En replay jusqu'au 30 décembre 2017
La troupe de la Comédie-Française chante Boris Vian
mercredi 31 mai 2017
vendredi 26 mai 2017
Chopin, poème de Stratis Pascalis
Chopin
Angoisse de captif d'un miroir terni qui ne peut sortir
Tulle d'araignée de paradis
Lyre de poussière d'étoiles dont Gabriel joue devant une Vierge
en nuages roses
Et le Romantisme plongé à vie dans une prison dorée.
Vers traduit en notes abstraites
Cercueil flottant que traînent des cygnes entre des nénuphars de pierre
Mélancolie en blanc et noir __ nature morte aux pilules de perle,
rosaire blanc sur l'ébène d'une table de psychanalyse.
Cris sans matière au-dessus de tombeaux de blessures
Délices d'orchestre de jardins fleuristes très obscurs
Effleurements infimes de touches dissonantes
Naufrages engloutis s'agitant douloureux tentacules sous la surface
d'un Océan violet
Et une sirène pleure se sentant à demi humaine soudain.
C'est le récit perdu dont seule subsiste la musique.
Stratis Pascalis
in, Saison de paradis
éd Al Manar p 17, avec encres de Jean Anguera
traduit du grec par Michel Volkovitch
![]() |
| Martine Cros, peint d'après Chopin de Delacroix (Chopin impressionniste) |
A voir sur le site des éditions AL MANAR
D'autres poèmes sur le site de Michel Volkowitch
vendredi 19 mai 2017
Aube espérance ___ malgré, poème Françoise Ruban
![]() |
| crédit photos fruban |
Aube une espérance
___ malgré
Le soleil s'enfuit _____ chassé
par les nuages lourds de pluie
Au petit jour ses feux allumaient
l'horizon à peine sorti de la nuit
Tu te nourris de lumières de rêves
annoncés
Tu t'efforces d'oublier les menaces
Haine violence dans les
cœurs
prisonniers d' egos
sectaires
sur les réseaux de la
planète vite propagés
Aube ton
ciel épouse les rumeurs du monde
Planète
indomptée reflets de tant de beauté
par la
folie des hommes menacée
Eteindre
les radios
_____ sur les sentiers escarpés partir solitaire
Portés
par le souffle léger du vent de mai
baisers
et Soleil en prime
Fil
tissé de tendresse boucle ouverte
à la
beauté l'amitié
_____ à notre Amour
Ne plus lire les
invectives d'abrutis revanchards
prompts à arroser de
leur fiel le miel et l'amour
au nom de leur vérité
Tu
écoutes les poèmes des hirondelles qui dansent
le chant
amoureux et mélancolique du rossignol
______ des mots beaux comme ses caresses sur ta peau
Sa main
serrée dans la tienne.
©fruban
12 mai
2017
Tous
droits réservés
recueil en cours
jeudi 18 mai 2017
Mai au jardin
Mai au jardin
J'ai très souvent parlé du tout premier printemps. Quand on sort de longs mois noirs. Premières notes colorées au sol, sous les arbres encore nus et décharnés. Peu du mois de Mai.
La fin de ce renouveau, juste avant le Solstice, offre bien des charmes. Le réveil des oiseaux de jour comme de nuit, caresse mon oreille et fait sourire mon cœur. La promesse des fruits, ou leur absence, se dessine comme une évidence.
Les narines frémissent aux parfums subtils de la julienne des jardins, des glycines qui s'attardent. Et cette odeur enivrante, nourricière, de l'herbe après la pluie. Sans oublier les premières roses, bien longues à s'épanouir cette année.
Les ravages des gelées tardives peignent en rouille les jeunes feuilles trop tendres. Des taches sombres recouvrent le sol, cachent l'herbe drue et poussante. Comme dernière salissure de l'hiver qui s'accroche.
