jeudi 2 novembre 2017

Haïkus d'automne, de fruban


                                                            Haïkus d'automne


Ocre des champs bruns
sur ton cœur baume et embruns
automnale jouvence.


Cendre des nuages
mélancolie de l'attente
est-ce la tempête ?


Branches dénudées
une seule nuit suffit
  __   s'envole la sève


Dans la brume cendre
des volutes de fumée
chaleur en nos cœurs


Chevreuil aux abois
dans la plaine les fusils
font fi de la Vie


Les flammes grenat
s'accrochent au liquidambar
et le monde chavire...


Dernières framboises
douceur sur ta lèvre  __  Ami
ton nectar d'hiver


Vole papillon...
où vivras-tu en hiver
et où ta blancheur ?


Automne ton ciel gris
humide et froid ton tapis
nostalgique effroi


Et toi geai secoue
tes plumes aux couleurs d'été
dans l'eau du chagrin


Feuillages gisant
bientôt noir et riche humus
vert espoir demain


Chèvrefeuille si triste
seules quelques roses éparses
quand s'endort la Vie


Brume grise pelisse
lourde sur ton âme pâle
un souffle ténu


Pluie de feuilles d'or
tombe sur tes cheveux blancs
ô ce vent vaurien !


L'une après l'autre
t'abandonnent tes parures
arbre décharné.


© fruban

octobre 2017

extraits (écriture en cours)

Tous droits réservés








photos fruban







mardi 31 octobre 2017

Emission sur le Poète kurde Seyhmus Dagtekin (France Inter)

D'ICI ET D'AILLEURS



"Ce soir il sera question des montagnes du Kurdistan, du bruissement des arbres, et d’un monde d’avant le livre. Il sera question de territoire ouvert, d’horizon et de lignes de fuite, ce soir il sera question d’un berger qui a lu Joyce et Dostoievski, le pied gauche au village, le pied droit dans l’univers."

Zoé Varier

29 octobre 2016









Seyhmus Dagtekin © E. Tatlipinar


France Inter


dimanche 29 octobre 2017

Pensée du soir, fruban

Pensée du soir


Pas facile d'oser un tout petit pas
dans le monde de ceux qui savent
le vrai savoir
la beauté belle
l'art et ses normes

Pas facile d'oser un tout petit mot
dans le monde de ceux qui discourent
des sujets dignes
des ponctuations nobles
des vers vraiment vers

Pas facile d'oser une toute petite liberté
dans le monde de ceux qui emprisonnent
la parole du coeur
les émotions du ventre
l'amour de la Vie

Pas facile de fuir les salons mondains
quand on aime les sentiers discrets
l'ombre du feuillage
les reflets et les caresses du soleil
les étoiles au ciel des nuits

Non pas facile
Mais je le fais
Je le ferai
Pour Toi
Pour Moi


27 octobre 2016 - 27 octobre 2017

© fruban



photo fruban


lundi 16 octobre 2017

Prisonnière, poème de fruban




« Nous ne sommes rien, ce que nous cherchons est tout »
Olav H.Hauge
cité dans la Préface de « Nord profond » (éd Bleu autour)



Prisonnière



Prisonnière des murs de pierres
Prisonnière des ciels gris des murs de pluie
Sur tes écrits tu te replies
Si la Nature se montre parfois hostile
Il est des prisons plus impitoyables
Emmurée par les cœurs de pierre
Tu te bats pour trouver la lumière

La cohorte des revanchards charognards se déchaînent et t'encerclent

Chaque matin je te regarde mon amie
l'araignée tisseuse de toiles
Je te parle de mes nuits
Je te dis les hommes et leurs mesquineries
Je souris avec toi de nos secrets
Nos cœurs battent au rythme du monde
au rythme d'une absence si présente

Les feuillages enflammés ruissellent en perles d'or sur la pluie d'hier

Les poètes vendent leur cœur
Comme d'autres vendent des Mirages
Tout est marché tout est commerce
Ô écrire pour le Silence écrire pour l'Absence
Ne pas vendre ton âme au diable
Maître Ego se pavane sur les réseaux
Et toi tu te sens prisonnière

