Fraîcheur de l'aube Prémices
au feuillage ambre de l'automne
douce langueur laine glissée
sur mon coeur
quand chante le silence
mélodie de ton absence
Cocon à peine éclos Mes mots
avalanche de nuit blanche
dansent sous la Lune
ronde radieuse lumineuse
Federico l'écho de ta romance
évanescence d'ombres bleues
sur ta sonate Ludwig
Es-tu rêve ou bien sève Enivrées
mes lèvres t'espèrent entrouvertes
sur cet automnal crépuscule
l'Amour est champagne
tes baisers pétillantes bulles
Ô ivresse des saveurs
Immobile voyageuse Temps suspendu
aux souvenirs éperdus
palette d'arpèges aux senteurs estivales
féerique symphonie que fredonne
mon âme solitaire et fière
le manque de Toi pour unique lien
pour unique bien
D'abord pâle le Soleil
brûle mon corps alangui et m'emporte
translucide opaline la vague de cristal
Regard égaré au fond du ciel Vega
sera Muse et déploiera pour nous
le lit d'une immortelle étreinte
Ville portuaire, Valparaiso est le paradis de l’art urbain : tous les coins de rue laissent entrevoir les couleurs d’un mouvement graffiti fort et dynamique construit avec l’influence des U.S.A, la culture hip hop et d’autre part l’influence française, datant de mai 68.
Issu de la scène Street art sud-américaine, INTI (traduisez littéralement ‘soleil’ en langue quechua) est un artiste peintre chilien, né en 1982 à Valparaíso. Il étudie à l’École des Beaux-Arts de Viña Del Mar, avant d’imposer son style poétique et surréaliste en Amérique du Sud, aux États-Unis et en Europe, tant dans les rues que dans les galeries. Lorsqu’il n’est pas en voyage pour son travail, il vit entre la France et le Chili.
Il développe un univers pictural festif, avec une mise en scène presque théâtrale et une symbolique empruntée à l’imaginaire populaire latino-américaine, et s’inspire de la culture populaire sud-américaine, de l’art précolombien et des fresques propagandistes de le BRP (Brigada Ramona Parra : brigades communistes) pour réaliser des fresques XXL où il peint des personnages hauts en couleur regorgeant de multiples détails.
Il s’approprie notamment une figure emblématique du Carnaval d’Ouro : le ‘Kusillo’, un petit clown de carnaval issu de la culture bolivienne habillé d’un patchwork de tissus.
Le ‘Kusillo’ est son personnage fétiche, et l’élément récurrent de son oeuvre.
Peu à peu, Inti exporte ses fresques gigantesques un peu partout dans le monde.
Il a réalisé plus d’une centaine de fresques aux quatre coins du globe : France, Espagne, Allemagne, Norvège, Liban, Pologne, U.S.A… A Paris, il s’est fait remarquer en réalisant une fresque XXL sur le flanc d’un immeuble du 13ème arrondissement. Pour sa collection Printemps/Été 2014, la maison malletière Louis Vuitton a confié la création d’une édition inédite de foulards à trois artistes issus du mouvement Graffitis. Inti s’approprie le fameux carré de soie qu’il pare de couleurs chaudes et où il met à l’honneur le dieu Inca ‘Wiracocha’.
Outre le visuel qu’Inti nous a prêté pour l’illustration de ces prochaines Escales de Saint-nazaire, il réalisera une fresque géante sur le port de Saint-Nazaire, quelques jours avant l’ouverture des portes du Festival.
Et nous sommes l’un à l’autre, à l’heure où l’ombre pénètre son ombre dans le marbre
Et je me ressemble lorsque je suspends mon être à un cou qui n’étreint que les nuages.
Tu es l’éther qui se dénude devant moi, larmes de raisin.
Tu es le commencement de la famille des vagues lorsqu’elles s’agrippent à la terre ferme, lorsqu’elles migrent,
Et je t’aime et tu es le prélude de mon âme et l’épilogue.
S’envolent les colombes
Se posent les colombes.
