dimanche 16 juillet 2017

Ces mots-souffle, poème



                                                          Ces mots-souffle 



Ces mots
seules caresses quand l'absence se fait lourde
frémissent sur la peau font battre le cœur
Ce cœur qui parfois s'essouffle
au rythme endiablé de l'attente de la peur qu'elle génère
Cette peur du Temps qui s'écoule si vite
qu'il nous noie dans ses flots galopants
Ces mots
nés de tes lèvres et de ta plume
Signes que tu existes que mon ombre t'effleure
Ces mots
qui parfois pleurent
lorsque les larmes restent sèches


Ces mots
qui éclaboussent ta joie
fracassent le silence assourdissant
La vitre vole en éclats
Tu es là et tu ris tu ris aux imbéciles
Ce rire qui résonne en échos de plaines en vallons
Immense soleil sous la pluie de tristesse
Ô ris ris encore
Rompre le sortilège de la Camarde qui chemine
sournoise et triomphante
Nos corps narguent son sourire de hyène fuient lui échappent
Ces corps qui crient
en quête du murmure des caresses
Ces mots ces appels incessants nous tiennent debout
nous offrent quiétude et repos


Ces mots-ici et maintenant
Ces mots-cris
Ces mots-larmes
Ces mots-frères
Ces mots-complices
Ces mots-douceur

Ces mots   ____   souffle des Je t'aime


© fruban

le 15 juillet 2017

Tous droits réservés
recueil en cours



© crédit photo fruban








jeudi 13 juillet 2017

Texte et photo, Michel Giliberti




photo Michel Giliberti




Je partirai, oui… c’est écrit, mais une fois encore, je voudrais faire entendre combien les nuits, ici, sont uniques, combien l’insouciance des regards est plaisante, combien leur complicité d’un instant est toujours source de bonheur. Je voudrais faire ressentir ce que procure ce souffle parfois si chaud en soirée qui alanguit votre corps et votre esprit déjà noyé dans les lourds parfums des jardins secrets.
Et puis les rires dans les ruelles, les cris aussi… les gestes, la transpiration, les cernes, car on dort mal, mais ce mal fait du bien… la musique ; toujours quelque part. Cette indiscipline qui régit tout et force à faire de même sinon, vous vous interdisez de vivre.
Et puis les glibettes, les amandes, les pralines, les citronnades… l'indolence.
Je partirai, oui, c’est obligé, mais une fois encore, je me retrouverai déchiré entre deux pays, deux amours complexes, mais la douleur m’ayant de tout temps inspiré poèmes et romans, j’écrirai encore longtemps sur ces années tunisiennes qui ne furent pas toujours faciles, mais toujours étranges, souvent philosophiques pour le garçon compliqué que je suis.
Mon enfance s’est passée dans un cinéma de Menzel Bourguiba et j’ai fait de ma vie un film produit par la Tunisie.
Il fait si chaud ce soir, il fait si beau, il fait si… toi !

Michel Giliberti

12 juillet 2017








Michel Gilibert, peintre, photographe, poète, auquel j'ai déjà consacré quelques pages ici.
Si vous désirez en savoir davantage vous pouvez visiter son site officiel, sa page facebook.




Vers mes articles



ou ICI
















dimanche 9 juillet 2017

Ta vie comme un puzzle, poème de Françoise Ruban



                                               
 Rien ne remplace l'épreuve des choses. Les mots demeurent des ombres à côté de la vie. 
Laurence Tardieu, Comme un père (Arléa 2002)





  Ta vie comme un puzzle




Petit enfant hésitant balbutiant
tu cherches où placer ton premier regard
Par hasard tu choisis de poser ta main ici
ton centre dans ce grand vide étrange
noir trop noir pour tes yeux si curieux
Comment peu à peu trouver le bleu le rouge
cet arc-en-ciel de l'enfance



Solitaire tu pioches tu réunis tes pensées
au gré de tes désirs de tes émois
Mettre tes pas ici ou bien là
Il y a au fond de toi ce manque cette absence
Ta boussole ce seront tes crayons tes pinceaux
ton ciseau de sculpteur ta terre à modeler
Déjà l'artiste sourit en toi



Rouge passion ou rouge sang
Tes mains tâtonnent de ci de là
Les arbres les animaux de transhumance
parcours tant aventurier qu'initiatique
Gagner sa croûte continuer à créer créer encore et toujours
D'amours en amourettes tu façonnes ta vie d'homme
Tu avances vagabond écorché vif en quête de la juste place