Le merle moqueur encore amoureux. Tandis que batifolent les hirondelles, entre deux becquées à leur première nichée. Par centaines ronronnent les abeilles sur les buissons fleuris, prélevant le précieux nectar pour nos boissons chaudes du prochain hiver. Elles s'attardent ici ou là, alchimistes d'une saveur inédite.
Assise à l'ombre du noisetier, je lève les yeux vers le bleu si pur que j'en suis éblouie. A mes pieds, les pâquerettes se dressent fières, là où se sont éteintes les violettes. Et toujours le merle ! Siffle mon ami de Mai !
Le gingko m'attriste. Ses bras décharnés recouverts de petits chiffons roussis. Combien de jours avant que n'apparaissent de nouveau leurs élégantes feuilles en forme de cœur... Figuier, noyer, ont subi le même sort.
fruban
16 mai 2017
| crédit photos fruban |
| crédit photos fruban |
jeudi 11 mai 2017
Une nuit avec Léo Ferré, France Culture
![]() |
| Léo Ferré lors de l'enregistrement d'une émission de Jean-Christophe Averty sur FR3 en 1989.• Crédits : Ginies - Sipa |
France Culture
Retour en 1988 le 1er janvier sur France Culture, cette nuit est consacrée à Léo Ferré... Ses amis étaient présents autour de lui pour écouter les chansons de Léo et pour parler de son oeuvre et de sa vie. Cette archive exceptionnelle, de près de six heures est rediffusée pour fêter le centenaire de la naissance de Léo Ferré né le 24 août 1916.
"Avec le temps... Spécial Léo Ferré", dans cette émission l'occasion est donnée à Léo Ferré de retracer, avec ses amis (peintres, poètes, philosophes, hommes politiques, musiciens,...) une époque et une oeuvre, avec la participation de Maxime Le Forestier, Jean-Pierre Chabrol, Jacques Attali, Jean-Claude Casadesus, Jean Vasca, Francis Claude, Anne-Marie Houdebine, Paco Ibanez. Léo Ferré donnait un très long entretien entrecoupé d'archives d'actualités sur les anarchistes, la guerre d'Espagne, les congés payés et Léon Blum, etc.
Oeuvres de Léo Ferré entendues au cours de l'émission : Le Mal aimé (2'20) / (enregistrement 1957, bande appartenant à Léo Ferré), Avec le temps (5'25), Graine d'ananar (2') avec Jean-Pierre Chabrol, Le Flamenco de Paris (3'20), Le Bateau espagnol (4'30).
Par Louis-Jean Calvet et Marc Legras
Avec Léo Ferré, Jean-Michel Boris, Jean-Claude Casadesus, Jean-Pierre Chabrol, Jacques Attali, Francis Claude, Maxime Le Forestier, Anne-Marie Houdebine, Paco Ibanez, Sapho, Catherine Sauvage et Jean Vasca
Réalisation Claude Guerre
Avec le temps - Une nuit avec Léo Ferré
1ère diffusion : 01/01/1988
Indexation web : Sandrine England, documentation sonore de Radio France
Intervenants
Léo Ferré
Maxime Le Forestier : Artiste interprète
Michel Serres : philosophe, épistémologue, membre de l'Académie française
Jean-Claude Casadesus : Chef d'orchestre
Sapho
France Culture
samedi 6 mai 2017
Ruwen Ogien, philosophe (France Inter et France Culture)
![]() |
| Ruwen Ogien en 2012• Crédits : Foc Kan/WireImage - Getty |
Ruwen Ogien, décédé le 4 mai 2017
vendredi 5 mai 2017, par Laure Adler
Intimement vôtre avec Patrick Autréaux et Ruwen Ogien
L’un, refait à l’envers le chemin qui l’a conduit de la médecine, puis de la maladie, à la littérature. L’autre se demande si l’on peut philosopher en souffrant d’un cancer.
France Inter
En hommage au philosophe Ruwen Ogien, nous vous rediffusons l'émission du 17 mars 2017, dans laquelle nous recevions Ruwen Ogien et Patrick Autréaux.
