mardi 26 décembre 2017

Lettre de Paul Eluard à Joë Bousquet




20 décembre 1928

Mon cher ami,

Noël ? Je hais Noël, la pire des fêtes, celle qui veut faire croire aux hommes « qu’il y a quelque chose DE MIEUX sur la terre », toute la cochonnerie des divins enfants, des messes de suif, de stuc et de fumier, des congratulations réciproques, des embrassades des poux à sang froid sous le gui. Je hais les marchands de cochon et d’hosties, leur charcuterie, leur mine réjouie. La neige de ce jour-là est un mensonge, la musique des cloches est crasseuse, bonne au cou des vaches. Je hais toutes les fêtes parce qu’elles m’ont obligé à sourire sans conviction, à rire comme un singe, à ne pas croire, à ne pas croire possible la joie constante de ceux que j’aime. Le bonheur leur est une surprise.

Et puis, votre lettre me désole. Comment n’avez-vous pas pu vous procurer les disques que je vous indiquais. N’importe quelle maison un peu moderne de disques de Marseille, de Paris, vous les procurerait en quelques jours. Et j’y tenais tant. Enfin, dites-moi tout de suite si je dois vous les faire envoyer par des amis ? Si votre gros Dumont s’adresse à ses fournisseurs habituels, il est peu probable qu’on les lui procure. Il y a partout, dans les Cahiers du Sud, N.R.F., Variétés, etc., des annonces de marchands « à la page », comme on dit.

Mais je dois avoir ces jours-ci la visite d’une amie très au courant de ce genre de recherches et qui m’est très dévouée. Elle sera sûrement très heureuse de vous les trouver tous. Et très vite. Sinon, vous allez vous ruiner en achats au petit bonheur. Tous les petits marchands à la Dumont tiennent à se débarrasser de leur stock et laissent en panne, intentionnellement, les nouvelles commandes.

J’ai eu la visite ces jours-ci de Arp et de Max Ernst. Entendu pour votre tableau. Nelli m’a écrit. Il fait un froid solide.

Vous ne me dites pas si vous avez Les Malheurs des Immortels. Chantiers est bien long à paraître. J’en suis fort curieux.

Croyez-moi très affectueusement vôtre,

Paul ELUARD.

(En marge de la première page) :

Pourquoi faut-il que la joie des enfants soit pour ce jour-là et souvent ce jour-là seulement et souvent jamais.

Paul Eluard
in, Lettres à Joë Bousquet
Les Editeurs Français Réunis (1973)



Paul Eluard
photo du Net



samedi 23 décembre 2017

Complainte de Vincent, Jacques Prévert



Complainte de Vincent

à Paul Eluard



 A Arles où roule le Rhône

Dans l'atroce lumière de midi

Un homme de phosphore et de sang

Pousse une obsédante plainte

Comme une femme qui fait son enfant

Et le linge devient rouge

Et l'homme s'enfuit en hurlant

Pourchassé par le soleil

Un soleil d'un jaune strident

Au bordel tout près du Rhône

L'homme arrive comme un roi mage

Avec son absurde présent

Il a le regard bleu et doux

Le vrai regard lucide et fou

De ceux qui donnent tout à la vie

De ceux qui ne sont pas jaloux

Et montre à la pauvre enfant

Son oreille couchée dans le linge

Et elle pleure sans rien comprendre

Songeant à de tristes présages

Et regarde sans oser le prendre

L'affreux et tendre coquillage

Où les plaintes de l'amour mort

Et les voix inhumaines de l'art

Se mêlent aux murmures de la mer

Et vont mourir sur le carrelage

Dans la chambre où l'édredon rouge

D'un rouge soudain éclatant

Mélange ce rouge si rouge

Au sang bien plus rouge encore

De Vincent à demi mort

Et sage comme l'image même

De la misère et de l'amour

L'enfant nue toute seule sans âge

Regarde le pauvre Vincent

Foudroyé par son propre orage

Qui s'écroule sur le carreau

Couché dans son plus beau tableau

Et l'orage s'en va calmé indifférent

En roulant devant lui ses grands tonneaux de sang

L'éblouissant orage du génie de Vincent

Et Vincent reste là dormant rêvant râlant

Et le soleil au-dessus du bordel

Comme une orange folle dans un désert sans nom

Le soleil sur Arles

En hurlant tourne en rond.


Jacques PRÉVERT

in, Paroles, 1946




Van Gogh, autoportrait




jeudi 21 décembre 2017

Désir / Deseo, de Federico Garcia Lorca





Désir

Rien que ton coeur brûlant,
Rien d’autre.