- Mon aimé et moi, deux voix sur les mêmes lèvres.
J’appartiens à mon aimé, moi, et mon aimé appartient à son étoile fugitive
Et nous entrons dans le rêve, mais il ralentit le pas pour nous échapper.
Lorsque mon aimé s’endort, je me lève pour protéger son rêve de ce qu’il pourrait voir
Et chasse les nuits passées avant notre rencontre.
Je choisis nos jours de mes mains
Et choisis pour moi la rose de notre table.
Dors, mon aimé,
Que les voix des mers s’élèvent jusqu’à mes genoux.
Dors mon aimé,
Que je me pose en toi et délivre ton rêve d’une épine jalouse.
Dors,
Que les tresses de ma poésie soient sur toi, et la paix.
S’envolent les colombes
Se posent les colombes.
- J’ai vu avril sur la mer.
J’ai dit : Tu as oublié le suspens de tes mains, oublié les cantiques sur mes plaies.
Combien peux-tu naître dans mon songe
Et me mettre à mort,
Pour que je crie : Je t’aime.
Et que tu trouves le repos ?
Je t’appelle avant les mots.
Je m’envole avec ta hanche avant d’arriver chez toi.
Combien parviendras-tu à déposer les adresses de mon âme dans les becs de ces colombes, à disparaître, tel l’horizon sur les pentes,
Pour que je sache que tu es Babel, Egypte et Shâm ?
S’envolent les colombes
Se posent les colombes.
- Où m’emportes-tu mon petit aimé, loin de mes parents,
De mes arbres, de mon petit lit et de mon ennui,
De mes miroirs, de ma lune, du coffre de mes jours, de mes nuits de veille,
De mes habits et de ma pudeur ?
Où m’emportes-tu mon aimé, où ?
Dans mon oreille tu enflammes les steppes, tu me charges de deux vagues,
Tu brise deux côtes, tu me bois, tu me brûles, et
M’abandonnes sur le chemin du vent vers toi.
Pitié … pitié …
S’envolent les colombes
Se posent les colombes.
- Ma hanche est une plaie ouverte, car je t’aime
Et je cours de douleur dans des nuits agrandies par la crainte de ce que j’appréhende.
Viens souvent et absente-toi brièvement.
Viens brièvement et absente-toi souvent.
Viens et viens et viens. Aah d’un pas immobile.
Je t’aime car je te désire. Je t’aime car je te désire.
Et je prends une poignée de ce rayon encerclé par les abeilles et la rose furtive.
Je t’aime, malédiction de sentiments.
J’ai peur de toi pour mon cœur. J’ai peur que mon désir se réalise.
Je t’aime car je te désire.
Je t’aime, corps qui créé les souvenirs et les met à mort avant qu’ils ne s’accomplissent.
Je t’aime car je te désire.
Je modèle mon âme à l’image des deux pieds, des deux édens.
J’écorche mes plaies avec les extrémités de ton silence… et la tempête
Et je meurs pour que les mots trônent dans tes mains.
S’envolent les colombes
Se posent les colombes.
- « L’eau me blesse », car je t’aime
Les chemins de la mer me blessent,
Le papillon,
L’appel à la prière dans la lumière de tes poignets me blessent.
Mon aimé, je t’appelle à longueur de sommeil. J’ai peur de l’attention des mots.
Peur qu’ils ne découvrent l’abeille en larme entre mes cuisses.
L’ombre sous les réverbères me blesse car je t’aime,
Un oiseau dans le ciel lointain, le parfum du lilas me blessent
Et le commencement de la mer,
Et sa fin.
Aah si je pouvais ne pas t’aimer,
Ne pas aimer,
Qu’enfin guérisse ce marbre.
S’envolent les colombes
Se posent les colombes.
- Je t’aperçois et j’échappe au trépas. Ton corps est un havre.
Chargé de dix lys blancs, dix doigts, le ciel s’en va vers son bleu égaré.