Choix musical de Ruwen Ogien : Grand Corps Malade avec Funambule
Archives :
Archive Ina (non datée) : Gaston Bachelard s’exprime sur les relations entre la philosophie et la science
Archive Ina du 4 janvier 2001 : Susan Sontag parle des intentions d’écriture de son livre "La maladie comme métaphore" au micro de Chantal Thomas
Générique : Veridis Quo, Daft Punk
Ecouter aussi sur France Culture
ICI
Ruwen Ogien avait fait de son "cancer capricieux, chaotique" le point de départ de son dernier essai, Mes Mille et Une Nuits (Albin Michel), publié début 2017. Cette maladie qu'il décrivait comme une "bouffonnerie sociale" a fini par le tuer, le philosophe moral élève de Jacques Bouveresse en est mort ce jeudi après une vie marquée par la pensée de la liberté.
Jusqu'au bout, Ruwen Ogien aura lutté contre ce "dolorisme" qu'il critiquait dans son livre, décrivant la maladie comme tension entre un drame intime et une comédie sociale, refusant les injonctions morales faites au patient, assigné à la souffrance, à la quête intime voire à la résilience. Cet essai intime, original, mêle description du quotidien haché par la douleur et analyse des relations mises en scène, faussées par la maladie. Avec, toujours, cet humour joyeux qui accompagne la réelle liberté. Il était l'invité de la Grande table en février dernier, pour l'un de ses derniers passages dans les médias.
Lire aussi dans Télérama
« Faire durer le suspense comme Shéhérazade, en évitant de me mettre à dos les soignants, c'est le mieux que je puisse espérer, si j'ai bien compris la nature de ma maladie. »
J'ai commandé ce livre que j'ai grande hâte de lire , FR
La Grande Librairie
mercredi 3 mai 2017
Mon nouveau recueil, Chorégraphie de cendres
Je l'avais annoncé plusieurs fois, il est arrivé !
Mon nouveau recueil : Chorégraphie de cendres, éditions épingle à nourrice
Chorégraphie de cendres
Pour le commander, vous pouvez le faire ici, en m'envoyant un mail (contact) . Vous pouvez aussi vous adresser à la maison d'édition (liens ci-dessus).
Mon nouveau recueil : Chorégraphie de cendres, éditions épingle à nourrice
Chorégraphie de cendres
Pour le commander, vous pouvez le faire ici, en m'envoyant un mail (contact) . Vous pouvez aussi vous adresser à la maison d'édition (liens ci-dessus).
lundi 1 mai 2017
La mort viendra et elle aura tes yeux, Cesare Pavese
Cesare Pavese (1908-1950)
La mort viendra et elle aura tes yeux –
Cette mort
qui nous escorte
Du matin au soir, et jamais ne s'endort,
Aussi sourde qu'un remords ancien
Ou un vice absurde. Tes yeux
Seront une parole vaine,
Un cri étouffé, un silence.
Ainsi les vois-tu chaque matin
Quand sur toi seule tu te penches
Dans le miroir. Ô chère espérance,
Ce jour-là nous saurons nous aussi
Que tu es la vie et que tu es le néant.
Pour tous la mort a un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme répudier un vice,
Comme voir dans le miroir
Resurgir un visage mort,
Comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons au fond du gouffre, muets.
Traduit de l'italien par Joël GAYRAUD
PAVESE, Cesare - La mort viendra et elle aura... par Gilles-Claude
Le métier de vivre de Pavese, par Jean-François Foulon ICI
Poèmes
Je passerai par la place d’Espagne.
Le ciel sera limpide.
Les rues s’ouvriront
sur la colline de pins et de pierre.
Le tumulte des rues
ne changera pas cet air immobile.
Les fleurs éclaboussées
de couleurs aux fontaines
feront des clins d’oeil
comme des femmes gaies.
Escaliers et terrasses
et les hirondelles
chanteront au soleil.
Cette rue s’ouvrira,
les pierres chanteront,
le coeur en tressaillant battra,
comme l’eau des fontaines.
