samedi 4 juillet 2015

Un livre, un auteur : Adrien de la vallée de Thurroch, de Denis Tellier (2012)

                 "Adrien de la vallée de Thurroch"

                                      Denis Tellier

                                                 éditions Lunatique




Une rencontre qui ne peut s'oublier

Artiste aux multiples talents, comme vous pourrez le découvrir sur le site des éditions Lunatique, Denis Tellier a croisé ma route fortuitement -mais je ne crois pas aux hasards- le 20 juin 2015.
Très vite, j'ai eu envie de découvrir ses écrits, notamment "Adrien de la vallée de Thurroch".
Ce premier roman de Denis est arrivé chez moi quelques jours plus tard.
Pénètrer dans cet univers m'a littéralement happée, et il m'a fallu le terminer le jour même ! Depuis, j'y retourne régulièrement. Il est là, à portée de ma main.

Voici quelques extraits de la lettre que je lui écrivis.

(Je vous écris de ma campagne bourguignonne où vrombissent les moiss'bat's dans la chaleur de la fin juin)

                        « Adrien de la vallée de Thurroch »

Première joie, recevoir puis ouvrir ce bel objet (corbeau freux en couverture), ce petit / grand livre !

Je commence par la quatrième de couverture, les quelques lignes en exergue, la dernière page... et c'est parti ! 

De suite, il m'a semblé entrer dans une langue, une écriture, autres que celles d'un romancier. Des images, des sonorités, un rythme qui sont ceux du Poète. Comme un long poème en prose. (p 14-16)

      Lorsqu' Adrien entre en scène, je me suis d'abord demandé qui il était... Croisements entremêlés des époques. Très vite, on apprend à le découvrir, on croit le connaître, et puis...
Ces corbeaux freux omniprésents qui planent sur vos mots, sur cette vallée. Oiseaux de mauvaise augure, mauvais présage ? La Mort rôde. (dernières lignes p 20)

On voit, on respire (ah ! les odeurs!!), on entend vivre cette campagne ardennaise. Les superstitions, le dur labeur. Des images saisissantes « les rideaux amidonnés à la fumée des âtres » « entretenir un bon voisinage croûte que croûte » ! Et tout au long, j'en découvrirai tant et tant...

Je me suis arrêtée plusieurs fois. Réfléchir à ce « Je »... Vous Denis, glissé dans la peau d'Adrien ?

La description de sa maison est plus vraie que si elle était là, sous mes yeux. Des souvenirs remontent en moi... Elle m'a rappelé la maison de Raoul, entre Creuse et Corrèze, début années 70. Chez lui, je me croyais des années en arrière, complètement hors du temps. Presque l'époque d'Adrien - « cela sentait l'homme seul, l'intérieur confiné et le rance ». La présence de la mère...morte.

On entre brutalement dans la Guerre. Déjà j'entrevois l'horreur « il bondissait sur les têtes, de casque en casque » ! Et tout au long de ce récit poétique, l'horreur sera là, progressivement atroce.

      Le Vieux, sa disparition mystérieuse, les rumeurs, ce que l'on pressent au fil des pages. Sorte d'énigme policière qui se mêle au destin d'Adrien, à la guerre. 
Le Vieux, le Sage, celui auquel il m'est arrivé de m'identifier (non que je sois sage!), de vouloir lui ressembler. Son intelligence de la Vie et de la Mort. De superbes passages (je les relirai).
Le Vieux, dont peu à peu on devine la fin... Pouvait-il en être autrement ?

Adrien mène l'enquête. Son intuition, son bon sens, opposés aux ragots, aux rumeurs (ah ! les vieilles femmes!). Là aussi des passages savoureux !


      Les notes d'Adrien. Autre langage, temporalité croisée... Il m'est arrivé de perdre le fil ! Mais votre écriture m'embarque Denis !
Quand la Guerre à proprement parler entre en scène, nous savons déjà tout d'elle, par les préparatifs, les conséquences de cette boucherie. Vos mots, la construction de votre récit, nous plongent progressivement dans un réalisme poétique dur, violent. Nous la sentons là, à chaque instant.

