mardi 28 octobre 2014

Moment donné, de Martine Cros

D'après Giampietrino, Le Christ au roseau, XVI e. s., Musée Magnin, Dijon (détail)
D'après Giampietrino, Le Christ au roseau, XVI e. s., Musée Magnin, Dijon (détail)


















dans la pâleur égarée . mettre en notes la voix calme et soudaine .
soi-même sculpté dans ce qui s'est soi-disant 
éteint de la roche d'un volcan



à moment donné ne plus faire autrement
que partir
de soi . 

à moment donné les démons doivent dire
et les dragons cracher 
les lieux
où il fut impossible de s'abandonner .



au chaos d'avouer qu'il a perdu .
dans un regard peut être 


près de l'autre tout est extrême . trop extrêmement soi .
qu'à espérer se cherche un synonyme . est-ce vraiment : partir

réparer des battants de portes de la vie d'avant avec des clés perdues 
peindre avec des mots de brume : cela ne sonne pas faux
c'est juste à côté de ce qui est authentique .


pas besoin de majuscule
pour noter le fil ténu qui va de l'aube au crépuscule
ni l'accroc dans la trame du temps .



à moment donné viens danser avec ses gestes
maladroits
à moment , donne-lui l'ampleur d'une forêt de vent
vierge de tout nouveau sévice nouveau rêve

à moment .

donnée la lumière vient sur les clairières
du corps aux racines sectionnées . 
viens le reboiser 


reste l'ombre sous peine de la blessure d'un ciel
trop bleu . à sonder l'intelligible nuit qui ne dort pas













Martine Cros
28 octobre 2014

Picasso, l'inventaire d'une vie


Picasso, l'inventaire d'une vie - Film Complet... par Magaret468




http://www.gedeonprogrammes.com/documentaires/picasso-au-fipa/

PICASSO, L’INVENTAIRE D’UNE VIE » LE 26 OCTOBRE A 20H40 SUR ARTE



Coproduit par GEDEON Programmes, ARTE, Welcome, RMN-Grand Palais et Avro, avec la participation d’ARTE, le film PICASSO, L’INVENTAIRE D’UNE VIE sera projeté en avant-première au SUNNY SIDE OF THE DOC à la Rochelle le mercredi 25 juin 2014 à 19h au Cinéma le Dragon en présence du réalisateur Hugues Nancy et du co-auteur Olivier Widmaier Picasso. Il avait fait partie de la sélection du FIPA en janvier à Biarritz et reçu le Prix du Meilleur Portrait au FIFA de Montréal en mars 2014.
Réalisé par Hugues NANCY et co-écrit avec Olivier WIDMAIER PICASSO, ce film retrace les 3 années de l’inventaire de l’oeuvre laissée par le peintre à sa mort dans ses 11 résidences et dévoile grâce à des témoignages le portrait d’un Picasso secret et de son œuvre multiforme. Il sera diffusé en juin sur ARTE dans le cadre d’une journée PICASSO.
Pablo Picasso est certainement l’artiste le plus connu et le plus prolifique du 20e siècle. Pourtant l’homme n’en reste pas moins auréolé d’un mystère que ce film tente de dissiper. À partir du décès de Pablo Picasso, le 8 avril 1973, mort sans avoir laissé de testament, les auteurs mènent une véritable enquête pour nous raconter l’incroyable découverte qu’ont fait ses héritiers. Des milliers d’oeuvres d’art dont on ignorait même l’existence, un héritage gigantesque, une succession qui va bouleverser une famille plusieurs fois recomposée. À partir d’archives inédites et d’interviews exclusives et rares de membres de la famille Picasso, les auteurs nous font revivre une incroyable saga sentimentale et artistique qui a enfin permis de percer le mystère du génie comme de l’homme.
Un documentaire essentiel et sans précédent pour comprendre la vie et l’oeuvre de Pablo Picasso.

vendredi 24 octobre 2014

Tu es rose en mon jardin

    
crédit photo FR



                                        


Pétales rouge sang
auréoles de neige
passion et glace mêlées 
je lui donnai ton prénom

Depuis sous le vent la pluie
et le soleil de plomb
triomphante elle est là   __  Eternelle
comme toi en mon coeur