Mon paradis: un champ
Sans rossignols
Ni lyres,
Avec une fontaine
Et un filet d’eau vive.

Pas de vent qui éperonne
Les frondaisons
Ni d’étoile qui veuille
Se faire feuille.

Un jour immense
Y serait
Le ver luisant
D’un autre jour
Dans un champ de
Regards brisés.

Lumineux repos
Où tous nos baisers,
Grains de beauté sonores
De l’écho,
Iraient là-bas éclore.

Et ton coeur brûlant,
Rien d'autre.

Federico Garcia Lorca




Version originale




Deseo

Sólo tu corazón caliente,
Y nada más.

Mi paraíso, un campo
Sin ruiseñor
Ni liras,
Con un río discreto
Y una fuentecilla.

Sin la espuela del viento
Sobre la fronda,
Ni la estrella que quiere
Ser hoja.

Una enorme luz
Que fuera
Luciérnaga
De otra,
En un campo de
Miradas rotas.

Un reposo claro
Y allí nuestros besos,
Lunares sonoros
Del eco,
Se abrirían muy lejos.

Y tu corazón caliente,
Nada más.

Federico Garcia Lorca



Federico Garcia Lorca
photo du Net

mardi 19 décembre 2017

Des barreaux d'hier à l'éternité demain, poème fruban




Vivre c'est survivre à un enfant mort

  Jean Genet
in, Journal du voleur




Des barreaux d'hier à l'éternité demain




Il est étrange comme les mots font voyager
Entre le bleu de la Grèce la beauté de son alphabet
les barreaux de ta fenêtre ton soleil jaune
Une coïncidence devint vite connivence
Toujours ce fil qui relie deux esprits
A l'instant même j'eus le désir de t'offrir
le poème de Verlaine – Colloque sentimental -
Un déclic une impulsion subite
De barreaux en prisonniers
Me voici ici sous les nuages gris devant la page vierge

Je sais qu'au-delà de l'éternité nous continuerons 
à bavarder à rire comme ces deux spectres
Jamais je ne lâcherai ta main

Des milliers des millions de prisonniers
derrière les barreaux rêvent de s'évader
Barreaux des prisons barreaux de la Vie
Ce jour-là deux se sont croisés
Deux poètes blessés par l'Amour meurtris par la Vie
un troisième les a vite rejoints
Ce fut le rendez-vous des « poètes maudits »
Réunis tous les trois au mitan de nos plumes
Journal du voleur1 ou Voleur de poules1
Rebelles de petits ou grands chemins

Verlaine avait plaisir à dire que les barreaux 
à la fenêtre de sa geôle étaient en bois
Ce qui est vrai  __   l'anecdote est délicieuse

Ils s'appellent Paul Jean ou Roger
Tous les trois réunis là-haut -  tu sais
Trois spectres qui tiennent colloque
et qui se marrent de toute cette rigolade
dégoulinante  __  Fêtes de fin d'année qu'ils disent
Tandis que s'affairent les marchands du temple
Je sais qu'un jour nous les rejoindrons
et nous regarderons s'agiter les pantins
et nous rirons comme des fous.


© fruban

19 décembre 2017

Tous droits réservés

travail en cours

Journal du voleur, Jean Genet
   Voleur de poules, Roger Knobelpiess





Colloque sentimental


Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne?
- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non.

Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.


                                                     Paul Verlaine




Jean GENET

Roger KNOBELSPIESS


Photos du Net



lundi 18 décembre 2017

Poèmes , Denis Tellier

J'ai une fenêtre sur cour
qui me donne du gris
un gris pas comme les autres
un gris comme aujourd'hui
le soleil jaune est plus loin
il ne vient jamais par ici
il a peur de colorier mon gris
il a peur de donner de l'ombre
aux barreaux de ma fenêtre
et à ceux de mon lit
il a peur d'éclairer ma cellule
et la plume de mes écrits

                                   à Jean Genet

© Denis T

photo Denis T
manuscrit




Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara
Non non je n'écrirai plus dromadaire     à l'envers c'est trop long le Sahara


© Denis T

Tous droits réservés



photo Denis T
manuscrit
décembre 2017


J'ajoute cette superbe collaboration entre un poète et une plasticienne, Denis Tellier et Anne-Marie Donain-Bonave



© Oeuvre Anne-Marie Donaint-Bonave
Tous droits réservés

le 26 décembre 2017







dimanche 17 décembre 2017

Octavio Paz, Pierre de soleil (extraits)





... Un saule de cristal, un peuplier d'eau,

Un haut jet d'eau arqué par le vent,

Un arbre bien planté quoique dansant,

un cheminement de rivière qui s'incurve,

avance, recule, vire et arrive toujours:

une démarche paisible d'étoile

ou de printemps sans hâte.