Nous savons toi et moi les mots simples
les mots profonds
Ce poète norvégien entre taille de cerisiers
et carnets de poésie
Les mots de la Vie de l'Amour de la Nature
de la Beauté du monde

« Je veux qu'un poème soit tel que tu puisses habiter dedans »(1) 


© fruban, le 14 octobre 2017

Tous droits réservés
recueil en cours

(1) Olav H.Hauge, cité dans la Préface de « Nord profond »




© photo fruban



dimanche 15 octobre 2017

Sylvia Plath, par Valérie Rouzeau (France Culture)








Ca rime à quoi - Valérie Rouzeau pour Sylvia Plath (1ère diffusion : 31/10/2009)

09/10/2017















Sur Esprits nomades



Edge (5 Février 1963)

The woman is perfected.
Her dead
Body wears the smile of accomplishment,
The illusion of a Greek necessity
Flows in the scrolls of her toga,
Her bare
Feet seem to be saying:
We have come so far, it is over.
Each dead child coiled, a white serpent,
One at each little
Pitcher of milk, now empty.
She has folded
Them back into her body as petals
Of a rose close when the garden
Stiffens and odors bleed
From the sweet, deep throats of the night flower.
The moon has nothing to be sad about,
Staring from her hood of bone.
She is used to this sort of thing.
Her blacks crackle and drag.

Tout au bord (poème ultime)

La femme s'est accomplie
son corps mort

porte le sourire de l'accomplissement
l'illusion d'une obligation grecque
coule dans les rouleaux de sa toge

Ses nus
pieds semblent vouloir dire:
Nous sommes arrivés si loin, tout est fini.

Chaque enfant mort est enroulé, un serpent blanc,
Près de chacun une cruche de lait
maintenant vide.

Elle les a repliés contre son corps
comme les pétales
d'une rose refermée quand le jardin
se fige et que les parfums saignent
des douces, profondes, gorges de la fleur de la nuit.

La lune n'a pas à s'en désoler,
fixant le tout de sa cagoule d'os.
Elle a tant l'habitude de cela.
Sa noirceur crépite et se traîne.







jeudi 12 octobre 2017

Poème de Pablo Neruda, in, Mémorial de l'Île Noire




Et ce fut à cet âge... La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d'où
elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas
des mots, ni le silence:
d'une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.

Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j'écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l'ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l'univers.

Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l'instar, à l'image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l'abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon coeur se dénoua dans le vent.


Pablo Neruda, Mémorial de l'île Noire, 1964


L'Ile-Noire, la maison de Pablo Neruda au bord de l'océan


"Il me fallait trouver un endroit où travailler. Je découvris une maison de pierre donnant sur l'océan, dans un endroit ignoré de tous, appelé l'Ile-Noire. Le propriétaire, un vieux socialiste espagnol, capitaine de vaisseau, don Eladio Sobrino, la faisait construire pour sa famille mais voulut bien me la vendre. Comment l'acheter ? Je confiai mon projet de Chant général aux éditions Ercilla, qui publiaient alors mes oeuvres, mais on repoussa ma proposition. Finalement, avec l'appui d'autres éditeurs, qui payèrent directement le propriétaire, je pus acheter en 1939 ma maison de travail." ( "J'avoue que j'ai vécu", 1975 )








© Maison de Neruda sur la Isla Negra

Cette photo vient du site Maisons d'écrivains
On peut visiter cette maison (nombreuses photos)

lundi 2 octobre 2017

Toi si petite, poème de fruban




                                           Toi si petite


Je te revois toute petite presque timide
Ce jour de janvier ce jour de deuil
Nos chemins s'étaient séparés
depuis longtemps déjà
Je devais être forte pour lui
et toi tu me fragilisais

Tant d'années de secrets enfouis
de mensonges de malentendus
Tu ne m'aimais plus  __  triste et fière
je le vivais ainsi
Ne plus entendre tes paroles venimeuses
Je sais maintenant que toi aussi tu étais malheureuse

Ce soir vois-tu c'est ton image
qui me revient qui me hante
Toi si seule dans cette église
où tu ne m'as pas regardée
Toi si petite si fragile et moi bien trop fière
Il était trop tard beaucoup trop tard

Certains secrets conduisent à la folie
Je devais t'échapper ne plus pleurer
Ne plus m'interroger ne plus te chercher
Simplement m'enfuir construire ma vie
Et j'ai cru que cet amour là
pouvait s'oublier

Et puis je te revis toute petite toute fragile
Sur un lit d'hôpital
J'ai caressé tes mains ton visage
/ Maman je suis là /
Tu partis dans la nuit
Notre histoire était finie

Je le croyais...