A chaque saison renouvelée
quand mon âme chavire
je vois ton sourire
Présence plus puissante
que le manque et l'absence

En cet après-midi d'automne
caressée par un souffle chaud
elle me parle de toi
des vagues bleues en tes rêves

Simple et fragile d'apparence
plus forte qu'Eole      __  Symbole
d'un amour de novembre
que nourrissent les saisons

Ensemble au-delà de l'Achéron

Elle porte ton prénom


FR

le 19 octobre 2014

© Tous droits réservés
Protégé par copyright

in, Chorégraphie de cendres (2017)
éditions épingle à nourrice












jeudi 23 octobre 2014

Un bateau, une vigne, un olivier, de Michel Koutouzis

Bientôt, les touristes qui déferleront sur une Grèce au rabais dépasseront le nombre de ses habitants. Bientôt, acheter une maison dans ce pays permettra d’accéder à la citoyenneté grecque. Bientôt le « qui possède du pognon est grec » remplacera le fameux dicton antique « qui parle grec est grec ». Les fonds spéculatifs s’emparent des terres et des avenues dont l’âme marchande s’est éteinte, les Chinois des ports, les Allemands des usines, les Anglais et les Suisses des hôtels, les Qataris des aéroports, les aventuriers et autres arnaqueurs de ce qui reste. Les milliardaires grecs et les armateurs se paient - quant à eux - des banques dites en difficulté et sauvées par un Etat en faillite, les clubs de foot et les chaines de télévision. Cette harmonisation morbide aux dictats du marché, ce rapt de l’idée même de la grécité, ce viol collectif et impersonnel perpétré contre ce peuple font écho à un armateur poète - encore une espèce en voie d’extinction - qui écrivait :
…Et qu'à la fin tous trois ressemblent

À l'âme du nuage qui vogue

Au-dessus de la ville

De la nuée qui jubile et vibre et frémit

Dans les soupirs

Dans les secousses

De l'harmonisation du plaisir…


Un autre poète, prix Nobel, en des temps insoupçonnés - mais toujours aussi sombres -, disait : « Qu’est–ce la Grèce dans sa plus grande simplicité ? Un olivier, une vigne, un bateau. Il ne faudrait pas plus pour la reconstruire ».
Un long et pénible chemin attend ce peuple : l’apprentissage du refus des sirènes anthropophages bruxelloises, la volonté d’en fini avec le Procruste de la dette, l’initiation à une nouvelle odyssée, voyage semé d’embuscades et de coups de force des bailleurs, la volonté de dire non une fois encore et en payer le prix, et surtout, surtout la volonté d’en finir avec les récits destructeurs de l’uniformisation pour accoster, enfin, à Ithaque : un olivier, une vigne et un bateau. Mais qui osera - de ce peuple anéanti - d’affronter Cyclopes et Lestigones ?
Qui osera affronter les Chimères pour atteindre l’essentiel ?

Michel Koutouzis
23 octobre 2014

mardi 21 octobre 2014

Poème de Xavier Lainé

Etat chronique de poésie 2306





2306

Tant il faut glisser
Planquer au fond des grottes
Les plaies et bosses
.
Qui ouvre portes
Tend ses mains
Ouvre ses bras
Sait où placer l'amour

*

Automne visqueux s'en vient
En nuées grises répand fumées
Agite à bout de branches
Ultimes feuillages avant la chute
.
Le chemin emprunté
Te laisse un peu fourbu
Lorsque rien ne t'invite
A te saisir du repos
.
Chaque jour te faut avancer
Ne rien délaisser
Ne rien oublier non plus
.
Le chemin emprunté
Te laisse hagard
D'un œil embarrassé
Tu scrutes les nuées
.
Chaque jour annonce son glissement
La sortie est prête vers d'autres cieux
Tu ne sais que faire que dire
Dans cette attente silencieuse

*

Tu regardes le ciel
Contemples ceux qui vont
De leur pas somnambule
Le regard figé
Vers leur bagne obligé
.
Formidable système
Que celui qui sait faire
Economie des geôliers
Des miradors et des barbelés
.
Ainsi vont les hommes perdus
.