      La Grande Yvonne, énigmatique elle aussi, par les secrets qu'elle abrite, les drames aussi. Ce bébé mort dans d'atroces conditions . « le gamin de la petite bonne, « la Jeanine » et du grand betteravier....

Une femme que j'ai cru reconnaître... 

Le Meusien et sa femme trop belle, ceux-là aussi on les voit, on les reconnaît...

      L'église emportée par les eaux diluviennes. Comme une parabole. Un monde qui disparaît - «  les os des maîtres étant sous l'eau ». D'une terrifiante beauté ! Le Radeau de la Méduse !

     La vie des paysans, elle aussi décrite avec d'infinis détails réalistes. J'ai retrouvé des histoires que l'on me racontait enfant. J'ai revu la vie de mes grands-parents maternels, Berthe et Léon, paysans.La femme parfois pire qu'une bête de somme. Le portrait que vous en faites est pur chef-d'oeuvre ! Je ne peux tout relever...

        Denis, votre écriture m'a séduite absolument, totalement ! Le procédé narratif choisi, où se croisent, se rejoignent des narrateurs divers (un seul en réalité!)... Tout ! 
Je me suis laissée embarquée sur ces flots poétiquement dévastateurs. Vous m'avez dit « Je me suis déchiré à l'écrire... j'en avais besoin... » (je cite de mémoire). Cela se ressent dans la fougue, la passion, que vous mettez dans vos mots.

De tous ces personnages si attachants à des degrés divers, c'est définitivement vers le Vieux que va ma préférence. Je relirai ce livre pour lui, le connaître mieux. Mais c'est sûr, je relirai pour savourer la langue !

    Tout ceci est un peu décousu, mais je ne voulais pas trop attendre pour vous en parler. Ne m'en tenez pas rigueur !

Votre « Adrien de la vallée de Thurroch » a déclenché en moi mille et une émotions ! Bravo et merci, ami poète !

Françoise Ruban




Quelques retours et critiques, sur le site des éditions Lunatique


Mise à jour du 13 novembre 2016

"Adrien de la vallée de Thurroch" en vente chez Amazon


                                                          ***


Un artiste aux multiples visages


"Dessin, peinture, sculpture : autodidacte, Denis touche à tout avec un engouement qui le porte "hors les normes" et un talent qui le mène à l'Espace Cardin où il participe à la 30e édition du salon de la Jeune Sculpture (1978).
Depuis, il a pris part à des expositions marquantes (Nîmes, Marseille, Toulouse, Sedan, Nice) et à des chantiers spectaculaires (telle la restauration des boiseries précieuses du navire hollandais l'Oosterschelde, datant de 1918)."
                                    sur le site des éditions Lunatique












Sur Radio Dijon 

La Minute Livre – Chronique du 1er Octobre 2015

Date de publication :
1 octobre 2015



© photos Denis T

jeudi 2 juillet 2015

Vague déferlante, poème de Françoise Ruban

crédit photo fruban
                                         


Vague déferlante




Une vague  __  tendre violence  __   en mon cœur a déferlé
Pas un tsunami  ___  Elle ne détruit
n'abat ne ravage n'assassine ni le jour ni la nuit
Sur son dos de collines je suis emportée
  réchauffée
    caressée
enveloppée
    Elle me roule
          m'enroule
                  me tourneboule
me chamboule

      Ô me laisser capturer

Par elle la tempête est fête
en mon corps joyeux puissantes sensations
Etonnement bouillonnement foisonnement
Me laisser glisser glisser   __  entraîner
à en perdre les sens et la raison

Je tremble  
            __  Est-ce la lame vacillante déferlante

Petite Sirène haletante
tes lèvres muettes trouveront-elles les mots
Vas-tu desserrer l'étreinte   __  vas-tu t'enfuir au plus profond
vas-tu fière de tes nouvelles jambes
        ailes défroissées qui se déploient   __  vas-tu courir
sans un adieu à l'Île

            ses rivages enjôleurs
            son cœur menteur

     Ô capitaine tu as perdu le cap

Vas-tu aimer ce reflux aimant
qui te serre et t'enserre   __  violente tendresse

     collines vertes
     forêts profondes folie des mots
     en écho en écho    _____   en écho
     oeillets de poètes 
     enivrantes senteurs

que tu respires

qui t'attirent

qui t'attirent ...