Ta plume célébrée enfin la joie t'illumine
Harmonie trop vite bosselée cabossée
que masquent ta malice et tes pitreries
S'éparpillent rêves et désirs et le bleu encore quitte la scène
Le noir te rejoint en pleine fête de la liberté
Le souffle court le petit clown peine à respirer et
les larmes inondent ses doigts



Je m'endors ici ou là pour un oui pour un non
Automate somnambule aux souliers de papier imprimé
partition d'une sonate qui égraine les heures du jour et de la nuit 
Chercher se placer construire
Fragmenter morceler s'égarer dé-construire
Naître et mourir
Notre Vie amour 
Ensemble continuons.



© fruban, le 9 juillet 2017

Tous droits réservés
recueil en cours




René Magritte, La Condition humaine (1933)
photo du Net








mardi 4 juillet 2017

Lettre de Simone Veil, à l'Académie Française, 2005













"Les rescapés d’Auschwitz ne sont plus qu’une poignée. Bientôt, notre mémoire ne reposera plus que sur nos familles, sur l’Etat, mais aussi sur les institutions qui en ont fait leur mission, notamment celles en charge des lieux où vous vous trouvez aujourd’hui. Elle sera aussi la source d’inspiration d’artistes et d’auteurs, comme un objet qui nous échappe pour le meilleur et pour le pire. Notre mémoire, surtout, doit être intégrée et conciliée avec l’enseignement de l’histoire à l’école, faisant des élèves comme des professeurs des relais essentiels de cette nécessaire transmission.
Il vous appartiendra de faire vivre ou non notre souvenir, de rapporter nos paroles, le nom de nos camarades disparus. Notre terrible expérience aussi de la barbarie poussée à son paroxysme, flattant les instincts les plus primaires de l’homme comme les ressorts d’une modernité cruelle.
L’humanité est un vernis fragile, mais ce vernis existe. En parlant de ce monde à part que fut celui des camps et de la tourmente dans laquelle les Juifs furent emportés, nous vous disons cette abomination, mais nous témoignons aussi sur les raisons de ne pas désespérer. D’abord, pour certains d’entre-nous, il y eut ceux qui nous aidèrent pendant la guerre, par des gestes parfois simples parfois périlleux, qui contribuèrent à notre survie. Il y eut la camaraderie entre détenus, certes pas systématique, dont les effets furent ô combien salutaires. Et puis, pour cette infime minorité qui regagna la France en 1945, la vie a été la plus forte ; elle a repris avec ses joies et ses douleurs.
Puissent nos rires résonner en vous comme notre peine immense.
Notre héritage est là, entre vos mains, dans votre réflexion et dans votre cœur, dans votre intelligence et votre sensibilité.
Il vous appartient que la vigilance ne soit pas un vain mot, un appel qui résonne dans le vide de consciences endormies. Si la Shoah constitue un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité, le poison du racisme, de l’antisémitisme, du rejet de l’autre, de la haine ne sont l’apanage d’aucune époque, d’aucune culture, ni d’aucun peuple. Ils menacent à des degrés divers et sous des formes variées, au quotidien, partout et toujours, dans le siècle passé comme dans celui qui s’ouvre. Ce monde là est le vôtre. Les cendres d’Auschwitz lui servent de terreau.
Pourtant, votre responsabilité est de ne pas céder aux amalgames, à toutes les confusions. La souffrance est intolérable ; toutes les situations ne se valent pourtant pas. Sachez faire preuve de discernement, alors que le temps nous éloigne toujours plus de ces événements, faisant de la banalisation un mal peut-être plus dangereux encore que la négation. L’enseignement de la Shoah n’est pas non plus un vaccin contre l’antisémitisme, ni les dérives totalitaires, mais il peut aider à forger la conscience de chacun et chacune d’entre-vous. Il doit vous faire réfléchir sur ce que furent les mécanismes et les conséquences de cette histoire dramatique. Notre témoignage existe pour vous appeler à incarner et à défendre ces valeurs démocratiques qui puisent leurs racines dans le respect absolu de la dignité humaine, notre legs le plus précieux à vous, jeunesse du XXIe siècle."







photos du Net

vendredi 30 juin 2017

Tu vois, je reste là, humant, Denis Tellier

   
dessin Denis Tellier





                         
                                 Tu vois, je reste là, humant






Tu vois, j'ai en moi une petite chose sans valeur sans saveur, qui revient de temps en temps au-dessus de l'onde, brume qui envahit l'espace d'un étang. J'en profite pour en faire le tour dans ma tête... je me rends compte que j'ai cette possibilité d'être comme les autres, d'égaler des désirs, d'avoir des envies, non pour réussir, mais pour être en moi, à peu près bien.