Ce sera cette voix
qui montera chez toi.
Les fenêtres sauront
le parfum de la pierre
et de l’air du matin.
Une porte s’ouvrira.
Les tumultes des rues
sera le tumulte du coeur
dans la lumière hagarde.
Tu seras là – immobile et limpide.
28 mars 1950.
Cesare Pavese
(Santo Stefano Belbo, Cuneo, 9 septembre 1908 – Turin, 27 août 1950),
in, le recueil Travailler fatigue.
Poème retrouvé sur la table de chevet de Cesare Pavese (9 septembre 1908 – 26 août 1950) après son suicide.
La mort viendra et elle aura tes yeux -
cette mort qui est notre compagne
du matin jusqu’au soir, sans sommeil,
sourde, comme un vieux remords
ou un vice absurde. Tes yeux
seront une vaine parole,
un cri réprimé, un silence.
Ainsi les vois-tu le matin
quand sur toi seule tu te penches
au miroir. O chère espérance,
ce jour-là nous saurons nous aussi
que tu es la vie et que tu es le néant.
La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme cesser un vice,
comme voir resurgir
au miroir un visage défunt,
comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muets.
Verrà la morte e avrà i tuoi occhi-
questa morte che ci accompagna
dal mattino alla sera, insonne,
sorda, come un vecchio rimorso
o un vizio assurdo. I tuoi occhi
saranno una vana parola,
un grido taciuto, un silenzio.
Così li vedi ogni mattina
quando su te sola ti pieghi
nello specchio. O cara speranza,
quel giorno sapremo anche noi
che sei la vita e sei il nulla
Per tutti la morte ha uno sguardo.
Verrà la morte e avrà i tuoi occhi.
Sarà come smettere un vizio,
come vedere nello specchio
riemergere un viso morto,
come ascoltare un labbro chiuso.
Scenderemo nel gorgo muti.
Article de Catherine Réault-Crosnier (1998), extrait
Cesare Pavese est plus connu comme romancier et auteur noir mais il s’est voulu d’abord poète : son premier et son dernier livre sont des livres de poésie, un peu comme si la poésie pouvait cerner toute sa vie.
On comprend très bien le pessimisme de l’auteur lorsque l’on sait qu’il a perdu son père quand il avait six ans, qu’il a été élevé par sa mère, femme très stricte. Cesare Pavese a toujours eu du mal à vivre et on retrouve cette tendance dans tous ses écrits.
Il aurait pu perdre son pessimisme s’il avait pu trouver l’amour de sa vie mais il a seulement cru le trouver en la personne d’une actrice américaine qu’il a rencontrée à Rome en 1950, Constance Dowling. Celle-ci l’abandonne et il se suicidera la même année, en 1950, après avoir écrit sa dernière œuvre, "La mort viendra et elle aura tes yeux", recueil poétique dont le titre est très explicite et Cesare Pavese ne fera pas que de dire qu’il veut mourir ; il mettra son projet à exécution.
Son premier livre publié "Travailler fatigue", est paru en 1936. C’est une sorte d’autobiographie stylisée où les silences eux-mêmes nous parlent. Pour l’auteur, il faut travailler pour vivre mais il n’est pas sûr de tenir à la vie. Il assimile le travail à une tâche ingrate qui fatigue.
Ses œuvres poétiques :
Avant la parution de ce livre, Cesare Pavese avait déjà écrit des poèmes à l’âge de 21 ans (1928-1929). Ce sont des poèmes du désamour. Il a choisi d’abord d’écrire en vers libres puis il façonne son propre vers, à sa manière (13 syllabes, 4 accents).
Il publie ensuite "Le métier de poète" en 1934 puis "Travailler fatigue" en 1936 puis un recueil qui s’échelonne sur dix ans (1930-1940), "Le métier de vivre".
Son dernier recueil "La mort viendra et elle aura tes yeux" sera publié à titre posthume, un an après sa mort, c’est-à-dire en 1951. Ce livre n’a été écrit que pour Constance Dowling.