© fruban

le 1er juillet 2015

Tous droits réservés
Protégé par copyright

in, Chorégraphie de cendres (2017) , édité chez ene






mercredi 1 juillet 2015

Poésie ,André Laude ( entretien et quelques poèmes)

photo des Amis d'André Laude



« …Nous sommes à jamais présents au monde
logiquement situés entre la mer et le soleil les nuages
et les moissons. »

cité par Gil Pressnitzer



Encre et sang

Je fais de ma vie de
nuit en nuit un tas d'ordures.
Je fais de ma vie une brumeuse chronique.
Je fais de ma nuit le carrefour des fantômes.
Je fais de mon sang un long fleuve
qui tape à mes tempes.

Je fais de ma peur un oiseau noir et blanc
Je fais d'un oiseau mort, pourri,
l'enfant que j'aurais pu être.

Je fais d'un enfant un feu fou, un bloc de cendres.
Je fais de ma mort à venir un festin de serpents.
Je fais d'un serpent la corde pour me pendre.
Je fais d'un long, acharné silence le testament
de tout ce qui fut désastres, horreurs, ennuis,
ruptures et interminables hurlements.

Je pisse de l'encre et du sang.
Je pisse de l'encre et du sang.

Je chante sur le bûcher des châtiments.

André Laude




André Laude par UniK_Production

Poésie urgente

Plus que jamais la poésie est urgente. Vitale comme le pain et le vin. Nécessaire comme la pluie et le soleil, les néons et les nuits polaires.
À l'heure où s'effondre définitivement le rêve révolutionnaire nourri d'octobre 17, à l'heure où l'abjecte massification, l'uniformisation dans le pire médiocre s'accélèrent, à l'heure où en dépit de certaines apparences, la « liberté » de l'individu - fondement incontournable de toute civilisation - rétrécit, à l'heure où les politiques s'épuisent, où les tyranneaux prolifèrent, où les nationalismes, les intégrismes se réveillent, où la pauvreté enflamme les têtes autant que les slogans stupides et simplistes, la poésie est, d'abord et avant tout, une « arme miraculeuse » (Aimé Césaire) pour la Résistance. Totale Irrécupérable Sur tous les fronts.
Résistance contre ce qui endeuille l'être, souille, mutile, brise, l'élan de l'individu vers le « Champ des possibles », l'immense continent de la Vie encore inconnu, qui attend son Christophe Colomb. La poésie ne relève pas des dogmes établis. Elle est cet outil pour l'homme qui lui permet de prendre la mesure de sa non-finitude, de sa majesté et de son mystère émouvant et inépuisable.
Elle est le vent qui le pousse dans le dos dans sa marche à l'étoile, l'éclair qui l'arrache à l'humus pour le projeter à hauteur d'astres de plomb et de feu.
Langages, étranges copulations de mots, bouleversements de syntaxes, volontés de dialogue, énoncés du monde sensible, fouillements des ténèbres, cris d'amour, d'humour surtout « noir », enracinements dans l'errance, la glèbe ou la « big city », explosions de désespoir qui s'ouvre curieusement sur quelque innommable espérance, la poésie est aussi, dans sa plus haute condensation, germination, acte.
Acte qui implique que tout poète authentique, fut-il élégiaque et soumis aux subtils secrets métaphysiques, est un réfractaire un vrai outlaw Hölderlin, Rimbaud, Maïakovski même combat !
Poètes Solitaires. Poètes Solidaires. Jusqu'au revolver, la jambe pourrie, la raison « saccagée ».
La poésie est ce dont l'homme - même s'il l'ignore ou feint de l'ignorer - a le plus besoin pour tracer au flanc du monde la cicatrice de sa dignité. La poésie : un vertige permanent entre la lune et le gibet.
Sans Poésie - libre, follement libre - l'univers serait boule morte. La poésie aux lèvres
rouges : la potion magique pour guérir, peut-être, l'angoisse électrique de l'inconnu qui écrivit une certaine heure de fièvre sur les murs de Mai 1968 : « Y a-t-il une vie avant la mort ? »