J'ai pensé longtemps dans mon enfance, dans l'adolescence aussi, qu'il fallait dépasser un cap pour devenir adulte. Être grand nécessitait obligatoirement un examen de passage, des preuves et tellement d'assurance. J'avais peur de ce rendez-vous, de cette trajectoire vers des  chemins que je n'aimais pas.  C'est facile  quand on est petit de rester habillé en Indien toute la journée, les gens ne s'étonnent pas. Plus grand,   on vous montre du doigt, l'adulte ne rigole jamais quand il s'agit de « devenir un homme mon fils ».
Je n'avais pas une once de réflexion sur un métier choisi, alors, on me proposait à l'emporte pièce des boulots de manoeuvre, mécanicien, tôlier, chaudronnier, ferblantier, ajusteur - pour ajuster quoi ? - le manque d'ajustement, évidemment.
La réussite d'une vie n'appartenait-elle qu'aux personnes savantes ?

Tu vois, je ne me posais pas trop de questions. Heureusement  l'intérieur de ma tête était resté sauvage. En avançant je regardais reculer l'horizon.
Je n'étais pas à la hauteur ou seulement dans des travaux de soutien, des dépannages extrêmes, traire les vaches à la sortie des champs, couper du bois à l'entrée de l'hiver... Et puis le schéma de la réussite me laissait indifférent, le complot de l'échelle hiérarchique me gonflait les joues, à l'intérieur je ruminais une mauvaise haleine.
Les hommes progressaient les uns sur les autres, pataugeant dans des lois,  encore napoléoniennes pour certaines. Ils riaient aux éclats, bras dessus, bras dessous, pensant qu'avec tout ce retard, il fallait prendre de l'avance sur le temps.
C'est vrai qu'un bicorne écrasé  à s'y méprendre ressemble de loin à un béret posé.

Non, je voulais encore partager les cerises de l'arbre avec les oiseaux. Je voulais calmement parler de l'humanité avec des hommes au regard franc.  Me rappeler des premières tribus qui cherchaient sous la lune, sous les étoiles, une harmonisation. Je pensais comme un fou que l'on était capable de tout. Réunir l'essentiel  pour bien remplir la vie.
J'en avais ras-les-bottes des trajectoires obligatoires, des prototypes originaux, des propositions malhonnêtes pour un supposé équilibre.

Non, tu vois, je reste là... humant.


© Denis Tellier

Ventôse (Février-Mars) 2015

Tous droits réservés








photos Denis Tellier

mercredi 28 juin 2017

Le silence même n'est plus à toi, Asli Erdogan (Actes Sud,2016)







Le silence même n'est plus à toi

Dans l’un de ses derniers livres parus en France, Aslı Erdoğan évoquait déjà ce lieu effrayant entre tous, le “Bâtiment de pierre” – autrement dit la prison de Bakırköy à Istanbul. Or voici qu’en août 2016, à la suite de la tentative de coup d’État de juillet, la romancière turque est arrêtée et s’y trouve incarcérée. Son délit : avoir écrit dans un journal pro-kurde (Özgür Gündem) pour clamer son indignation et dénoncer toutes les atteintes à la liberté d’opinion. Depuis lors, la situation en Turquie s’aggrave et Aslı Erdoğan – entre autres intellectuels, journalistes et universitaires – encourt une condamnation aussi infondée qu’inacceptable.
Ce volume rassemble quelques-unes des chroniques qui lui ont valu cette accusation. Le lecteur y retrouvera l’exigence poétique d’Aslı Erdoğan, son amour de la liberté, sa lucidité et la beauté de sa langue.
Que ce livre puisse briser l’étau du silence : tel est désormais le voeu de ses éditeurs, en France et à l’étranger, partout où son oeuvre a droit de cité.

Actes Sud


Très belle note de lecture sur le site LITTERATURE par Alice Granger, le 17 janvier 2017

"Adrien de la vallée de Thurroch", de Denis Tellier


Adrien... le retour au bercail !

photo Denis

En juillet 2016, j'avais déjà consacré un article à Denis Tellier, écrivain de grand talent, à la plume originale. Ecrivain, sculpteur, peintre....mille cordes à son arc !
Si aujourd'hui, je reviens sur "Adrien de la vallée de Thurroch", c'est que pour acheter ce livre rare, lu et relu avec grand plaisir, il vous faut maintenant le commander directement à son auteur.