Comme je l’ai déjà signalé, Cesare Pavese est surtout romancier. Il a en particulier écrit "Le bel été" (1940), "Le diable dans les collines" (1948), "Entre femmes seules" (1949). On retrouve aussi dans ses romans, l’importance des paysages, l’enfance révolue et le pessimisme latent.
Catherine RÉAULT-CROSNIER a obtenu pour cet article, le prix international de l’essai Cesare Pavese de l’Union Mondiale des Écrivains Médecins, en 1999.
.Voir l'article entier ICI
dimanche 30 avril 2017
Que faire...
Que faire...
Continuer le p'tit train-train habituel autour de la Poésie ?
Poster de belles photos, de belles musiques ?
Ne plus parler de ces élections ?
Avoir envie de vomir en faisant défiler à vive allure un fil d'actualité ?
Faire une longue pause ? Fermer définitivement ce compte ?
Tout cela me trotte dans la tête...
Et puis, je me dis que ce serait lâche, alors que la France est au bord du gouffre.
Alors que les abstentionnistes et les bulletins blancs persistent et signent.
Oui, je me moque des menaces, des insultes, des "amis" qui me virent.
Oui, je le redis : JE VOTERAI MACRON, sans plaisir mais sans la moindre hésitation !
Non, Le Pen et Macron ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet !
Ce qui se dessine à l'horizon, les nihilistes, les populistes, de tous poils, l'ignorent - font semblant de l'ignorer - lorsque ça les arrange.
Je le comprends chez les plus jeunes qui ne connaissent pas l'Histoire.
Je le comprends chez les plus démunis, abandonnés depuis des années, qui croient aux "bonnes paroles" de ceux qui ne sont intéressés que par le pouvoir.
Je le condamne chez tous ceux qui savent, qui manipulent, qui se moquent des défavorisés comme ils se moquent des réfugiés.
Ces mots écrits d'un seul jet (pas le temps de rédiger un bel article ! ) pour exprimer ma profonde tristesse, ma colère, mon cri de femme libre.
fruban, 29 avril 2017
Continuer le p'tit train-train habituel autour de la Poésie ?
Poster de belles photos, de belles musiques ?
Ne plus parler de ces élections ?
Avoir envie de vomir en faisant défiler à vive allure un fil d'actualité ?
Faire une longue pause ? Fermer définitivement ce compte ?
Tout cela me trotte dans la tête...
Et puis, je me dis que ce serait lâche, alors que la France est au bord du gouffre.
Alors que les abstentionnistes et les bulletins blancs persistent et signent.
Oui, je me moque des menaces, des insultes, des "amis" qui me virent.
Oui, je le redis : JE VOTERAI MACRON, sans plaisir mais sans la moindre hésitation !
Non, Le Pen et Macron ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet !
Ce qui se dessine à l'horizon, les nihilistes, les populistes, de tous poils, l'ignorent - font semblant de l'ignorer - lorsque ça les arrange.
Je le comprends chez les plus jeunes qui ne connaissent pas l'Histoire.
Je le comprends chez les plus démunis, abandonnés depuis des années, qui croient aux "bonnes paroles" de ceux qui ne sont intéressés que par le pouvoir.
Je le condamne chez tous ceux qui savent, qui manipulent, qui se moquent des défavorisés comme ils se moquent des réfugiés.
Ces mots écrits d'un seul jet (pas le temps de rédiger un bel article ! ) pour exprimer ma profonde tristesse, ma colère, mon cri de femme libre.
fruban, 29 avril 2017
mardi 25 avril 2017
La fascination de l'horreur, de Cristian Ronsmans
![]() |
| photo Cristian Ronsmans |
La fascination de l’horreur
Quand la désespérance gagne le cœur, quand celle-ci atteint les sommets d’une profondeur insondable, au-delà des limites du supportable, alors la fascination pour l’horreur, que la morale saine se refuse cependant, elle provoque une sensation de vertige auquel on ne peut échapper.