© fruban
02 octobre 2017


Tous droits réservés


Gustav Klimt, 1909
photo du Net


vendredi 29 septembre 2017

Arlequin est mort aujourd'hui, poème de Cristian Ronsmans



Arlequin est mort aujourd'hui




Aujourd’hui, après un dernier verre de vin rouge, Arlequin s’en est allé.
Arlequin est mort, aujourd’hui.
Il n’a fait ses adieux à personne. Pas même à son meilleur comparse et ami, Brighella.
Il ne voulait pas d’un salut, comme ceux, qu’après une bonne farce, il répéta des milliers de fois sur les tréteaux de Messine ou de Venise.
Il est parti, presque en s’excusant d’être venu.
Usé, sa chair et ses os ont quitté l’arc-en-ciel de son costume kaléidoscopique,
Une dépouille pantelante gît sur le sol dans une mare de deuil.
Il sait qu’un monde, le sien, s’achève, et il ne regrette rien.
Il a fait ce qu’il avait à faire. Peut-être ?
Dans le magasin des souvenirs du théâtre, il sait qu’avec le temps, son déguisement, son masque bosselé, son calot informe et sa batte menaçante n’auront plus aucun message à délivrer. Et de toute façon, personne pour les décrypter.
Arlequin est mort aujourd’hui.
Il ne va rejoindre personne. Car il n’y a personne. Les étoiles ne sont que pour les vivants, qu’elles soient mortes ou filantes. Les morts ne voient pas les étoiles ne deviennent pas étoiles et ne sont même pas un grain de poussière.
Alors, lui, Arlequin,il part. Il part dans le grand sommeil éternel et infini du néant.
Le néant qui ne signifie rien. Pas plus que le vide ou le rien ne signifient quoi que ce soit.
Arlequin est mort aujourd’hui.
Que la fête commence !

© Cristian Ronsmans

le 29 septembre 2017


Tous droits réservés







Picasso, Arlequin penchant (1916)
photo du Net

mardi 26 septembre 2017

Un voeu, poème fruban


                                           Un voeu
           


Je veux

taire dissimuler oublier ____  le pourrai-je
Essayer.  Ne plus jamais penser à
     ces visages émaciés
     ces dalles de granit
     ces fleurs déposées


Je veux

de la blanche noirceur de mes nuits
chasser tant de cauchemars  __  Bête traquée
je hurle menacée pourchassée
Danse infernale d'idées sombres incrustées
en mon esprit et mon cœur meurtri


Je veux

ne plus réprimer refouler transcender  __  autant dire
nier renier abandonner
      mes désirs brûlants
      mes folles passions
      mes rêves perdus dans la galaxie


Je veux

laisser le soleil lécher de sa caresse
ma peau assoiffée
fermer les yeux sur le plaisir
inviter les plus tendres souvenirs
sensualité libérée  ___  hors d'ici Thanatos !
m'enivrer de la douceur parfumée
comme si c'était le dernier été


Je veux

transgresser les codes  __   Ne plus être
ce que l'on attend
__  Oser
__  Dire
       aux donneurs de leçons
       aux bons citoyens
       aux beaux parleurs

              Non



© fruban

le 8 juin 2015

Tous droits réservés
recueil en cours



© photo fruban

samedi 23 septembre 2017

Asli Erdogan, invitée à La Grande Librairie







La Grande Librairie, jeudi 21 septembre 2017



Placée sous le signe de la désobéissance civile, La Grande Librairie accueille la journaliste et écrivaine turque Aslı Erdoğan. Pour la première fois elle revient sur ses plus de quatre mois d’incarcération en 2016 pour délit d’opinions. Un témoignage poignant qu'elle publie aux éditions Actes Sud et qui s'intitule « Le silence même n'est plus à toi ».