Où joindre Denis Tellier ?  ICI
Vous pouvez aussi laisser un message sur ce blog, il lui sera transmis.

Pour lire l'article que je lui avais consacré, c'est ICI

Un petit extrait

(...) "De suite, il m'a semblé entrer dans une langue, une écriture, autres que celles d'un romancier. Des images, des sonorités, un rythme qui sont ceux du Poète. Comme un long poème en prose. (p 14-16)

      Lorsqu' Adrien entre en scène, je me suis d'abord demandé qui il était... Croisements entremêlés des époques. Très vite, on apprend à le découvrir, on croit le connaître, et puis...
Ces corbeaux freux omniprésents qui planent sur vos mots, sur cette vallée. Oiseaux de mauvaise augure, mauvais présage ? La Mort rôde. (dernières lignes p 20)

On voit, on respire (ah ! les odeurs!!), on entend vivre cette campagne ardennaise. Les superstitions, le dur labeur. Des images saisissantes « les rideaux amidonnés à la fumée des âtres » « entretenir un bon voisinage croûte que croûte » ! Et tout au long, j'en découvrirai tant et tant...

Je me suis arrêtée plusieurs fois. Réfléchir à ce « Je »... Vous Denis, glissé dans la peau d'Adrien ?

La description de sa maison est plus vraie que si elle était là, sous mes yeux. Des souvenirs remontent en moi... Elle m'a rappelé la maison de Raoul, entre Creuse et Corrèze, début années 70. Chez lui, je me croyais des années en arrière, complètement hors du temps. Presque l'époque d'Adrien - « cela sentait l'homme seul, l'intérieur confiné et le rance ». La présence de la mère...morte.

On entre brutalement dans la Guerre. Déjà j'entrevois l'horreur « il bondissait sur les têtes, de casque en casque » ! Et tout au long de ce récit poétique, l'horreur sera là, progressivement atroce."(....)
FRuban, juillet 2016


Note de lecture de Marie-Flore Zannis


Il sait écrire Denis Tellier , il sait si bien écrire qu’on ne peut que tourner les pages de son roman jusqu’à la dernière, sans s’arrêter et qu’on le relit dès qu’il est terminé (et sans doute le relirai-je encore). Pourtant rien ne me rattache à ce pays des Ardennes mais combien m’a émue l’histoire d’Adrien, ce paysan revenu cabossé ,dehors et dedans, de la grande guerre , et prisonnier de ses souvenirs .
"C’est plus tard, en se couchant, dans le mâchonnement de l’étonnement , que les souvenirs de la journée, remontaient en tête"
Le récit est presque surréaliste et les mots si précis pour décrire la misère, les taudis, la solitude, le sang des tranchées , la rudesse
"il fallait voir, ces laboureurs, sur la toile de fond de l’horizon, sortir des champs dans le contre jour des guigois sur la pointe des pieds avec, posées sur leurs cous des têtes d’un autre âge " . 
Mais aussi les paysages, les arbres, les champs, les fleurs, les oiseaux, le vent du Nord ,
Son écriture est particulière, étonnants ces mots qu’il pose avec une douceur consumé puis à coup violent de burin mais toujours concise, épurée. La poésie court tout au long , car Denis est un artiste, sculpteur sur bois, c’est pourquoi ses mots sont sculptés comme on taille une pièce de bois et tout ce qu’il peut y ajouter pour éclairer sa vision (...)
MFZ, le 24 novembre 2017

samedi 24 juin 2017

Ciels de Juin / avant le Solstice, fruban

crédit photo fruban





                                                         Ciels de Juin
                                                                                 avant le Solstice




D'abord bleu encre le ciel
s'illumine de voiles rose saumon
s'empourpre avant d'ouvrir les portes de la Nuit
Les derniers oiseaux se sont tu
Au loin meugle une vache
Brusquement le noir s'est installé
Le Silence aussi
L'air frais entre par la fenêtre ouverte
Les silhouettes fantomatiquement noires des arbres
rendent le ciel plus clair
Le Silence de la Nuit


Quelques heures avant le flamboiement du ciel
Un peu de vent dans les ramures
J'écoute le merle les tourterelles les hirondelles
celles-ci plutôt espiègles batifolent   ___  sarabande joyeuse
Passereaux mésanges déjà regagnent leur nid
simple trou dans la muraille enfouissement dans le lierre
Bientôt tout ce petit monde de l'été fleurissant
se taira   ___   le Silence jusqu'à demain
Toujours meugle une vache
dans le jour dans la nuit elle pleure elle appelle


Ce soir tout au loin un chien aboie
Légère la brise caresse mes bras nus
et soulève mes cheveux
Le Silence alentour
Derrière mes paupières closes ton visage sourit
Respirer les étoiles qui clignotent
M'ouvrir au ciel si vaste qu'il m'emporte
   ___    dans l'infini de la Nuit
Le sommeil se fait lourd tellement lourd


Je regarde le ciel à l'approche du Solstice...