17 septembre 2014 

© Xavier Lainé, septembre 2014, tous droits réservés






lundi 20 octobre 2014

Lettre de Stéphane Hessel à son petit-fils Daniel



Stéphane Hessel (20 octobre 1917 – 27 février 2013), résistant de la première heure, rescapé des camps de la mort, est devenu un diplomate engagé sur les droits de l’homme, la question des « sans-papiers » ou le conflit israélo-palestinien. L’auteur du best-seller politique Indignez-vous ! (2010), manifeste du mouvement des indignés, est un homme de famille attentif à la transmission de l’Histoire.



Mon Daniel, ça y est ! Elle est donc née, Marie, elle fait de moi un arrière-grand-père. Ca fait un mois que j'y pense tous les jours et que je résiste à l'envie d'en parler avec toi. Quelque chose m'intimide devant cette échéance qui me coiffe du bonnet du patriarche.
Je n'ai sûrement pas été un bon grand-père pour toi: ta vie débordante de musique, de voyages, de rencontres, d'échecs et de triomphes, j'aurais dû y être plus présent, plus mêlé. La mienne déjà si longue charrie encore trop d'engagements. Nos contacts ont été des moments de joie, de tendresse, de rigolade, pas de méditation.
Cette naissance appelle de la méditation, pas seulement de l'émerveillement joyeux. Je vais peut-être te sembler tout à coup bien pontifiant. Ce n'est pas mon habitude. Mais tu ne mesures peut-être pas l'importance du coup que tu as réussi et dont je suis jaloux.
Tu es déjà toi-même le produit d'apports multiples. Tes deux grands-pères viennent l'un de Berlin, l'autre de Chinon et leurs ascendants de Saint-Pétersbourg, de Londres et de Tulle. Mais ce que ta compagne Leïla apporte à cet enfant est inestimable: l'Orient des tziganes et l'Afrique de la Mauritanie. Marie sera donc le fruit d'un vrai métissage. Elle sera un passeur et je compte sur toi pour développer en elle cette qualité, la rendre fière de la diversité de ses composantes. Dans les replis de ce siècle encore jeune mais déjà compliqué, elle aura l'occasion d'en faire usage et profit.
Un jour quand elle aura vingt ans elle tombera sur une camarade qui étudie l'histoire de France du XXe siècle, si loin déjà mais riche encore de massacres recensés et où les historiens auront repéré une date, 1944, et un drôle d'organisme clandestin qui, en pleine guerre, a réfléchi sur l'après-guerre et qui s'est appelé Conseil national de la Résistance. En 2024 Marie aura vingt ans et ce sera le quatre-vingtième anniversaire du programme du CNR. Il ne restera plus personne depuis longtemps qui ait vécu cette époque. Mais avec les formidables progrès qu'aura fait l'archivage historique, il y aura bien un chercheur pour cliquer sur son ordinateur et découvrir sur son écran l'Appel lancé à quelques jours de la naissance de Marie lors du soixantième anniversaire de ce texte par une bande de camarades de la Résistance.
Et nous supposerons qu'alors sa camarade à elle lui dira: "je vois que ton grand-père a signé cet appel et qu'il était un résistant".
Elle se retournera vers toi et te demandera ce que cela veut dire. J'aimerais que tu lui fasses une réponse qui stimule son intérêt pour ce vocable. Parce que c'est un vocable précieux, à mon sens, pour une jeune femme du XXIe siècle, pour celle que sera devenu ce fragile et vaillant bébé que nous avons vu hier reposant entre les mains larges et noires de Leïla.
De moi, si elle te pose la question, tu peux lui dire ceci: ton arrière-grand-père a eu beaucoup de chance. Quand il a eu vingt ans le monde ne s'était pas débarrassé de la détestable habitude de faire des guerres pour faire triompher une nation, une race, une idéologie. Et ayant en face de lui un fou dangereux qui voulait subjuguer toutes les autres races à la race aryenne (comme elle aura appris l'histoire du XXe siècle à l'école elle saura de qui tu parles) mon grand-père n'avait aucune hésitation pour savoir à qui et à quoi il s'agissait pour lui de résister. Reste la question du comment. Si ta camarade a parlé de lui comme d'un résistant, c'est que les hasards et les chances dont il a bénéficié lui ont permis de reprendre le combat. Tant d'autres auraient voulu le reprendre et en ont été empêchés. Tant d'autres ont été bien contents de ne pas le reprendre. Il a pris des risques, a failli plusieurs fois y laisser la peau, a donné du fil à retordre à l'ennemi, a survécu.
Tu tâcheras de raconter ça le plus sobrement possible à Marie pour qu'elle y voie une jolie légende (tu enjoliveras un peu pour qu'elle ne s'ennuie pas trop).
Mais ensuite tu lui poseras les vraies questions sur la "résistance". "Et toi, lui demanderas-tu, à quoi as-tu envie de résister ?"
Ne la guide pas trop dans sa réponse. Laisse parler son instinct poétique, ses émotions adolescentes.
Ce n'est évidemment pas à moi, ni non plus à toi de définir pour Marie ce qui l'indigne, ce qui l'enthousiasme, ce au nom de quoi et à quoi elle veut résister.
Et je te rends attentif, ici, à la vitesse à laquelle les problèmes du monde évoluent, se renouvellent, se transforment et comme il est difficile (impossible !) de prévoir quels seront les défis de 2024.
Nous sentons bien que de grandes explosions techniques, scientifiques, peut-être morales sont en cours, ou - plus grave encore - en attente. Des impatiences. Des tentations violentes. Des crispations communautaires, ce sont les pires !
Mais aussi des avancées patientes et courageuses dans le domaine du savoir sur l'homme, sur son inhumanité à résorber, un épanouissement peut-être de cette géopoétique dont le grand écrivain franco-britannique Kenneth White est le prophète.
En vingt ans le monde aura forcément beaucoup changé. Vois comme il n'a déjà plus rien à voir avec celui où nous avons élu François Mitterrand à la présidence et l'avons accompagné jusqu'au Panthéon, une rose à la main.
Pas question donc de décider à quoi Marie devra - ou surtout voudra - résister. Mais sois sûr que la jeune femme qu'elle sera devenue, enfant du Nord et du Sud, de l'Orient et de l'Occident, saura peser ses choix.
Dis-lui alors simplement de la part de son arrière-grand-père qu'elle ne deviendra elle-même et heureuse et forte qu'en refusant fermement de se plier à une pente des choses qui lui sera présentée comme inévitable ou à donner son aval à une situation qui la choque mais qu'on lui dira irrémédiable. De quelque direction que soufflera le vent de l'histoire, c'est la façon courageuse dont Marie tendra sa voile qui fera d'elle la navigatrice dont on s'accordera à dire qu'elle est une vraie résistante. Et la déesse de l'amour, la plus exigeante de toutes, lui prodiguera sa protection. Mais voilà, cher Daniel, que par ce vent je me laisse emporter.
Pardonne-moi: j'aurais dû résister.