André LAUDE

Document fourni par l'Association les Amis d'André Laude

sur Esprits nomades



Les sites amis d’André Laude :

« les voleurs de feu » de Yann Orveillon
« Albatroz » de Manuel Vaz
« Esprits nomades » de Gil Pressnitzer
« L’esprit de la chouette » de Diane Meunier
« Décharges » de Claude Vercey
« Poézibao » de Florence Trocmé
« Poésie danger » d’André Chenet

Les amis d'André Laude  Poésie urgente

André Chenet      Poésie danger

Gil Pressnitzer     Esprits nomades

Florence Trocmé   Poézibao


dimanche 28 juin 2015

Aube, d'Arthur Rimbaud

crédit photo fruban



Aube


J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Arthur Rimbaud, Illuminations

vendredi 26 juin 2015

Angélique Ionatos, à Yannis Youlountas et film "Ne vivons plus comme des esclaves"(Y.Youlountas)








Yannis Youlountas
Reçu de mon amie Angélique Ionatos :

LES POÈTES SONT EN EXIL

Dans notre monde, soumis à une nouvelle barbarie, il faut nous interroger pour retrouver la mémoire et l'utopie. Ce sont elles qui veillent sur notre humanité.

Ma "belle et étrange patrie" qui a déposé une terre si fertile sur mes racines, m'a enseigné que la poésie, depuis toujours, nourrit le chant.

Et ce chant peut devenir un cri.

Aujourd'hui, la Grèce est défigurée. Les Grecs sont humiliés.

Le premier devoir d'un artiste est de témoigner de son temps. Et de résister ! "Chacun selon ses armes", disait le poète Elytis. Pour se redonner espoir et dignité.

Souvent, je me sens découragée et impuissante face à tant de malheur. Parfois, je suis même tentée de me taire.

Alors, je lis mes poètes. Leurs mots jamais ne s'oxydent à l'haleine du désespoir. Leur parole est politique et souvent prophétique.

Et voilà que l'espoir revient comme "un chant de maquisard dans la forêt des aromates". Ce cri et cet espoir vont habiter aujourd'hui mon propre chant.

Angélique Ionatos

Photo : visuel d'une soirée en tandem (ciné + débat en duo + concert) le 17 décembre dernier aux Lilas. – avec Angélique Ionatos.






Entretien avec Yannis Youlountas

Voici un débat filmé par Éric Jousse au festival d’Attac "Images mouvementées", le 24 novembre 2013 à Paris, avec Thomas Coutrot, co-président d’ATTAC et économiste atterré, et moi-même, qui RESTE COMPLÈTEMENT D’ACTUALITÉ et qui me semble UTILE, DENSE ET AGRÉABLE. Un débat fraternel, sans hypocrisie ni retenue, "entre libertaire et marxiste" (dixit Thomas) que le public a semble-t-il beaucoup apprécié, dans un esprit de convergence de luttes. Certains sujets ont fait l’objet de petites divergences de points de vue. Devinez lesquels ;) YY


jeudi 25 juin 2015

Quelques poèmes dits et accompagnés en musique, soirée du 20 juin 2015

Quelques poèmes de "L'Âme des marées" dits et accompagnés en musique

Yves Petident, guitare et diction
Merry Benoit, sitar et percussions indiennes



Poésie et Musique :

Playlist ( 5 vidéos )






Reçu aujourd'hui d'une amie :

"Jeudi matin ,bien installée dans un fauteuil ,buvant un thé je lance les petites vidéo.
Et là ,le temps s'arrête .
Ambiance bucolique ,herbes folles ,
des mots portés par une musique indienne ....le tout accompagné par des chants d'oiseaux qui participent à qui mieux mieux à l'harmonie de la soirée .
Je ne m'attendais pas à être prise ainsi ,dans cette atmosphère poétique .
Moment très particulier et rare .
Mes journées ne commencent généralement pas dans cette sérénité !