Et je tiens cet éclat marbré, je tiens le parfum du lait caché
Dans deux prunes sur l’albâtre et j’adore celui qui décerne à la terre ferme et à la mer
Un refuge sur la rive du sel et du miel premiers. Je boirai le suc de caroube de ta nuit
Et je m’endormirai
Sur un blé qui brise le champ, brise jusqu’au cri qui se rouille.
Je te vois et j’échappe au trépas. Ton corps est un havre.
Comment la terre m’exile-t-elle dans la terre ?
Comment s’endort le songe ?
S’envolent les colombes
Se posent les colombes.
- Mon amour, j’ai peur du silence de tes mains.
Ecorche mon sang, que s’endorme la jument.
Mon amour, les femmes des oiseaux volent vers toi,
Prends-moi, souffle ou épouse.
Mon amour, je demeurerai là, que mûrissent dans tes mains les pistaches de mes seins,
Que les gardes m’arrachent de tes pas.
Mon amour, je te pleurerai toi toi toi,
Car tu es le toit de mon ciel
Et mon corps est ta terre sur terre
Et ta demeure.
S’envolent les colombes
Se posent les colombes.
Sur le pont, j’ai vu l’Andalousie de l’amour et du sixième sens.
Sur une fleur desséchée,
Il lui rendit son cœur
Et dit : L’amour requiert de moi ce que je n’aime pas.
Il requiert que je l’aime.
La lune s’endormit
Sur une bague qui se brise
Et les colombes s’envolèrent.
Sur le pont, j’ai vu l’Andalousie de l’amour et du sixième sens.
Sur une larme désespérée,
Elle lui rendit son cœur,
Et dit : L’amour requiert de moi ce que je n’aime pas.
Il requiert que je l’aime.
La lune s’endormit
Sur une bague qui se brise
Et la nuit noire se posa sur le point et les amants.
S’envolent les colombes
Et se posent
1984
In : Mahmoud Darwich, La terre nous est étroite et autres poèmes, Collection Poésie chez Gallimard, traduit de l’arabe par Elias Sanbar, pp171-177.
"Poète palestinien, Mahmoud Darwich est né en 1941 à al-Birwa en Galilée. À la suite de la création de l'État d'Israël en 1948, sa famille quitte la Galilée pour le Liban. Un an plus tard, elle y retourne clandestinement et découvre que son village a été rasé. Elle s'installe alors à Dayr al-Asad, où l'enfant Mahmoud commence des études qu'il poursuit à Jdaydé avant de s'installer à Haïfa. Militant dès son plus jeune âge, il adhère en 1961 au parti communiste israélien Rakah. Incarcéré à cinq reprises entre 1961 et 1967 et assigné à résidence à Haïfa, il choisit l'exil en 1970. " (Encyclopédie Universalis)
Très beau site de Mahmoud Darwich, poète palestinien (1941-2008)
Un poème sonore de Rodolphe Burger (guitare, chant), avec Julien Perraudeau (basse, clavier), Mehdi Haddab (oud), Yves Dormoy (électro, clarinette), Ruth Rosenthal (chant) & Rayess Bek (chant)
Cette pièce, issue d'un spectacle créé en mars 2010 sur le plateau du Théâtre Molière à Sète, est un double hommage rendu à Alain Bashung et à Mahmoud Darwich, une mise en miroir de deux chants d'amour.
Celle-ci est la deuxième partie, une nouvelle création musicale à partir du poème S'envolent les colombes de Mahmoud Darwish, poète palestinien.
Lorsque je flâne sur le port de pêche, là où viennent s'amarrer et décharger les gros chalutiers, à chaque fois mes yeux se portent sur cet endroit à l'écart, où gisent d'étranges vestiges. Entassés, abandonnés, ils vivent leurs derniers instants, après bien des séjours en mer, au service des marins pêcheurs.
A chaque fois, je me sens attirée par ces noeuds, ces cordages, ces filets entremêlés. Ces lourdes chaines aux maillons gigantesques. Ces "sabots" rouillés inertes et inutiles. Mis en retraite avant de rejoindre le destin des mourants, ils brillent de mille couleurs tressées par le plus grand des hasards. Phénix renaissant de ses cendres... Qui d'autre qu'un photographe au regard de poète (et vice-versa...), un peintre... un "original", diront certains. Qui donc s'intéresse à ces objets mis au rebut ?