mardi 14 octobre 2014

Exposition Rétrospective de Jacques Chantarel (1924-2011), à Avallon (89)


 La ville d'Avallon présente Jacques CHANTAREL - L'émotion au bout du pinceau

Salles St Pierre et La Fabrique, du 20 septembre au 11 novembre 2014

Commissaire de l'Exposition : Philippe Mottron






Exposition Jacques CHANTAREL (1924-2011), Peintre, paysagiste abstrait





Du samedi 20 septembre 2014 au mardi 11 novembre 2014
Salles Saint-Pierre et la Fabrique, Avallon
Abstraction lyrique des années cinquante. Attaché toute sa vie à la peinture et au monde de l’art : de l’école supérieure des Arts Estienne à une bibliographie impressionnante d’Evelyne Artaud, Pierre Cabanne, René Deroudille, Jean-Jacques Levêque, Paul Santenac ….. Il a bénéficié de plusieurs bourses d’état ce qui lui a permis de s’expatrier entre autres 3 mois à Londres et 1 an à Amsterdam. Il fut un des membres fondateur de la jeune Ecole de Paris dite « Ecole de Strasbourg ». Il a souvent exposé à l’étranger : New York, Prague, ….. mais également en France et dans plusieurs galeries célèbres : Zunini, L’oeil écoute, Paul Facchetti, Art actuel, Galerie Garnier, Geneviève Thevenos et Galerie Bernheim…. Il est référencé au Bénézit et chez Akoun. Présent au Centre d’Art du Tremblay (89), de sa création à nos jours, il rejoint dans les années 1996/1997 avec Jean-Louis Vetter, le bureau des Artistes Contemporains Icaunais (ACI) pour en garantir l’organisation, la qualité et la pérennité. L’Yonne lui doit 50 ans de sa vie investis dans l’art plastique départemental.