Forte de cette expérience ,le lendemain ,aujourd'hui vendredi ,j'organise la même mise en scène ,avec Didier qui ne savait rien de ces vidéo .
Lui ,tout de suite se focalise sur l'instrument indien qui le transporte vers Ravi Shankar qui est un de ses musiciens préférés .
Et ce matin encore la magie a opéré :
un vrai moment zen .
Pourtant à Paris nous ne sommes pas entourés de grandes herbes ,à droite à gauche nous voyons des toits en zinc qui ne sont pas particulièrement champêtres ......

Déjà pour ces deux matinées aussi bien commencées ,un grand merci!

Nous ne connaissons ni ce comédien ,ni ce musicien et nous les avons trouvés très justes dans leur interprétation .
Ce n'est pas un exercice facile d'être dans le juste ton ,d'un texte ,d'un public ,d'un lieu ...et eux deux semblent avoir réussi tout cela ,avec beaucoup de naturel .

Par ces vidéo et ces photos nous avons eu un aperçu de cette soirée qui je le comprends ,a dû vous toucher .
Vous êtes entourée de vrais amis .

En ce qui nous concerne ,Didier et moi même ,nous sommes définitivement intéressés par ce recueil bleu qui semble contenir une mise en mots à laquelle nous avons été sensibles .
Le comédien a vraiment fait vivre votre texte de façon remarquable .

Merci encore de nous avoir fait partager cette aventure poétique . "

MM

vendredi 26 juin 2015


Autre courrier reçu d'un ami d'enfance à qui j'avais envoyé le lien vers cette Soirée Poésie-Musique


Chère Françoise,
Nous venons de regarder les vidéos du 20 juin dernier et nous en sommes encore tout émus. Les deux artistes sont aussi délicats que respectueux de tes textes. Ils les portent, ils tendent les mains pour les présenter et le résultat est une atmosphère de tension poétique dont ton jardin est l'écrin. Même la présence de la chienne est bienvenue, on dirait qu'elle veut être avec toi et aussi le chant des oiseaux. Tout concourt pour faire de ce moment quelque chose d'extrêmement précieux et de doux bien que douloureux. Nous sommes heureux d'avoir été conviés à en partager le résultat et nous t'embrassons de tout cœur, ainsi que Jean-François,

Christine et Ivan

le 4 avril 2016

lundi 22 juin 2015

Soirée Poésie-Musique, autour de "L'Âme des marées"



                                       Soirée Poésie-Musique
                                                    20 juin 20115

Deux artistes de grand talent
      Yves Petident, guitare et diction
       Merry Benoit, sitar et percussions indiennes

Un recueil de poèmes « L'Âme des marées » de Françoise Ruban
                   ( éditions épingle à nourrice)

http://www.editionsepingleanourrice.com/pages/livres-liens-commandes/extraits-auteurs.html

Comment s'est opérée la rencontre, à première vue improbable ? Eh bien, ça commence « il était une fois » …....

J'ai rencontré Yves Petident pour la première fois, sur scène, lors du spectacle théâtral « Crosse en l'air », en hommage aux poilus de la Grande Guerre 14-18, plus précisément aux insoumis de l'année 1917. Ces soldats qui refusèrent cette boucherie sans nom, se révoltèrent, se mutinèrent, furent « déshonorés », certains exécutés pour l'exemple.
J'avais beaucoup aimé ce spectacle bouleversant et criant d'humanité et de fraternité humaine. J'en avais parlé ici, sur mon blog. Yves, l'acteur qui disait les poèmes, anonymes pour la plupart, écrits par des soldats déchirés et révoltés, m'avait particulièrement émue, tant son interprétation était criante de vérité !
Il vit mon article et me remercia.
Une amie commune nous a permis de découvrir nos œuvres poétiques respectives. En effet, Yves est également poète !
Au fil des jours, a germé l'idée de mettre en musique quelques poèmes de mon recueil « L'Âme des marées ». Les jours, les semaines passèrent. Yves travailla seul de son côté. J'ignorais tout, de la musique composée, du choix des poèmes.
Lorsque nous abordâmes le lieu de ce récital Poésie-Musique, je proposai mon jardin pour une « première » inédite. Ce jardin qui porte mes empreintes et que j'ai cultivé au fil des années, comme je cultive les mots. Un jardin poétique.