Les accompagner de poèmes que j'aime, qui parlent de Mer et de Mort, s'est imposé comme une évidence. Un dernier hommage en somme.
"Objets inanimés avez-vous donc une âme..."
fRuban
Une beauté autre, celle des activités humaines, dans un port de pêche et de plaisance. Ce qui me séduit tout autant que les couchants grandioses. Différent, mais ce qui donne vie à La Turballe, retient les commerces essentiels, fixe les populations. Après la pleine saison estivale, seules seront fermées les boutiques de fringues et de gadgets pour touristes.
J'aime cet endroit, au passé sans véritable histoire (La Turballe célébre cette année ses 150 ans... autant dire epsilon !), pourtant riche du travail des hommes.
Il reste encore chez nous d´la grain´ d´aventuriers.
Je n´ai jamais su dire ce que disent leurs yeux
Perdus dans ces visages burinés par le vent
Ces beaux visages d´hommes ces visages de vieux
Qui savent encore sourire et dire à nos vingt ans
Remettez vos cabans et rompez les amarres
Allez y de l´avant mais tenez bon la barre
François Budet
Petit mort pour rire
Va vite, léger peigneur de comètes ! Les herbes au vent seront tes cheveux; De ton oeil béant jailliront les feux Follets, prisonniers dans les pauvres têtes... Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes Foisonneront plein ton rire terreux... Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes... Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes Pour les croque-morts sont de simples jeux, Boîtes à violon qui sonnent le creux... Ils te croiront mort - Les bourgeois sont bêtes - Va vite, léger peigneur de comètes ! Tristan Corbière Les amours jaunes, Rondels pour après
Cette nuit ni plus ni moins obscure que celles qui l’ont précédée.
Cette nuit ni moins ni plus obscure que celles à venir
Depuis des siècles et millénaires,
Cette nuit, j’observerai le scintillement
De la lune argentée et la brillance de l’étoile, Vénus,
Dans les ombres fuligineuses de l’inconnaissable Nocturne.
Et, avec elles, tous les feux métalliques des corps célestes
Immuables à mes yeux clos.
Demain, le soleil viendra desceller mon regard et paupières dessillées,
Je regarderai l’astre flamboyant dans les yeux, une dernière fois,
Avant qu’à ma vue, il ne s’éteigne à jamais.
Il sera le matador en habit de lumière éternelle
Et je serai son taureau apeuré.
Seule pour un instant encore, vacillante, subsistera
L’ombre de ce que je fus et ne cessais jamais d’être.
Puis elle-même, comme happée dans un tourbillon,
Un orage de feu, elle sera à son tour emportée.
Alors, le soir prochain, une nuit pareille à la précédente,
Une nuit identique à celle à venir
Prendra ses quartiers
Sur le monde où je fus.
La mer qui ressemble à la vie avec Vassilis Alexakis
Elle connaît tous les jeux, renferme tous les mystères, elle est très vieille et étonnamment juvénile, la mer de Vassilis Alexakis .
Qui raconte l'Egée, son île de Tinos, la danse et l’horizon.
La Méditerranée déchirée, la Méditerranée, devenue cimetière et nouvelle frontière, mais aussi la mer qui sait écouter. La mer qu’on peut manger comme un morceau de bleu. La mer qui est tout…
Je me suis demandé longtemps qui allait pouvoir faire écho aux éclats passionnés surgis pendant l’été. Quand Vassilis Alexakis m’a dit "venez donc", j’ai su que ce serait lui. Lui qui a parsemé ses derniers livres de réflexions politiques et poétiques, sur la crise grecque et la mer.
Comme dans "La clarinette", paru en 2015, au Seuil, où il dit que la mer fait parfois osciller le bateau tout doucement en prenant les passagers pour des enfants qu’il faut bercer.