 Philippe MOTTRON



Peinture de sensations, rétiniennes et épidermiques, qui scande le chant du monde.
Dans ses toiles, l'eau, l'air, le feu solaire, se gonflent, éclatent à l'instant de leur fusion génératrice, dans des mouvements tourbillonnaires creusés par un fougueux souffle cosmique.
La couleur naît de l'osmose des éléments, elle se tend en gestes vifs, s'accroche à la crête des vagues, ondule dans la chevelure des herbes, se condense en vapeurs brillantes irradiées de lumière... respiration de la terre.
                                                                                                                 Françoise Vacher







La charge émotionnelle du geste reste soumise à un dynamisme allusif, suggestif, plein de subtilité retenue, d'expressivité tactile, qui restitue davantage la perception que la possession et nous fait participer intimement à son épanouissement.
Sa vision du paysage où se lisent, dans le ballet des formes, les signes éclatants ou tendres de l'heure et du jour, est avant tout poésie; chaque tableau est une texture rythmique où se délivrent et se propagent les impulsions du coeur et les réactions des sens.
                                                                        Pierre Cabanne







Peinture qui dégage du sentiment de la nature un art dont la meilleure définition serait : un impressionnisme abstrait. Des ondulations chromatiques souples, très larges, d'une tendre luminosité, où passe un souffle à la fois lyrique, musical et optique, d'une harmonie raffinée et sereine de grande classe.
                                                                                    L'Observateur

Jacques Chantarel en 2009
crédit photo Agnès Chantarel (sa fille)





© crédit photos Françoise Ruban

tous droits réservés

lundi 13 octobre 2014

Patrick Modiano

http://www.franceculture.fr/2014-10-09-patrick-modiano-prix-nobel-de-litterature-2014#xtor=EPR-32280591

Patrick Modiano, Prix Nobel de Littérature 2014 0

L'Académie Nobel a décerné jeudi 9 octobre  l'attribution du prix Nobel de Littérature 2014 à Patrick Modiano.


>>> L’Evénement Modiano sur France Culture, 14h - minuit, samedi 11 octobre 

Quelques heures après l’attribution du Prix Nobel de Littérature à Patrick Modiano, France Culture a décidé de lui consacrer une édition spéciale de son antenne, en direct et avec des entretiens inédits, des témoignages, des archives, des documentaires, des lectures, des chansons. Tout Modiano, avec un entretien exclusif, en dix heures de radio comme vous ne l’entendrez nulle part ailleurs.