Quand le corps, l’âme et l’esprit ne peuvent plus résister à cette désespérance, telle un tourbillon qui entraîne le désespéré vers les fonds de l’abîme, un goût morbide envahit l’être avec son envie mortifère d’aller jusqu’au bout de l’horreur, comme un joueur de poker, désespéré de son jeu fait tapis, "pour voir".
La force morale n’existe plus. La tentation d’en finir devient la psychose d’une âme égarée qui veut partager son infortune, cette envie meurtrière d’entraîner le plus grand nombre de ses semblables
Le suicide collectif ou non est souvent à ce prix.
Cette fascination pour l’horreur, un peuple l’a connue, et s’y est plongée avec un délice extatique qui eut les conséquences que l’on sait pour le monde de cette époque jusqu’à nos jours, encore récents, où elle commence doucement à s’en remettre..
Il semble bien qu’aujourd'hui, un corps de 65 millions d’âmes soit tenté par le renouvellement de ce type de suicide collectif.
Si tel est le cas qui se profile, la chute vers les abîmes de l’enfer deviendra inévitable. Il faudra une force mentale et morale extraordinaire, une force inévitablement venue de l’extérieur pour sortir le désespéré, ou ce qu’il en restera, des entrailles du monstre.
Auriez-vous l’audace de penser que la compassion de l’autre monde qui vous regarde, affligé, sera de si tôt au rendez-vous ? N'y comptez pas trop.
Car l’envie de condamner le fou désespéré, de le séparer de la société saine afin d’éviter toute contagion, risque fort de l’emporter sur la compassion, qui , je le crains, ne viendra jamais.
Ne vous leurrez pas. Nos choix font et fondent notre réelle identité. On n’a, en conséquence, que le destin que l’on se forge. Cette loi est valable pour les faibles comme pour les forts.
Qu’on le veuille ou non, qu’on se dupe ou non, le passage par les ténèbres est une épreuve inévitable, incontournable dans toute vie humaine.
L’issue que nous trouvons pour sortir de cette épreuve est la résultante d’une grande volonté, indexée à une force morale forte, hors normes. C’est une condition indispensable pour se dépasser soi-même. Le pire est le refus de l'obstacle. Refuser de l’affronter se paie cher, car la lumière qui illumine le cœur prend alors augmente la distance qui nous en sépare jusqu’à disparaître à jamais.
Et plutôt que de se dépasser, c’est la régression comme une damnation éternelle qui prend le pouvoir sur nous !!
Nul ne pourra se défausser. On ne s’ampute pas de notre bras qui portait le couteau du crime pour s’en exonérer. Nous serons tous coupables, tous responsables sans la moindre exception et moi plus que tout autre.
© Cristian Ronsmans
le 25 avril 2017
Cristian Ronsmans est l'auteur d'Ostraka, publié aux Editions du Pont de l'Europe.
"Au fil des années, Cristian Ronsmans a rempli des carnets de notes et de pensées dont le livre Ostraka constitue un premier jaillissement. / La compassion est une faiblesse de caractère. La pitié en est l’étendard. Le fort s’en garde avec prudence. En contrepartie, il n’y a aucune contrepartie. Nada, que dalle, peau de balle et balai de crin ! En fait, l’absence de compassion, due au vide sentimental, qui en est la source, procure une joie qu’on a le plaisir de ne partager qu’avec soi. Malheur au faible qui ne mérite pas qu’on s’attarde une seconde sur sa misérable personne et ses appels incessants à l’altérité, altruisme, partage, machin, truc et autres billevesées humanistes du même cru. En revanche, il n’est pas interdit et même conseillé au fort, d’user de la feinte. Feindre le sentiment pour mieux duper le faible vous permet d’exploiter toutes les ressources de celui-ci, si tant est qu’il en a, et de vous en débarrasser ensuite sans autre forme de procès.
Ostraka (Extrait) - Cristian Ronsmans " (en quatrième de couverture)
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