Vassilis Alexakis, érudit et tendre, pertinent mais doux, qui a raconté dans plusieurs romans, son voyage intime du grec au français, puis du français au grec, et son amour des langues.
Vassilis Alexakis qui a surtout écrit "La clarinette" pour son ami et éditeur, qu’il appelle simplement Jean-Marc. Il l’a accompagné jusqu’à la fin et au-delà, puisque leur dialogue se poursuit au fil des pages. Et même d’une chambre d’hôpital à une autre, puisqu’il parle depuis un lit blanc.
Mais comme debout face à l’horizon, sur son île de Tinos. Ou comme quand il nage avec son masque et qu’il a l’impression de voler.
A lire aussi
Parmi ses nombreux et très beaux romans et récits:
"Paris-Athènes", "La langue maternelle" et "L’Enfant grec", parus chez Stock et en Folio.
Dans l’avion grec qui le ramène à Paris, Vassilis Alexakis est assis à côté d’une femme sujette au stress aéronautique. Elle lui demande ce qu’il fait dans la vie.
Lui : «Je suis équilibriste. »
« A votre âge ? », s’étonne la dame.
« J’évite les exhibitions périlleuses, dit-il pour la rassurer. Je ne fais plus les chutes du Niagara ni les tours de Notre-Dame. Je me produis dans les cimetières pour égayer les familles en deuil. Je croise les âmes qui montent vers le ciel. Elles montent très lentement, elles ne sont pas pressées de prendre congé du monde, on dirait qu’elles le regrettent déjà.»
Il faut prendre Alexakis au mot. Cet écrivain est vraiment un équilibriste. Malgré ses 72 ans et sa jambe récemment opérée d’un anévrysme, il avance, léger comme une plume, sur le fil tendu non seulement entre sa Grèce natale et sa France d’adoption, mais aussi entre les vivants et les morts. Avec «la Clarinette», cet exercice acrobatique touche au bel art et atteint le sommet de l’émotion.
Hiver 2012-2013. Son meilleur ami, son frère spirituel, son éditeur depuis quarante ans, est atteint d’un mal incurable. C’est Jean-Marc Roberts, qu’il entoure de son affection, visite dans son appartement du square Montholon ou à l’hôpital, qu’il apostrophe et tutoie à chaque page de ce roman-vrai.
A Jean-Marc, qui a trop fumé, Vassilis, qui tire comme un sapeur sur sa bouffarde, confie sa mélancolie. Il est fatigué de Paris, il se demande s’il ne va pas retourner vivre à Athènes, où il part provisoirement fêter son anniversaire et où son père, quand il était malheureux, se mettait au soleil.
Alors qu’il traduit son dernier roman en grec, qu’il se traduit en somme, il se sent également prêt à prendre congé de la langue française. Comme si la fin prochaine de Jean-Marc l’obligeait à un nouveau départ. Comme si, sans lui, la France ne serait plus la France. Alors, il se dépêche de lui dire qu’il l’aime.
Car, pour Alexakis, tout est bon dans le Roberts : ses femmes, ses enfants, ses romans (il les résume en une formule lumineuse et poignante: «Un petit garçon courant derrière un camion de déménagement»), ses habitudes, ses blagues, sa bravoure, son panache.
A son ami de cœur dévoré par le crabe, il adresse ce livre dont la forme emprunte à la démarche du crabe, tout en à-côtés, en diagonales, en digressions.
Il lui parle de la maladie qui frappe la Grèce, des SDF, des avantages fiscaux dont l’Eglise bénéficie et des menaces proférées par Aube dorée contre les immigrés. Il revisite Paris à partir des adresses de toutes les maisons d’édition où Jean-Marc a travaillé. Il lui fait entendre, au téléphone, la chanson de Dalida, «Bambino», qu’il adorait.
Il va même jusqu’à lui décrire, tel un spectacle qu’il aurait manqué, son enterrement au cimetière de Montmartre. Car, même après sa mort, Vassilis Alexakis continue de lui raconter sa vie. On voudrait que ce roman plein de rires et de larmes ne s’arrête pas. Et que son héros revienne.