© RF / COLETTE FELLOUS
C’est “l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation”, selon le communiqué de l’Académie suédoise, qui a valu à Patrick Modiano, 69 ans, d’obtenir le prix Nobel de littérature 2014.
L’Académie a souhaité récompenser l’oeuvre du romancier français prenant place dans le Paris de la Seconde Guerre mondiale, dépeignant le poids des évènements tragiques d’une époque troublée sur le destin de personnages ordinaires.
L’architecture des romans de Modiano se déploie dans les rues de la capitale, où il développe les thèmes de la mémoire et de l’identité.
Né en 1945, Jean Modiano, devenu Patrick, vit une enfance difficile. Victime d’un certain abandon de la part de ses parents, il perd tôt son frère, alors âgé de 9 ans. Adolescent, il fugue plusieurs fois du pensionnat où il a été placé ou revend, pour pallier l'impécuniosité de sa mère, des éditions remarquables volées, auxquelles il ajoute parfois lui-même la dédicace d'un grand auteur, afin d’en augmenter la valeur.
Jeune homme intelligent (il obtient son baccalauréat en 1962, avec un an d’avance), Patrick Modiano est soutenu par Raymond Queneau, ami de sa mère, rencontré en 1960, et qui lui donne des leçons particulières de géométrie. "Comme il était obsédé par les mathématiques, il m'aidait à faire mes devoirs de ce qu'on appelait alors géométrie dans l'espace, raconte Patrick Modiano dans une interview à Libération, le 4 octobre 2007. Moi, je n'y comprenais rien. Il essayait de m'expliquer. C'était un ou deux ans après Zazie dans le métro . Il me disait qu'il l'avait écrit à partir d'équations. C'était très obscur pour moi. Il était assez taciturne."
C’est Raymond Queneau qui introduit le jeune homme dans le monde de l’édition littéraire. Patrick Modiano lui remet naturellement le manuscrit de son premier roman, Place de l’Etoile, qui sera publié en 1968 aux éditions Gallimard. Il y raconte l’histoire d’un jeune juif, né juste après la guerre, hanté par l’idée de persécution. L’oeuvre obtient le prix Roger-Nimier et le prix Fénéon. Dès lors, Patrick Modiano se consacre exclusivement à l’écriture.
L’enfance a marqué Modiano. Le passé trouble de son père, arrêté par la Gestapo puis relâché, des parents peu aimants, la mort de son frère, sont autant d’évènements qui le questionnent. “Quand on a des souvenirs énigmatiques, on a besoin de les comprendre”, souligne l’auteur de Un Pedigree(2005), livre où il retrace cette enfance singulière, matrice de son oeuvre. Cette étrange jeunesse est déterminante dans la façon qu’a Modiano de rendre inexplicable l’accessible et de se consacrer aux années noires de l’Occupation : “Je pense que le travail du romancier c’est de mettre du mystère autour de ce qui semble ne pas en avoir, raconte-t-il lors d’une interview. Le mystère est intrinsèque, même les choses les plus banales peuvent être mystérieuses.
En 1970, il épouse Dominique Zerhfuss. Son témoin est Queneau, celui de sa femme, Malraux. Deux ans plus tard, il est récompensé du Grand Prix du roman de l’Académie française pour son troisième ouvrage Les Boulevards de la ceinture, puis par le Prix Goncourt en 1978 pour Rue des boutiques obscures. Son 28ème roman, “Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier”, est sorti le 2 octobre dernier.
Patrick Modiano est le quinzième français à recevoir le prix Nobel de littérature.


Lecture

>>>en mars 2010, Arnaud Laporte recevait dans « Tout arrive ! » Patrick Modiano à l’occasion de la parution de son roman « L’Horizon ». Il revenait alors sur les premières sensations ressenties devant la page blanche de son nouveau roman :
Lecture
Partager

>>>écoutez l’annonce du comité de l’attribution du Nobel de littérature 2014 à Patrick Modiano, puis la réaction de Guy Walter, écrivain, invité de « La Grande table » :
Lecture
Partager

>>>la réaction de Sandrine Treiner, directrice adjointe de France Culture dans « La Grande table » :
Lecture
Partager

Lecture
Partager

>>>Ali Baddou, en mars 2010 dans « Radio libre », s'entretenait avec Patrick Modiano pendant 1h et demie avec des intervenants issus du monde de la culture et des idées :
Lecture
Partager





Découvrez (en six courtes vidéos)ce portrait de Patrick Modiano de 50 minutes, diffusé sur France 3 en 1996




jeudi 9 octobre 2014

Les Mots, de Spyros K

Les mots entendus hier
Je les ai sentis ce matin
L'âme poreuse comme une pierre
Quand ta voix parle au destin...
                  ***
Les flots amers de ton absence
Comme la chair de la mémoire
Certitude d'une connaissance
Ton encre irrigue mon grimoire...
                  ***
Les sons du vent sont tes appels
Et me concentre sur ton ombre
Ton esprit chante un gospel
Illuminant l'étrange pénombre...
                    ***
Les mots diffus comme des affaires
Prennent une allure très tactile
Petites morsures au corps offert
Et la possibilité d'une île...
                      ***
Le temps soudain fait des siennes
Accordéon au gré des envies
Mais ta conscience sous ses persiennes
Allume les codes de la Vie...


Spyros K

le 5 octobre 2014

Tous droits réservés
Protégé par copyright