Eau avec les paupières fermées

dont sourdent toute la nuit des prophéties,

présence unanime en houle,

vague après vague jusqu'à tout recouvrir.

verte souveraineté sans crépuscule

comme l'éblouissement des ailes

lorsqu'elles s'ouvrent en plein ciel.



Une présence comme un chant soudain,

comme le vent chantant dans l'incendie,

un regard qui maintient suspendu

le monde avec ses mers et ses montagnes.



Corps de lumière filtré par une agate,

jambes de lumière, ventre de lumière,

baies, roc solaire, corps couleur de nuage,

couleur de jour rapide qui saute,

l'heure scintille et prend corps,

le monde est maintenant visible dans ton corps,

il est transparent dans ta transparence.



Je vais entre des galeries de sons,

Je flue entre les présences résonnantes,

comme un aveugle je vais à travers les transparences, un reflet m'efface,

je nais dans un autre,

ô forêt de piliers enchantés,

sous les arcs de lumière je pénètre

dans les corridors d'un automne diaphane...



                                                                    *


 ….

Vêtue de la couleur de mes désirs

comme ma pensée tu vas nue,

je vais par tes yeux comme dans l'eau,

je vais par ton front comme par la lune,

comme le nuage par ta pensée,

je vais suivant ton ventre comme dans tes rêves.



Tu es pluie toute la nuit, tout le jour,

tu ouvres ma poitrine avec tes doigts d'eau,

tu fermes mes yeux avec ta bouche d'eau,

sur mes os tu fais la pluie, dans ma poitrine

un arbre liquide plonge ses racines d'eau,



Je vais par ta taille comme par une rivière,

je vais par ton corps comme dans un bois,

comme dans la montagne,

sur un sentier qui aboutit soudain à un abîme
...


                                                                        *

Octavio Paz est né en 1914 dans le village de Mixcoac, au Mexique et est mort en 1998. Pierre de Soleil a vu le jour en 1957 et a été publié dans son recueil Liberté sur parole, qui rassemble ses poèmes écrits entre 1935 et 1957.
En 1990, Octavio Paz reçoit le Prix Nobel de littérature.




Octavio Paz
photo du Net


samedi 16 décembre 2017

So british, de Cristian Ronsmans





© photo Cristian R
"l'objet du délit




Mon ami Cristian (dont ce blog héberge avec fierté plusieurs des poèmes, articles et autres)
nous avait fait l'honneur de changer sa photo de profil. Chacun y est allé de ses commentaires, avec humour et malice devant ce beau gosse, à l'allure "so british" ! Voici ce qu'il me répondit avec sa verve et son érudition bien connues.

fruban






"British!!! Je vais te raconter à toi seule l'origine du mot. Il est composé de deux syllabes: Brit et Ish.
Or en hébreu et pour la religion juive "brit millah" a une signification précise. Il s'agit de la circoncision. "Alliance par la coupure"
Or en hébreu toujours Ish est le masculin de Isha la femme Eve qui devient Isha quand comme l'homme elle est revêtue de peau. .
Ce qui démontre par là que le Brit Ish est un masculin coupé. Donc circoncis. C'est marrant l'hébreu.
Comme tu peux le constater je suis un linguiste coquin."

Cristian R
le 16 décembre 2017

mercredi 13 décembre 2017

Fêtes de Noël et de la Saint-Sylvestre


Fêtes de Noël et de la Saint-Sylvestre

Mon esprit et mon coeur hésitent, se déchirent.
Plaisir de se réunir pour offrir et recevoir des cadeaux choisis par l'amour
Plaisir de décorer un sapin, toujours un peu magique, féerique
Plaisir de dresser une jolie table, de préparer un repas simple mais différent, plus élaboré
Souvenir de mes années d'enfance, de l'excitation fébrile du petit matin
Souvenir de la fête et du spectacle préparés à l'école primaire...Nous chantions "Vive le vent, vive le vent d'hiver" !

Pourtant, colère et honte devant les étalages, les bousculades, le gaspillage, les enjeux mercantiles... quand tant de personnes vivent et dorment dans la rue, quand la faim, la misère et les guerres assassinent des millions d'innocents
Pourtant, chagrin et souffrance puisque tu n'es plus avec nous, Fabrice mon fils bien-aimé, égaré dans ton éternité

Fêtes de Noël et de la Saint-Sylvestre

Votre arrivée prochaine verse en mon coeur des parfums bien divers
Alors, à vous qui êtes ici, à vous mes amis, je demande un peu de patience, le respect de mes silences ou de mes cris de colère...Je demande votre indulgence si mes états d'âme connaissent de curieuses danses, dictées par des émotions et des sentiments si souvent mouvants, dans le kaléidoscope de mon coeur et de mon esprit....



