y de paz
Las palabras cantan»

Cristina Castello
                                          (Para el texto y traducción de extractos de poemas)
«Chorégraphie de cendres»
Françoise Ruban, poeta francesa
Idioma : francés
Blog de Françoise Ruban
©maquettes by association gens du monde
 Éditeur : Gens du monde (association loi 1901)

livres à commander
ISBN 978-2-919521-38-8
SIRET : 521 903 294 000 10
©Droits réservés éditions épingle à nourrice
 15 €



Traduction en français





« Chorégraphie de cendres », poèmes de Françoise Ruban, par Cristina Castello



Toujours la résurrection

« Tout est changé, changé du tout au tout :
Une beauté terrible est née »

William Butler Yeats


  « Chorégraphie de cendres » est une plaidoirie contre tout ce qui tue la vie.
C'est résistance, au cœur de l'hécatombe qui secoue la Terre.
La résistance comme celle de Prométhée face au  supplice.
Supplice de mère :
Douleur sèche
Douleur animale
Pleur de la Divinité
Pour Fabrice, le fils qui est parti en 2009 vers une étoile.
Fabrice et Françoise, non pas seulement une mère et un fils, mais deux identités en communion :




« Je regarde le ciel
nuages mouvants filants _____ s'étirant
symphonie inachevée
bleus et blancs chavirés
quand retentissent ces gris qui m'assourdissent
Je cherche
Un sens à cette existence
insensée cadence »

« Chorégraphie de cendres » n'est pas un chant au malheur puisque dans les strophes les plus douloureuses, scintille la sève vitale.
Poésie en « ligne droite » qui devient ellipse, courbe, spirale, tour, au sein même des régurgitations de la haine des criminels du monde :


« Dénoncer la haine la guerre meurtrière
Le poète jugé fou ou rebelle
a ordre de se taire
on le condamne à faire danser insouciance et légèreté
par les tyrans chorégraphie imposée
danse macabre pour la Muse esseulée »


Beauté terrible et terrible Beauté.

Étonnement, fureur, quand les sirènes hurlent aux crimes; ou quand la rage de la planète éclate à cause des morsures de l'homme. Ce n’est certes pas facile  pour notre poète aux mains ouvertes à l'amour, d’accepter que «cela» soit- aussi - la «condition humaine».
Et peut-être est-ce  la raison de toujours de la  résurrection :
«Et pourtant... vivre  »

Mort et résurrection, oui.

Chaque page est un stylet qui déchire la noirceur : l'horreur.
Parce qu'il y a aussi, l'océan et ses déferlantes; la musique, la peinture et les arts.
Parce que il y a aussi la Nature des cocons s’éveillant ; mais  aussi et surtout, le sens de la vie comme une transcendance;  mais encore  des dieux grecs, des artistes et des géographies; et le fanatisme et Abel et Caïn ... et le pardon et la compassion.
La tension entre le prosaïque et l’Azur. Entre le terre à terre et le sublime; entre la finitude et Absolu...
Tout atteint ses sommets et ses abîmes presque simultanément;  Beauté terrible et  terrible Beauté, sont protégées par une grande tendresse:


« Au fil des saisons du ciel
j'écoute scintiller la Voie lactée
étoiles pétillantes d'un ballet lunaire interstellaire
Luna luna de tous les astres la plus mystérieuse
tu recueilles les pleurs de l'absence
tu inspires aux amants les plus tendres émotions
et des poètes tu deviens Muse
On te dit parfois maléfique __ Moi qui cherche
je te sais de mes nuits confidente »

Mort et résurrection, oui.

Synthèse des contraires, porte qui s’ouvre et porte qui se ferme.
L’insaisissable et le profane …
Le Pouvoir et la carence d’êtres arrachés de toute forme d'existence digne.
Vie qui appelle la vie et mort qui sème la mort : Syrie, Irak, Grèce, Afghanistan… En France : «…A l'orée il y eut Charlie/Au crépuscule rougeoyant ce fut le Bataclan/
Le sang déversé…». La peste brune:

«  la terre ruissela rouge du sang répandu par les rues
En Europe ______ en France surtout
la peste brune déferle en vagues bleu marine
sur nos fragiles dunes »

« Qu'est-ce que  une feuille de papier ? / C'est quelque chose que tu ne peux pas tourner/jusqu’à  en  tirer la dernière ligne de toi même », dit une poésie russe d'auteur anonyme.
Bienvenu  «Chorégraphie de cendres», bataille entre Éros et Thanatos, qui se résout par la foi finale en une destinée.
C'est la dernière ligne de l'âme de Françoise Ruban

« Célébrer le point du jour
lueurs magiciennes de l'aube
instant d'amour et de paix
Les mots chantent »

Cristina Castello, 21/09/2017
 «Chorégraphie de cendres»
Françoise Ruban 
Blog de Françoise Ruban
©maquettes by association gens du monde
 Éditeur : Gens du monde(association loi 1901)
ISBN 978-2-919521-38-8
SIRET : 521 903 294 000 10
©Droits réservés éditions épingle à nourrice
 15 €