Pierre Rabhi et J.M. Le Clézio à La grande Librairie 10 avril 2014 - France 5 - Vidéo Dailymotion
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samedi 12 avril 2014
lundi 7 avril 2014
La Mort l'Amour la Vie ( Paul Eluard )
J’ai cru pouvoir briser la profondeur de l’immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang
Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vire ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J’avais éliminé le glaçon des mains jointes
J’avais éliminé l’hivernale ossature
Du voeu de vivre qui s’annule
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang
Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vire ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J’avais éliminé le glaçon des mains jointes
J’avais éliminé l’hivernale ossature
Du voeu de vivre qui s’annule
Tu es venue le feu s’est alors ranimé
L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoilé
Et la terre s’est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J’avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J’avançais je gagnais de l’espace et du temps
J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l’espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l’aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.
Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une houle énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n’est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.
Les hommes sont faits pour s’entendre
Pour se comprendre pour s’aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.
Paul Eluard , 1951
poème écrit après la mort de Nusch
https://www.youtube.com/watch?v=2H6wYvXq7P4
L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoilé
Et la terre s’est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J’avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J’avançais je gagnais de l’espace et du temps
J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l’espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l’aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.
Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une houle énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n’est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.
Les hommes sont faits pour s’entendre
Pour se comprendre pour s’aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.
Paul Eluard , 1951
poème écrit après la mort de Nusch
https://www.youtube.com/watch?v=2H6wYvXq7P4
samedi 5 avril 2014
Furtif et frémissant
Dans l'air
imperceptible d'abord
née à l'improviste une douceur - furtive
sous les rayons opalescents
Pépiements d'amour mutin
osés par ce couple de merles
jusqu'alors solitaires
Ici puis là
la terre enflée
livre ses verts secrets - tendrement dressés
vers le ciel en ses voiles bleus
Une fraîche fragrance
annonciatrice de naissance
mûrit sur l'herbe salie
Mes pas s'enfoncent dans un tapis glissant
feuilles mortes non enfouies
En mon coeur
pure et délicate une émotion tremble
prête à fleurir - Enivrée !
Des rêves m'emportent au-delà de ce jardin
Maison bleue de St Cado
isolée sur son ilot
Amour lointain presque à portée de ma main
De l'iode et des embruns
du ressac l'amical rugissement - une présence
Frémissements
comme d'un printemps
Pourtant
L'hiver de mon âme
connaîtra encore et encore chaos et soubresauts
gelées nocturnes de la mélancolie
tristesse des jours de cendre - rétifs
reviendront jusqu'à
l'éclatement des bourgeons
Eclosion devinée espérée
derrière les nuages amoncelés - mais déjà
déchirés effilés légers si légers légers
presque envolés
Buée et rosée
de l'Aurore
F.R
le 03 février 2013
extrait du recueil "L'Âme des marées" publié en octobre 2014
Ed Epingle à nourrice éditions
© Tous droits réservés
Protégé par copyright
imperceptible d'abord
née à l'improviste une douceur - furtive
sous les rayons opalescents
Pépiements d'amour mutin
osés par ce couple de merles
jusqu'alors solitaires
Ici puis là
la terre enflée
livre ses verts secrets - tendrement dressés
vers le ciel en ses voiles bleus
Une fraîche fragrance
annonciatrice de naissance
mûrit sur l'herbe salie
Mes pas s'enfoncent dans un tapis glissant
feuilles mortes non enfouies
En mon coeur
pure et délicate une émotion tremble
prête à fleurir - Enivrée !
Des rêves m'emportent au-delà de ce jardin
Maison bleue de St Cado
isolée sur son ilot
Amour lointain presque à portée de ma main
De l'iode et des embruns
du ressac l'amical rugissement - une présence
Frémissements
comme d'un printemps
Pourtant
L'hiver de mon âme
connaîtra encore et encore chaos et soubresauts
gelées nocturnes de la mélancolie
tristesse des jours de cendre - rétifs
reviendront jusqu'à
l'éclatement des bourgeons
Eclosion devinée espérée
derrière les nuages amoncelés - mais déjà
déchirés effilés légers si légers légers
presque envolés
Buée et rosée
de l'Aurore
F.R
le 03 février 2013
extrait du recueil "L'Âme des marées" publié en octobre 2014
Ed Epingle à nourrice éditions
| crédit photo F.R |
© Tous droits réservés
Protégé par copyright
Noir comme la mer ( Louis Guillaume )
Noir comme la mer
Tout ce que je ne puis te dire
à cause de tant de murs,
tout cela qui s’accumule
autour de nous dans la nuit,
il faudra bien que tu l’entendes
lorsqu’il ne restera de moi
que moi-même à tes yeux caché.