© fruban

décembre 2017







© photos fruban
Noël 2013





mardi 12 décembre 2017

Jean d'Ormesson, invité d'Elsa Boublil (France Musique)





Jean d'Ormesson, © Getty / Frederic Souloy







Le grand écrivain Jean d'Ormesson est mort dans la nuit du 4 au 5 décembre. Il était l'invité d'Elsa Boublil en octobre 2016.

Pauline Viardot
Sonatine en la mineur op.39 (allegro)
Annette Barbara Vogel, violon
Ayako Tsuruta, piano

G. Verdi
La Traviata (Prélude)
Orchestre du Metropolitan de New York
Direction : Richard Bonynge

Chant grégorien
Les Noces de Cana (Precatus est Moyse)
Alfred Deller Consort

Marc Cab, Bob Fisher, Henri Varma
Mama te quiero
Rina Ketty, chant

D. Milhaud
Le Boeuf sur le toit
Orchestre de l'Opéra National de Lyon
Direction : Kent Nagano

W. Mozart
Les Noces de Figaro (air de Chérubin)
Laura Polverelli, mezzo soprano
Orchestre de la Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Direction : Jean-Claude Malgoire

W. Mozart
Gran partita (adagio)
Academy of SAint Martin in The Fields
Direction : Neville Mariner

J. S. Bach
Chaconne de la partita n°2 en ré mineur
Maxime Vengerov, violon

L. Beethoven
Symphonie n°7 en la Majeur (allegretto)
Orchestre Révolutionnaire et romantique
Direction : John Eliott Gardiner

J. Offenbach
Les Contes d'Hoffmann : Belle nuit ô nuit d'amour (acte IV, duo Nicklausse/Giulietta)
Patricia Petibon et Karine Deshayes
Choeur et Orchestre de l'Opéra National de Lyon
Direction : Yves Abel

Marguerite Monnot, Calude Delecluse, Michèle Senlis
Les Amants d'un jour
Edith Piaf, chant

G. Verdi
Nabucco : choeur des esclaves
Choeur et Orchestre de la Scala de Milan
Direction : Ricardo Muti

Jean-Baptiste Clément, Antoine Renard
Le Temps des cerises
Yves Montant, chant

(Première diffusion le 30 octobre 2016)

France Musique


Il faut juste cliquer ci-dessous







lundi 11 décembre 2017

Décembre sur les ailes du temps, poème de fruban




Décembre sur les ailes du temps



Sur le dos des grues cendrées
à travers brumes et flocons voltigeurs
Je sème à la volée des Je t'aime
L'écho des vallées les renvoie vers moi


  / Je pense à toi à ta force de vivre
Je t'aime
A tout ce que tu fais en regardant le monde
Même au bord de ta grande bleue dans cette immensité
je sais que ton regard pénètre /



La lune voleuse de sommeil enfle enfle
Je souris à cette insomnie gris souris
qui me parle de toi là-bas
entre gravité et fous rires


/ Tes mains dans tes poches en te retournant n'y sont pour rien
tu te promènes avec les tourments des gens
Je le sais je te vois
Tu es
incroyablement vraie
Je t'aime /


Ce matin les brouillards recouvrent l'horizon
m'enveloppent et étouffent mon cœur
Le spleen baudelairien envahit l'âme
Tu le sais toi qui me vois


/ Il avait plu à Batz sur Mer 
Le bedeau avait dit
ce soir je ne sonne pas les cloches 
merde à vous je nettoie mes bigorneaux
Je ris    __   Je t'aime en vrai /


Il neige petit clown
le froid pénètre mon corps gelé
qui se recroqueville   __   puis se tend
Vers toi mon amour
Les flammes crépitent dans la cheminée



Vaste ciel d'automne
étend ton drap de satin
Nuit caresse-les



Ce matin des perles de givre 
habillent les arbres noirs et nus 
Comme des guirlandes de nacre sur mon cœur
Sur l'herbe verte gisent encore de pauvres feuilles 
les dernières flammes de l'automne 
Bientôt les couleurs de la vie auront disparu 
Je guetterai au fil des jours les bourgeons 
les premières pousses vertes les perce-neige de l'espoir
J'aimerais m'endormir moi aussi renaître avec un coeur vierge 
reprendre une route de lumière moins sinueuse moins chaotique 
Me laisser emporter par les vents...




© fruban
quelques jours en décembre 2017

Tous droits réservés

écriture en cours














© photos fruban