Enfin, nous arrêtâmes la date : 20 juin 2015 ! Veille du Solstice d'été et de la Fête de la Musique, quand les soirées sont longues et belles.

Yves m'annonça une surprise... mais « chut, je n'en dis pas plus ! »

Cette surprise.... quelle surprise, lorsque je vis arriver Merry Benoit , accompagné de son merveilleux et précieux instrument : un sitar tout droit arrivé de Pondichéry ! L'objet est en soi un véritable bijou, une œuvre d'art rarissime. Quant à ses sonorités, elles nous font voyager loin, aux côtés de Ravi Shankar....
Et d'autres percussions indiennes mystérieuses et magiques.

Merry Benoit essentiellement compositeur de musique électronique est attiré, passionné par l'Inde, sa musique, sa culture, sa philosophie de Vie.

Il est actuellement régisseur du Silex d'Auxerre, salle de musiques actuelles très réputée.


Et maintenant, la Soirée Poésie-Musique peut commencer !

 D'abord, installer les musiciens, trouver la "scène" idéale ! Protéger le sitar de l'humidité.
 Avec Merry, nous parlons de cet instrument si beau et précieux. Comment il voyagea de Pondichéry à la France après de nombreux détours !
Yves s'affaire aux derniers branchements... les invités devraient bientôt arriver !


Quelques accords, quelques essais.... J'accueille les invités, et le spectacle commence !



Yves présente notre projet et ce spectacle pour lui et Merry, totalement inédit


Ils commencent par deux poèmes qui me tiennent à coeur. Je sens l'émotion m'envahir...


Je découvre comme chaque invité, les poèmes choisis par Yves







Nos invités de part et d'autres étaient tous là, fidèles au rendez-vous, à quelques exceptions près. J'ai bien sûr regretté l'absence de Laurence Gemble, amie de longue date, pianiste classique qui accompagne Yves dans "Crosse en l'air". J'ai regretté aussi que Dominique G, ma voisine et amie de toujours, n'ait pu se rendre disponible. Juin est un mois qui appelle plusieurs d'entre nous à des engagements nombreux.



Beaucoup d'attention, d'émotion, tant mes mots s'envolaient portés par la voix du conteur  et la musique qui l'accompagnait. Il m'a semblé revivre l'instant où ces mots sortaient de mon coeur brûlant de douleur et d'amour. Mais tant de bonheur aussi de pouvoir les partager !

Nous aurions pu écouter encore et encore ces deux artistes ! Et le pot de l'amitié fut un prolongement si chaleureux... en harmonie avec les senteurs des roses ou du chèvrefeuille. Les oiseaux qui toute la soirée venaient survoler la scène et siffloter pour nous.



De belles rencontres, des découvertes... Laurent, le poète ou Loïc, le dessinateur, dont je parlerai bientôt ici. Tous heureux de sabrer le champagne, en plaisantant et apprenant à se connaître.




Ma petite Justine s'activant ici ou là, partant à l'aventure dans ce jardin
qu'elle connaît si bien.








Les plus proches sont restés très tard, je me souvenais alors d'anciennes soirées d'été... Un petit prince aux boucles blondes, aux yeux rieurs...