Tout ce que je ne puis te dire
et que tu repousses dans l’ombre
à force de trop désirer,
cet amour noir comme la mer
où venaient mourir les étoiles
et ce sillage de lumière
que je suivais sur ton visage,
tout ce qu’autrefois nous taisions
mais qui criait dans le silence,
tout ce que je n’ai pu te dire
le sauras-tu sur l’autre bord
quand nous dormirons bouche à bouche
dans l’éternité sans paroles ?
Louis Guillaume (1907-1971)
crédit photo F.R
vendredi 4 avril 2014
Poème XV ( Pablo Neruda )
Tu me plais quand tu te tais
( Mi gustas cuando callas )
Tu me plais quand tu te tais car tu es comme absente,
Et tu m'entends de loin, et ma voix point ne te touche.
On dirait que tes yeux se seraient envolés
Et on dirait qu'un baiser t'aurait scellé la bouche.
Comme toutes les choses sont emplies de mon âme
Tu émerges des choses, de toute mon âme emplie.
Papillon de songe, tu ressembles à mon âme,
Et tu ressembles au mot mélancolie.
Tu me plais quand tu te tais et sembles distante.
Et tu sembles gémir,papillon dans la berceuse.
Et tu m'entends de loin, et ma voix ne t'atteint pas:
Laisse-moi me taire avec ton silence.
Laisse-moi aussi te parler avec ton silence
Clair comme une lampe, simple comme un anneau.
Tu es comme la nuit, muette et constellée.
Ton silence est d'étoile, si lointain et simple.
Tu me plais quand tu te tais car tu es comme absente.
Distante et endolorie comme si tu étais morte.
Un mot alors, un sourire suffisent.
Et la joie que ce ne soit pas vrai, la joie m'emporte.
Pablo Neruda
Poésie/Gallimard, juillet 2013 pour la dernière édition ( bilingue).
Traduction de Claude Couffon et Christian Rinderknecht.
Ce poème m'a été offert par mon amie Martine C. pour le jour anniversaire de Fabrice.
Je la remercie du fond du coeur
mercredi 2 avril 2014
Au rythme des marées
L'histoire des Hommes se dessine
dans le flux et le reflux
des marées océanes
Je regarde
Ton ciel bleu
Ta mer turquoise
L' Amour et la sensualité gourmande
Les arômes puissant nectar
L' Ivresse de tes voyages au long cours
Soudain
Les voiles de brumes à la blancheur de nacre se font lourds
Aucun rayon
Aucune lumière
Ne les traverse plus désormais
Un mur se dresse
L' horizon roule la cendre grise de tornades folles qui enténèbrent
Ta Vie
Tes voiles déchirées ton mât brisé ta coque éclatée
Le regard perdu
Le sourire convenu
Dans le silence
tu cries
à mots retenus
sur ta lyre
désaccordée
Les flots roulent et grondent et engloutissent sauvagement
les prières et les attentes
les luttes les cris de révolte
Sourds aux battements de ton coeur
Qui s'affole qui s'affole... chahuté entraîné vers les bas-fonds
Gouffre béant
De la misère
Linceul de toutes les victimes dénudées broyées par la voracité féroce
De la Bête immonde
Là-bas
Des yeux chéris se sont éteints
Là-bas
Un homme s'est immolé
Là-bas
Des enfants abandonnés rejoignent la cohorte de l'innocence sacrifiée
du présent effacé
de l'avenir noyé
Ma main perd le fil
Mes mots
baisers
déposés
caressés
murmurés
Mes mots
Criés
Mes mots
Ne savent plus le miel qui console
Mes mots te font mal
Mes mots ne sont que des mots
Les Muses t'abandonnent
Ô Capitaine garde le cap !