© fruban

le 19 juin 2017

Tous droits réservés

vendredi 23 juin 2017

Antoine Choplin, écrivain



J'ai découvert Antoine Choplin il y a très peu de temps, avec Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar, depuis j'ai lu Le héron de Guernica et La nuit tombée, avec un désir très grand de découvrir certains recueils de poèmes, d'autres romans aussi. Je me demande bien pourquoi cet écrivain au talent original, n'a pas plus d'existence dans les medias. Ses livres sont de ceux qui nous happent, nous emmènent, tant pour la beauté de sa plume que pour les faits qu'il raconte. Autour de Vaclav Havel, de la destruction de Guernica, de la catastrophe de Tchernobyl. Ses personnages principaux, humbles, simples, sont de ceux qui savent observer, ressentir, comprendre l'essentiel. Une grande poésie dans le regard porté sur le monde. Des descriptions toujours portées par un regard de poète. Que ce soit pour décrire l'horreur ou la beauté du monde. Des personnages attachants.
Je recommande à tous de lire Antoine Choplin ! fruban











Le 33e prix Louis-Guilloux remis à Antoine Choplin

pour son livre "Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar"(éd La Fosse aux ours)

(Juin 2017)


"Antoine Choplin et le témoin inattendu
Histoire d’un livre. La rencontre d’un photographe proche de Vaclav Havel a été pour l’auteur le déclencheur d’un roman longuement mûri sur la dissidence tchèque.

LE MONDE DES LIVRES | 31.05.2017 à 17h10 | Par Florent Georgesco (Collaborateur du "Monde des livres")


"Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar", d’Antoine Choplin, La Fosse aux ours, 280 p., 18 €.

Un père emmène son fils au théâtre. Nous sommes en 1979, à Paris, où Stéphan Meldegg met en scène à l’Essaïon, pour la première fois en France, Audience et Vernissage, de Vaclav Havel. Près de quarante ans passent. L’adolescent qui découvrait l’œuvre et la figure du dissident tchèque alors en prison, l’un des symboles les plus puissants des combats pour la liberté à l’ère soviétique, est devenu romancier. Antoine Choplin se souvient : « Ce jour-là, j’ai commencé à comprendre ce qui arrivait. Une petite veilleuse venait de s’allumer. Cela n’a pas fait de moi un exégète de cette période historique, mais j’ai développé une attention constante aux événements qui se produisaient à l’Est. » (....)


Le photographe tchèque Bohdan Holomicek en 2009. Fred Tannzau/AFP





Lire la suite ICI

                                                                ***


Extrait d'un article dans CULTUR'ELLE

Publié le 19 janvier 2017 par CAROLINE DOUDET (L'IRRÉGULIÈRE)

"Coup de coeur pour ce roman extraordinaire qui retrace avec brio et une grande maîtrise de la narration la lutte pour les libertés et contre le joug communiste — la peur, la surveillance constante par la police et les traîtres qui se font passer pour des amis. Sans que les dates soient précisées, le roman alterne ellipses de plusieurs années, et moments de la dissidence, jusqu’à la victoire finale et l’élection de Václav Havel. Entre Prague et la campagne Tchèque, entre réel et fiction, se construit l’histoire d’une révolution de velours menée par des écrivains, incarnation d’une conscience nationale en marche…"

                                                              ***


Dans BRICABOOK


"Ouvrir Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar est une plongée dans un univers en suspension. Tomas Kusar n’est pas un homme connu, mais il fait partie de ces êtres qui savent vivre et prendre le temps de contempler l’univers, de lui rendre sa véritable part. Tomas n’a rien d’exceptionnel pour certains : il est garde barrière à Trutnov en Tchécoslovaquie, il aime se promener dans la forêt, un amoureux de la nature, féru de photographie. Voler des instants, les figer pour toujours, et rendre grâce au temps, à ce qui rend la vie belle, faite de ces petits instants suspendus … Pour certains Tomas est homme de rien, à mes yeux il est homme de tout.