F.Ruban

le 21 juin 2015


Tous droits réservés
Texte, photos, vidéos, protégés par copyright

mercredi 17 juin 2015

Derrière la Beauté du diable, poème de Françoise Ruban

Derrière la Beauté du diable




                                                                         à Théo, Isaac, Robin




Jeunes gens

On vous dit... on vous croit
en une bulle prisonniers
des écrans tactiles petits poucets
Casquettes et crânes rasés vous surfez
rappeurs ou rockers aux abois
aux arias tournant le dos
pour vous tremolos de divas
pas du tout rigolos

Jeunes gens

On vous dit ... on vous croit
à vos racines à vos ancêtres étrangers __ quand
simplement pudiques et réservés
Au-delà d'une bannière revendiquée
votre cœur votre âme __ Ô combien humaine
votre timide et tendre bienveillance
plus vraie plus sincère __ loin
des élans convenus des paroles obligées


Jeunes gens

On vous dit ... on vous croit
impénitents rêveurs __ Pourtant __ j'ai vu
vos sourires aux yeux baissés
votre bras protecteur entourant mon épaule
en silence la serrant
discrète présence
Comment imaginer plus authentique compassion
plus lumineux Amour

Jeunes gens

__ Ce jour-là
votre sobre élégance
votre regard habillé de noir
ont su dire __ beaucoup mieux que tous les bavards discours
On vous dit … on vous croit
Derrière les apparences
Je crois
Je vous dis

Merci

©fruban

le 16 juin 2015

Tous droits réservés
Protégé par copyright

Recueil en cours








vendredi 12 juin 2015

Fragment retrouvé

Parfois, tout au fond d'un tiroir, je retrouve quelques mots griffonnés, abandonnés là. En voici un exemple... Début de poème écrit en pensant à toi. Il y a combien de temps ? Je l'ignore. L'ai-je retravaillé ? Nulle réponse, aucune certitude. Le retrouver m'a émue aux larmes. Si la date m'échappe, je retrouve des sensations, des émotions, que je connais si bien.
Aujourd'hui, persuadée qu'il n'est pas revenu par hasard, j'ai envie de le laisser s'envoler. De le laisser vivre sa vie de fragment improbable, témoin de mes nuits d'insomnie, de mes aubes éblouissantes. FR







Dans la pénombre du jour naissant
Recroquevillée sous le vent en rafales  ___  dehors
et les flammes brûlantes dedans
Je songe à ce fil
si rouge parfois si noir
ce fil qui me relie à toi
L'ai-je imaginé
avec les fibres de mon coeur tissé

Frapper aux vitres du Ciel
comme frappent mes doigts sur le clavier
symbole de ma quête
Interroger le Cosmos cet Infini  ____  si proche
Lune à portée de mes paumes

Les mots dessinent tes contours
créent l'Amour
créent le Monde
A certaines heures propices
quand le soleil ferme la nuit
que le ciel épouse la terre
quand la lune autre empreinte de la Vie
prend les lueurs du soleil
que la Nuit noire a avalé
la terre engloutie de ténèbres

Début ou fin du monde
Quand le Ciel est vide
Mon coeur se nourrit de toi

fruban

Tous droits réservés
Protégé par copyright


crédit photo fruban

lundi 8 juin 2015

Je _________ Voeu, poème de Françoise Ruban

                                   
           


Je ______________  Voeu

taire dissimuler oublier ____  le pourrai-je
Essayer __   Ne plus jamais penser à
     ces visages émaciés
     ces dalles de granit
     ces fleurs déposées

Je _______________  Voeu

de la blanche noirceur de mes nuits
chasser tant de cauchemars  __  Bête traquée
je hurle menacée pourchassée
Danse infernale d'idées sombres incrustées
en mon esprit et mon cœur meurtri

Je ________________   Voeu

ne plus réprimer refouler transcender  __  autant dire
nier renier abandonner
      mes désirs brûlants
      mes folles passions
      mes rêves perdus dans la galaxie

Je _________________  Voeu

laisser le soleil lécher de sa caresse
ma peau assoiffée
fermer les yeux sur le plaisir
inviter les plus tendres souvenirs
sensualité libérée  ___  hors d'ici Thanatos !
m'enivrer de la douceur parfumée
comme si c'était le dernier été

Je __________________  Voeu

transgresser les codes  __   Ne plus être
ce que l'on attend   __  Oser  __  Dire
       aux donneurs de leçons
       aux bons citoyens
       aux beaux parleurs

              Non

©fruban

8 juin 2015

Tous droits réservés
Protégé par copyright

Recueil en cours



crédit photo fruban