Au profond des tempêtes
Une Ile se dessine
Elle te hèle
Elle te sourit
Ses rivages adorés sauront te bercer te caresser t'insuffler
Ces Instants
d' Eternité...
© F. R
le 10 avril 2012
publié dans L'Âme des marées (2014)
| © photo fruban |
mardi 1 avril 2014
Sous l'à-pic ( Olav H.Hauge )
Sous l'à-pic
Tu vis sous l'à-pic
tu le sais
mais tu sèmes ton jardin
tu consolides ton toit
tu laisses tes enfants jouer
tu te couches
comme si de rien n'était.
Peut-être
appuyé sur ta faux
un soir d'été
tes yeux se fixent là-haut sur la paroi.
Là, dit-on,
se trouve
la faille.
Peut-être
allongé, éveillé
tu entends
la chute d'une pierre,
une nuit.
Et quand l'éboulement survient
cela ne t'étonne pas.
Alors tu déblaies
le petit arpent vert
sous la montagne.
Si tu es encore en vie.
Olav H.Hauge
Nord profond
Bleu autour
crédit photo F.R
dimanche 30 mars 2014
Georges Moustaki en vidéos: Georges Moustaki : "L'inconsolable"
Georges Moustaki en vidéos: Georges Moustaki : "L'inconsolable": Paroles Le regard lointain le sourire éteint l'inconsolable se tait Son visage est lisse pas de cicatrice pas même un grain de...
samedi 29 mars 2014
Exister en ton sein, Océan
Partir
au matin
pieds
nus sur le sable fin
ailes
déployées / courir /
à
mes côtés folâtre et gambade / truffe en alerte
Nouka
ma fidèle au pelage noir et luisant
Scruter
l'immensité bleue déclinée
en
mille gammes aux lumières parfumées
d'écume
piquetée / venant lécher
la
coque des voiliers
Ecran
géant à peine né de la brume
Rêver
- parfois pleurer -
l'émotion
est si forte
t'apercevoir
ce dernier été / Toi
amoureux
des mers des plages des marées
enfant
exilé déraciné
étoile
scintillante au plus haut du firmament
Emplir
mes poumons
gonfler
mon coeur de tes saveurs / Océan
toujours
recommencé
langue
gourmande sur mes lèvres
de
sel imprégnées
M'asseoir
un instant
caresser
le sable / contempler / chaque grain
entre
mes doigts écoulé
murmurer
ton prénom
M'élancer
dans la fraîcheur des flots
hélée
par vos voix mêlées
me
laisser dériver
Quitter
le rivage m'éloigner - Puis
lancer
au ciel des mots presque des cris
gorgés
d'embruns et de sel
Frémir
sous les baisers par les ondes déposés
sur
chaque fibre de ma peau assoiffée
-
m'abandonner - nager loin si loin
par
l'Océan emportée
sous
les nuées de goélands moqueurs
qui
tournent alentour étouffant mes émois et mes cris
d'amour
toujours
plus loin - me perdre -
me
laisser bercer caresser par les vagues apaisées
audacieuses
sensuelles
comme
tes doigts découvrant mon corps
Plisser
les yeux / éblouis par le soleil qui décline et
sombre
en ton sein - mer bien-aimée -
J'ai
vu sur les ondes des gerbes d'étoiles phosphorescentes
j'ai
vu le rose le mauve l'orange de tes flammes
les
nappes de sang répandues
déposés
par le pinceau magicien de Merlin
la
palette divine de quelque korrigan
ou
de l'Artiste caché
en
l'Univers
© F.R
14
septembre 2013
in, recueil "L'Âme des marées" Epingle à nourrice éditions
Extrait :
http://www.editionsepingleanourrice.com/medias/files/l-a-me-des-mare-es-extrait.pdf
in, recueil "L'Âme des marées" Epingle à nourrice éditions
Extrait :
http://www.editionsepingleanourrice.com/medias/files/l-a-me-des-mare-es-extrait.pdf
| crédit photo fruban |
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