Il vit, là, sans anicroches, jusqu’à ce qu’il fasse la rencontre d’un homme fantasque au grand coeur : Václav Havel . Ce dernier n’est pas encore président de la Tchécoslovaquie, mais il est un dramaturge en opposition au régime en place…

Voici un roman porté par une douce grâce. Une rencontre, une amitié instantanée, fidèle et sans failles entre ces deux-là. Une évidence, presque. Pourtant ils ont des vies complètement différentes. Mais entre eux, nulle question, le lien est là, de façon naturelle. Et beau. Nous les suivons à travers différentes péripéties, des activités dissidentes, des passages en prison, mais aussi de très beaux instants en forêt, à écouter le temps de la vie qui s’écoule.

Encore une fois j’ai été charmée par cette histoire. Quelle belle ode à ces Justes souvent restés dans l’ombre mais qui portent en eux le germe de l’Histoire, sans lesquels celle de la Tchécoslovaquie n’aurait pas été la même.

Merci monsieur Choplin (et là tout d’un coup, je comprends pourquoi vous êtes resté un romancier de l’ombre.)"


                                                         ***



Bibliographie et entretiens d'Antoine Choplin sur Babelio

notamment à propos de son livre "Le héron de Guernica" (éd du Rouergue)








Antoine Choplin



mercredi 14 juin 2017

Colloque de Juin / d'hier à demain, poème

photo fruban







Colloque de Juin
                                     d'hier à demain



Des fois je suis seul avec moi-même  
je vis en libre promeneur 
je ne fais plus rien avec ce qui m'entoure 
une paresse non 
une mollesse non 
je reste dans ma tête
Pas la force de m'enfuir de rejoindre le monde 
tapi en moi j'écoute et je pense



Fenêtre ouverte un grand silence
et quelques chants d'oiseaux de nuit
Et lui dans le Sud  __  quel silence perçoit-il
quels murmures dans sa nuit
Sans moi sans nous
Ce soir juste avant la tombée de la nuit
un seul gros nuage rose dans un ciel encore bleu gris
Magie des reflets du couchant...


Au matin le jardin m'offre de belles senteurs d'herbe mouillée
mêlées à celles des roses du sureau des seringats du chèvrefeuille
Pluies abondantes et tout petit orage hier soir
arrosage salutaire pour la terre assoiffée
Un peu de soleil vite caché  nuages gris menaçants
Et moi je tourne mon regard vers le Sud... Mélancolique absence.



Il est dans la lune non 
il est chez lui il regarde transforme l'existence
Il est dans le soleil non  ___   il cherche l'ombre 
Il articule des mots en plein air dans le  silence
Il aimerait parfois faire des gestes semblables à ceux des autres 
non ses bras frôlent ses hanches
Il aimerait attendre encore un peu atteindre l'heure suivante
Il ne sait pas quand elle tombera...
il sait seulement qu'à ce moment là il s'écartera
Eviter le rebondissement du temps



Légère accalmie des éléments
le merle a repris son chant les hirondelles leur chorégraphie en folie
Elle a faim ça la fait sourire... ces mots qu'il lui dit si souvent
Ces mots qui lui manquent
Mots simples de tendresse protectrice mots de malice
qui n'appartiennent qu'à lui
Elle aimerait s'endormir jusqu'à son retour
Belle au bois dormant s'éveillant
au souffle caressant de ses baisers



J'équipe des équipages j'enselle mes chevaux
mes doigts rejettent ma tignasse en arrière
Je passerai dans la nuit.... j'ai envie de te voir
C'est en marchant à l'ombre dans le raidillon tout à l'heure
que j'ai pensé à toi... si fort
Je te regarde
Nous nous regardons
Nos lèvres bougent
Tes yeux
Ta voix


Samedi bien noir et agité
par intermittence le soleil revient
De nouveau ça gazouille au jardin
Alors elle aussi elle gazouille
Mélancolique et amoureuse mélodie
Comme celui du rossignol son chant s'envole et se perd ... vers là-bas
Il se pourrait qu'au détour d'un sentier serpentant les garrigues
quelques notes chatouillent son oreille éveillée.



Le 14 juin 2017

© à quatre mains, Toi et Moi

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Massif des Monges, Col de la Croix de Veyre
(photo du Net)

site, Transhumance Alpes de Hte Provence